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La sécheresse pourrait forcer les éleveurs albertains à se séparer de leur bétail

Des bovins dans un champ dans le sud de l'Alberta.

Toutes les provinces de l'Ouest et l'Ontario seraient touchées par les conditions météorologiques.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Julien Latraverse

Les sécheresses et les feux de forêt pourraient forcer les éleveurs albertains à vendre en masse leur troupeau, en raison d'une pénurie de nourriture et d'eau.

La situation est extrêmement sérieuse, indique d’entrée de jeu la présidente de Producteurs de bœuf albertain, Melanie Wowk. Selon elle, la majeure partie de l’Alberta est touchée.

Toutes les provinces de l’Ouest sont touchées par ce problème, et tout le Canada en ressent les effets, ajoute le président de l'Association canadienne des éleveurs de bétail (Canadian Cattlemen Association), Bob Lowe.

C’est un problème vraiment, vraiment, important pour le Canada, mais pour toute l’Amérique du Nord, précise-t-il.

Le problème vient des conditions météorologiques inhabituelles de cet été, selon Melanie Wowk. Les températures élevées, les vents forts et la quasi-absence de pluie ont décimé des récoltes et des pâturages extrêmement rapidement, ajoute-t-elle.

Un champ touché par la sécheresse sous un ciel nuageux en Alberta.

Un champ touché par la sécheresse en Alberta en 2019.

Photo : Radio-Canada / Dave Gilson

Les feux de forêt peuvent également détruire les zones de pâturage.

Les éleveurs de bovins commencent maintenant à se demander comment ils vont faire pour nourrir leurs troupeaux non seulement pour l'hiver, mais pour le reste de l'été.

Une citation de :Melanie Wowk, présidente, Producteurs de boeufs albertains

Cette pénurie de nourriture destinée à l'élevage pourrait forcer des éleveurs à se séparer de leur cheptel, ou du moins, d'une partie, en Alberta. Où le bétail va-t-il aller et à quel prix? se demande Melanie Wowk.

Bob Lowe entrevoit le dénouement de cette situation d’un œil plus critique. Il est primordial de soutenir à tout prix les troupeaux de bétail canadien pendant cette période désastreuse afin d’éviter aux éleveurs d'être obligés à se résoudre à l'abattage de leurs bêtes, affirme-t-il.

On espère que le gouvernement va répondre à ces questions

L'Association canadienne des éleveurs de bétail a présenté plusieurs pistes de solution au gouvernement fédéral, mais aussi à ses membres.

Par exemple, elle veut implanter le plus rapidement possible le programme fédéral de report de l'impôt sur la vente de bétail dans les provinces des Prairies pour soutenir les éleveurs pendant la sécheresse. Elle souhaite aussi améliorer l’accès à l’eau pour lutter contre les conditions météorologiques.

La sécheresse est notre priorité, indique à cet effet Bob Lowe.

Ottawa aidera les agriculteurs touchés

Le gouvernement fédéral compte fournir son aide à travers le programme d'urgence en cas de catastrophe naturelle Agri-Relance, une initiative dont les frais sont répartis dans une proportion de 60 % pour Ottawa, et de 40 % pour ses homologues provinciaux.

À ce jour, nous avons reçu des lettres de demande [de participation à Agri-Relance] de l'Alberta, du Manitoba, de l'Ontario et de la Saskatchewan. L'analyse formelle des provinces et les suggestions de conception de programmes sont encore en cours d'élaboration dans toutes les provinces, affirme une porte-parole d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

Un champ de canola.

Le canola normalement destiné à la consommation humaine, mais abîmé par la sécheresse pourrait aider à nourrir le bétail. (archives)

Photo : Radio-Canada / Nafi Alibert

Des discussions sont également en cours afin de voir s’il est possible de récupérer les récoltes destinées à la consommation humaine et inutilisable à cause des conditions météorologiques pour le bétail.

Habituellement, nous ne nourrissons pas notre bétail avec du canola, mais on peut le faire [...] c’est ce que nous avons fait lors d’une importante sécheresse en 2002, explique Melanie Wowk.

Par contre, le prix élevé du grain peut nuire à la mise en place de cette solution. Une autre piste proposée par Melanie Wowk consiste à laisser les bêtes paître sur les terres de la Couronne.

Pour ce faire, il faut demander l'autorisation au gouvernement albertain d’utiliser les portions des terres abandonnées ou en dormance pour produire de la paille pour les bêtes ou leur servir de zones de pâturage.

Melanie Wowk sollicite également l’aide du gouvernement pour laisser les éleveurs sous-louer leur bail de pâturage sur de telles zones afin de permettre à un maximum de bétail de profiter de la nourriture.

Nous espérons que le gouvernement répondra à ces questions, conclut-elle.

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