•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le gouvernement du Yukon poursuivi après une agression sexuelle dans une école

Un enfant lève le doigt dans une salle de classe.

En 10 ans, 750 infractions sexuelles ont été commises par des employés ou d'anciens employés contre plus d’un millier d’enfants dans le milieu scolaire, selon le Centre canadien de protection de l'enfance.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Radio-Canada

Un jeune Yukonnais a été agressé sexuellement par un aide-enseignant en 2019. L’homme a depuis été condamné, mais la famille poursuit maintenant le gouvernement du Yukon, car elle le tient pour responsable de ses employés.

Pendant l’année scolaire 2019-2020, un aide-enseignant d’une école de Whitehorse a agressé sexuellement un élève dont il était responsable. Prétextant une inspection corporelle, l’homme a emmené l’enfant de 6 ans à plusieurs reprises dans une pièce à l’écart où il lui a fait subir des attouchements. L’homme a plaidé coupable et a été condamné à 6 mois de prison et à 2 ans de probation en janvier 2021.

D’après des documents de cour que s’est procurés CBC, l'agression a causé des blessures physiques, mentales, émotionnelles et spirituelles à l'enfant, notamment des troubles émotionnels et psychiatriques graves [et] l'incapacité ou la capacité réduite à nouer des relations émotionnelles saines et des attachements avec les autres.

Après la condamnation de l'aide-enseignant, la famille veut que le gouvernement du Yukon soit aussi tenu pour responsable. Selon les parents, en tant qu'employeur, le territoire était responsable des actes de l’homme. Ils affirment que, en tant qu'employeur, le gouvernement a manqué à son devoir de protection de l'élève en ne le contrôlant et ne le supervisant pas correctement.

Pas un cas isolé au Canada

Ce genre de nouvelle n'est malheureusement pas une surprise pour le Centre canadien de protection de l'enfance. L'organisme a répertorié les abus sexuels d’enfants dans les écoles canadiennes.

En 10 ans, on a dénombré 750 cas d’infractions sexuelles commises par des employés ou d'anciens employés contre plus d’un millier d’enfants dans le milieu scolaire.

Une citation de :René Morin, porte-parole francophone, Centre canadien de protection de l'enfance

Si les infractions sexuelles sont inscrites dans le Code criminel du Canada, les lois en matière de protection de l’enfance ne sont pas uniformes partout au pays et relèvent des différents gouvernements, et ne sont donc pas égales partout, rappelle le porte-parole. Par contre, il explique qu'il est certain que, quel que soit l’environnement, lorsque des adultes sont en contact avec des enfants, il existe la possibilité d’attirer des personnes qui auront des penchants sexuels envers les enfants. C’est un fait.

Des mesures sont mises en place pour lutter contre ce mal connu, comme la vérification des antécédents criminels, mais, selon le Centre canadien de protection de l'enfance, il faut aller plus loin.

C’est le minimum, mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas parce qu'on n’a pas d’antécédents d’abus pédosexuels qu'on ne présente pas de danger pour les enfants.

On sait que la majorité des agresseurs d’enfants n’ont pas de casier judiciaire.

Une citation de :René Morin, porte-parole francophone, Centre canadien de protection de l'enfance

Le Centre canadien de protection de l'enfance a créé des formations en ligne et mis des ressources comme le programme Priorité jeunesse à la disposition des écoles et de tout organisme de services à l’enfance, pour les sensibiliser à la menace et leur donner des moyens de se doter de politiques, de procédures afin de réduire le plus possible le potentiel d’abus sexuels contre les enfants .

Ce genre de formations devraient, selon René Morin, être obligatoires pour toutes personnes amenées à travailler ou à côtoyer des enfants, car en plus de la formation elle-même, elle envoie un message, celui que la question des abus pédosexuels est prise au sérieux par l’organisation . De quoi sensibiliser le personnel, informer les parents et mettre en garde, voire décourager, les prédateurs sexuels qui chercheraient à rejoindre ladite organisation.

De l’aide existe

Il faut que les enfants sachent que les secrets ne font pas partie de l’école rappelle Annette King, défenseuse des droits de l'enfance pour le Yukon. Pour elle, face à ces traumatismes, il faut voir aussi à adapter le soutien pour tous : Les besoins d’un enfant ne seront pas les mêmes que ceux d’un parent, les autres élèves auront peut-être besoin d’aide, d’un autre éducateur.

La plupart des enseignants sont sûrs et font ce qui est le mieux pour les enfants, mais quand l'école échoue, cela modifie la vision de tout le monde quant à la sécurité à l’école.

Une citation de :Annette King, défenseuse des droits de l'enfance pour le Yukon

Elle explique que des ressources existent ainsi que du mentorat pour aider les parents à être cette personne forte qui aidera l’enfant.

Il existe une équipe d’intervention en cas d’agression sexuelle au Yukon, qui est accessible au 844 967-7275, mais aussi Jeunesse J’écoute, au 800 668 6868 par téléphone ou texto, et enfin, le bureau de la défenseuse des droits de l'enfance reste un interlocuteur qui pourra aiguiller au mieux les personnes qui recherchent de l’aide.

Bannière promotionnelle avec le texte : Explorez les histoires du Grand Nord, ICI Grand Nord

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.