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Présence de smog en Abitibi-Témiscamingue : les conséquences sur la santé

Les feux de forêt en cours dans le nord-ouest de l'Ontario provoquent le smog en Abitibi et Lebel-sur-Quévillon.

Les feux de forêt en cours dans le nord-ouest de l'Ontario provoquent le smog en Abitibi et Lebel-sur-Quévillon.

Photo : Radio-Canada / Boualem Hadjouti

Janis Rivard

Le smog présent en Abitibi-Témiscamingue peut avoir des conséquences importantes sur la santé des gens, qu’ils soient déjà à risque ou non.

Selon André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, les personnes ayant des problèmes respiratoires ou cardiaques sont plus à risque et doivent faire plus attention.

Alors ce qu’il faut, c’est éviter d’être à l’extérieur et de respirer ces particules-là. Il faut laisser le temps et le vent nettoyer l’atmosphère, si on veut. Ça va se faire quand même assez rapidement, mais, entre-temps, il faut éviter d’aller dehors, faire de l’exercice, où on deviendrait encore plus victime [des impacts du smog]. Si, par exemple, on fait beaucoup de vélo, et qu’on est essoufflé et qu’on respire deux fois plus vite à une cadence plus importante, on absorbe deux fois plus de polluants, explique-t-il.

Le smog est un brouillard condensé de polluants atmosphériques, soit de source industrielle ou de feux de forêt. L’air est rempli de particules assez fines, qui sont inspirées et s'incrustent dans les poumons.

Les jeunes sont également plus affectés par le smog, selon Mr Bélisle. Comme ils respirent plus rapidement, ils inhalent plus de polluants également.

Des effets sur l'eau

Lorsqu’il y a de nombreux feux de forêt, l’air n’est pas le seul élément à pouvoir être contaminé, selon Pierre Gosselin, médecin-conseil pour l’Institut de santé publique du Québec et professeur à l’Université Laval.

Après, il y a tout le ruissellement de ces feux-là qui va emmener, encore là, une pollution des cours d’eau. Alors, à terme, il faut faire attention à la qualité de l’eau, et ça inclut encore une fois les métaux lourds qui sont présents dans l’environnement et qui vont finalement se retrouver dans les cours d’eau , décrit M. Gosselin.

Un avion deverse de l'eau sur une forêt en feu.

Malgré les efforts des pompiers forestiers, plusieurs feux ne sont pas maîtrisés dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Photo : Twitter/Feux de forêt de l'Ontario

Le ministère de l’Environnement et les municipalités sont responsables de surveiller la qualité de leur eau.

Une exposition plus longue pourrait toutefois être très nocive pour la santé des gens. L’exposition chronique, donc un petit peu tous les jours et de temps en temps un pic comme on vit à l’heure actuelle sur une bonne partie du Québec, c’est sûr que c’est un problème énorme. Le risque numéro un au Canada qui vient de l’environnement, c’est la pollution de l’air de toutes sources , décrit le médecin-conseil pour l’Institut de santé publique du Québec.

Les voitures emettent de la pollution

Les problèmes chroniques sont surtout développés à cause de la pollution atmosphérique causée par l’industrie et les automobiles, croit François Reeves.

Photo : iStock / ssuaphoto

Selon le Dr François Reeves, cardiologue d’intervention au CHUM et professeur agrégé de médecine à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, les problèmes chroniques liés aux feux de forêts sont assez rares, puisque les épisodes sont assez brefs, même s’ils sont intenses. Les problèmes chroniques sont donc surtout développés à cause de la pollution atmosphérique causée par l’industrie et les automobiles, entre autres.

Les effets s’additionnent, parce qu’il y a déjà une pollution bon an, mal an [...] Au total, nos experts de Santé Canada estiment que chaque année au Canada, il y a 15 000 décès excédentaires, mais surtout il y a pour 120 milliards de dollars chaque année dépensés en soins de santé invalidité dû uniquement à la pollution atmosphérique , expose le Dr Reeves.

Les recommandations en Abitibi-Témiscamingue

La Santé publique régionale suit la concentration de polluants dans l’air, et n’a pas jugé que le taux était suffisamment élevé pour demander aux gens de rester à l’intérieur. Si ça avait été le cas, elle aurait publié un communiqué avec des recommandations.

Stéphane Bessette, chef d’équipe et conseiller en santé environnementale pour la direction de la Santé publique du Centre intégré de santé et services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue, affirme qu’il n’y a pas eu d’hospitalisations en région dans la dernière semaine qui auraient été causées par le smog.

J’ai vérifié l’indice de qualité de l’air aujourd’hui [lundi 19 juillet], on a vu dans les derniers jours que les concentrations de particules fines étaient à la hausse. Je dirais que, généralement, le smog est constitué d’ozone et de particules fines, mais les concentrations d’ozone étaient relativement faibles. Donc le smog des derniers jours était principalement dû aux particules fines qui sont actuellement en chute depuis ce matin sur les trois points où on a des données en Abitibi-Témiscamingue, c’est-à-dire Senneterre, Rouyn-Noranda et Témiscamingue , explique-t-il.

Il suggère aux personnes qui souhaitent être mieux informées de regarder l’indice de qualité de l’air du ministère de l’Environnement. S’il est considéré comme mauvais par Environnement Canada, on peut limiter soi-même les sorties extérieures et les activités physiques.

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