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La cheffe du Parti vert du Canada survit à la fronde

Annamie Paul, les mains jointes, sourit.

La menace qui planait contre Annamie Paul, qui fait face à une fronde depuis quelques semaines, est donc dissipée, du moins pour le moment.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Radio-Canada

Le Parti vert du Canada (PVC) a confirmé lundi que sa cheffe Annamie Paul, dont le leadership est contesté par certains membres de la formation, n'aurait pas à subir de vote de confiance le lendemain.

La menace qui planait contre la dirigeante de la formation, qui fait face à une fronde depuis quelques semaines, est donc dissipée, du moins pour le moment.

Le PVC a indiqué sur son site web que le conseil fédéral, l'organe décisionnel de la formation, n'examinerait pas les motions de confiance qui avaient été déposées contre elle, comme l'avaient révélé dimanche CBC et La Presse canadienne.

Aucune autre motion de [confiance] ne sera présentée au Conseil fédéral actuel à l’encontre de Mme Paul ni avant la prochaine assemblée générale du Parti vert, ajoute-t-il.

Il a également précisé dans un deuxième avis que le processus de révocation de sa carte de membre, qui était lui aussi envisagé, était également suspendu. Le conseil fédéral de la formation devait se prononcer sur ces questions mardi.

Dans une conférence de presse au cours de laquelle elle a lu les libellés des deux avis, Annamie Paul a dénoncé au passage les efforts pour obtenir son départ.

En poste depuis neuf mois, Mme Paul, qui est de religion juive, s'est retrouvée en eaux troubles à la suite de désaccords internes sur le conflit israélo-palestinien.

C'est difficile de lire [...] qu'il y a une lutte interne [au sein du parti] quand, en fait, il est question de campagne unilatérale pour limiter [mes pouvoirs] et amener cela jusqu'à la conclusion logique : mettre fin à mon leadership, a-t-elle affirmé dans la circonscription de Toronto-Centre, un château fort libéral où elle espère se faire élire après deux tentatives infructueuses.

Il s'agit d'un des moments les plus douloureux de ma vie. Cette expérience a été très douloureuse pour moi et ma famille, a-t-elle affirmé, disant avoir envisagé plusieurs fois de démissionner au cours des dernières semaines.

C'est extrêmement difficile de voir son intégrité remise en question quand vous y tenez tant.

Une citation de :Annamie Paul, cheffe du Parti vert du Canada

L'avocate de 48 ans, qui a déjà travaillé à la Cour pénale internationale, devait cependant aux militants qui l'ont portée à la tête de la formation, en octobre dernier, de rester en poste, a-t-elle dit. La diversité en politique est importante, a-t-elle martelé, citant une des priorités qu'elle s'est fixées.

Mme Paul, qui tente d'orienter son parti dans une nouvelle direction, est la première femme noire élue à la tête d'un parti fédéral.

Pour être adoptée, la motion de censure aurait dû recueillir 75 % des appuis des membres du conseil. Cela aurait ouvert la porte, un mois plus tard, à un deuxième vote de confiance, cette fois devant l'assemblée générale du parti.

Du conflit israélo-palestinien à la lutte intestine du Parti vert

À l'origine, la motion avait été proposée après le refus d'Annamie Paul de se plier à une directive du conseil fédéral, qui l'intimait de condamner ouvertement les propos d'un de ses proches conseillers politiques de l'époque.

En mai, Noah Zatzman avait accusé sur Facebook plusieurs politiciens, y compris des députés du Parti vert, de discrimination et d’antisémitisme, et avait même menacé de travailler pour [les] défaire.

Le député vert de Nanaimo-Ladysmith, Paul Manley, avait avant cela qualifié l’éviction de Palestiniens à Jérusalem-Est de nettoyage ethnique.

Sa collègue de Fredericton, Jenica Atwin, avait pour sa part condamné les frappes aériennes invraisemblables sur Gaza et réclamé la fin [de] l’apartheid!, jugeant complètement inadéquat l'appel au dialogue lancé par sa cheffe de l'époque aux deux parties.

Elle est depuis passée au Parti libéral, privant le caucus de sa troisième élue, mais elle a du même souffle modéré ses propos pour les aligner sur la position de sa nouvelle formation.

L'autre députée verte, l'ancienne leader Elizabeth May, avait estimé que sa successeure avait « fait une erreur ».

Devant la demande des instances de sa formation, Mme Paul avait récusé des accusations racistes et sexistes.

Le Parti vert se heurte à d'autres défis. En effet, des déséquilibres financiers l'ont amené à procéder à des licenciements temporaires, en dépit des objections de Mme Paul. La situation, conjuguée aux querelles internes, a entraîné la décision de membres dirigeants du Parti vert de suspendre le financement de la campagne de la cheffe en vue de l'élection qui sera fort probablement tenue plus tard cette année.

Lors de l'élection générale de 2019, Mme Paul avait terminé quatrième dans Toronto-Centre. Elle s'était cependant hissée au deuxième rang lors de l'élection partielle d'octobre dernier.

Selon un sondage de la firme Angus Reid publié vendredi dernier, seuls 3 % des Canadiens entendent voter pour les verts lors de la prochaine élection.

Des intentions de vote bien en deçà des 6,55 % des voix recueillies en 2019, en dépit du fait que le thème de l'environnement et des changements climatiques trône à égalité en tête des enjeux prioritaires aux yeux des électeurs.

Avec les informations de La Presse canadienne

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