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Neuf arrestations dans le démantèlement d'un campement de sans-abri à Toronto

Un journaliste aurait aussi été arrêté, selon l'Association canadienne des journalistes

Trois officiers de police tiennent les membres d'un homme pour l'appréhender.

Un manifestant appréhendé par les forces de police pendant le démantèlement du campement, mardi.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Au moins 9 personnes ont été arrêtées mardi matin lors d'une procédure d'expulsion de sans-abri qui campaient dans le parc Alexandra, près du centre-ville de Toronto. L'opération est menée par des agents du Service de police de Toronto (SPT) et par des employés municipaux.

Selon la Ville, le campement compte plus de 60 structures, que ce soit des tentes ou des abris de fortune. De 28 à 35 personnes y dormaient, précisent les autorités.

Quiconque refuse de quitter le parc peut être arrêté/accusé, indique le SPT sur Twitter.

Des agents municipaux avaient transmis des avis d'éviction le 12 juin.

La Ville dit offrir à ces sans-abri l'accès à un refuge et des repas, en plus de services d'aide en santé mentale et en toxicomanie. En après-midi, celle-ci a précisé qu'au moins 11 personnes qui vivaient dans le parc Alexandra ont accepté l'aide offerte. Quinze autres personnes ont refusé l'aide et ont quitté le parc de leur propre gré, peut-on lire dans le communiqué.

Des tentes sous un arbre.

Certaines des tentes installées dans le parc.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

L'accès au parc a été bloqué par une clôture et des agents de sécurité. Tous les occupants devront quitter le parc, ce qui permettra aux équipes de la Ville de retirer les débris et de rétablir l'état normal du site, expliquent les autorités dans un communiqué, sans préciser quand le parc rouvrira.

Brad Ross, porte-parole de la Ville de Toronto, affirme que les autorités ont dû annuler toutes les activités de camp de jour prévues au parc cet été en raison du campement. De même, le personnel du Centre communautaire Scadding Court, situé à l'extrémité nord du parc, a exprimé des inquiétudes quant à la sécurité des résidents qui utilisent l'installation, dit-il.

Forcer les gens à quitter les campements ne résoudra pas les problèmes systémiques de logement en Ontario, déclare le Parti vert de l'Ontario, qui met en avant le droit humain au logement.

Un journaliste arrêté

Un journaliste aurait été arrêté, selon l'Association canadienne des journalistes (ACJ). Dans un communiqué publié mardi, l'association affirme que le photojournaliste de La Presse canadienne Chris Young a été menotté, escorté hors du parc, puis relâché sans accusations.

Un journaliste avait aussi été arrêté lors de l'intervention au parc Trinity Bellwoods le 22 juin.

C'est la deuxième fois en moins de 30 jours qu'un journaliste de Toronto est menotté et détenu simplement pour avoir fait son travail , a déclaré le président de l'ACJ, Brent Jolly. Il s'agit d'une nouvelle tentative de la Ville de Toronto et de la police d'intimider les journalistes lorsqu'ils couvrent leurs activités et cela doit cesser immédiatement.

M. Young ajoute dans le même communiqué qu'il a été expulsé et libéré sans inculpation, et j'ai reçu un avis d'intrusion . Il affirme d'ailleurs qu'il n'a plus le droit de retourner dans ce parc pendant 90 jours, ce qui pourrait l'empêcher de couvrir les démantèlements de camps. C'est évidemment une atteinte à la liberté de la presse et aux droits de la presse, a-t-il déclaré.

Un précédent en juin

Nous avons vu exactement la même situation à Trinity Bellwoods le mois dernier. C'est inacceptable et inhumain. Et je crains que tant qu'il n'y aura pas un véritable engagement à mettre fin à l'itinérance en Ontario, nous assisterons à davantage d'expulsions forcées comme celle-ci, affirme le chef adjoint du parti, Abhijeet Manay, dans un communiqué.

Le mois dernier, la Ville avait démantelé un campement similaire de sans-abri au parc Trinity Bellwoods, ce qui avait mené à des échauffourées entre la police et des manifestants.

Une clôture utilisée pour bloquer l'accès à une partie du parc durant l'opération a été maintenue, en plus d'agents de sécurité, afin de s'assurer que le gazon y repousse bien, soutient la Ville.

Des policiers à cheval face à des manifestants.

L'équipe d'intervention en matière de sécurité du Service de police de Toronto était intervenue au parc Trinity Bellwoods.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC News

Dans une lettre ouverte publiée il y a une semaine, plus de 200 organismes, leaders communautaires et artistes demandaient au maire John Tory d'utiliser la compassion plutôt que la force face aux campements illégaux établis dans des parcs de la ville.

Les autorités municipales ont répliqué que les campements posent un risque de propagation de la COVID-19 et d'incendie, notamment.

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