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Des Premières Nations dénoncent la « propagande politique raciste » de la province

Cinq hommes réunis sur les marches du Palais législatif du Manitoba et le grand chef Dumas parle dans un micro.

De gauche à droite : Wapastim Harper, Ted Bland, le grand chef Jerry Daniel, le granf chef Garrison Settee et le grand chef Arlen Dumas.

Photo : Radio-Canada / Patrick Foucault

Radio-Canada

Des représentants de Premières Nations dénoncent des commentaires récents du premier ministre Brian Pallister et de son ministre Alan Lagimodiere, dont ils réclament la démission.

Les chefs du Sommet des nations souveraines du traité no 5, organisme qui représente les 40 Premières Nations visées par ce traité, se sont rendus sur les marches du Palais législatif du Manitoba lundi matin.

Le représentant de la Nation crie de Misipawistik, Jason Mercredi, y a annoncé un plan d’action visant à combattre le gouvernement progressiste-conservateur et sa tentative délibérée de déformer l’histoire des peuples autochtones en ce qui concerne la politique de génocide aux pensionnats.

Un communiqué de presse de l’organisme affirme que le gouvernement provincial a fait preuve d’indifférence envers les Premières Nations et a fait des déclarations provocantes et racistes à leur égard.

Des commentaires qui ne passent pas

De récents commentaires du premier ministre sont qualifiés de propagande politique raciste déformant et glorifiant le colonialisme.

Lors d’une manifestation le 1er juillet, après la découverte de tombes anonymes sur les terrains de pensionnats pour Autochtones, des statues de la reine Victoria et de la reine Élisabeth II ont été déboulonnées devant le Palais législatif.

Brian Pallister a dénoncé le déboulonnage des statues et a avancé que la colonisation au Canada était bien intentionnée.

Les gens qui sont venus dans ce pays avant qu'il ne soit un pays, et depuis, ne sont pas venus ici pour détruire, a déclaré le premier ministre. Ils sont venus ici pour construire des choses.

Deux jours plus tard, la ministre manitobaine des Relations avec les Autochtones et le Nord, Eileen Clarke, a remis sa démission. Elle a confirmé que les commentaires de Brian Pallister avaient été un facteur dans sa décision et que, comme d’autres ministres, elle était ignorée au sein du Cabinet.

Alan Lagimodiere, qui lui a succédé, a provoqué un tollé dans les 10 premières minutes après son assermentation, le 15 juillet, en déclarant que ceux qui géraient les pensionnats pour Autochtones pensaient qu’ils faisaient une chose juste.

Selon mes connaissances, le système des pensionnats était conçu pour prendre des enfants autochtones et leur donner les talents et les habiletés dont ils auraient besoin pour avoir une place dans la société alors qu’elle évoluait, a dit le ministre.

Alan Lagimodiere s’est excusé, mais l’incident continue d’avoir des retombées.

Deux représentants autochtones, Jamie Wilson et Darrell Brown, ont démissionné des postes qu'ils occupaient dans des conseils de développement économique du gouvernement du Manitoba en réaction aux commentaires controversés du premier ministre et d'Alan Lagimodiere.

Au moment où nos gens récupèrent les corps d’enfants et où nos survivants sont enfin reconnus par le grand public, les commentaires du gouvernement progressiste-conservateur ont causé du recul en utilisant des mots si irresponsables et si explosifs, affirme le chef de la Nation crie de Chemawawin, Clarence Eastern.

Nous nous attaquons à ce problème.

Un plan d’action qui réclame une démission

Le plan d’action du Sommet des nations souveraines du traité no 5 propose la collaboration des Premières Nations et d’organismes pour lutter contre les crimes haineux et le racisme.

Les gestes et les mesures réclamées :

  • Faire le point sur la question des crimes haineux et du racisme à chaque rassemblement annuel des Premières Nations du traité no 5.
  • Faire la promotion de la non-violence et éviter la destruction de la propriété.
  • Élaborer un rapport sur les crimes haineux et le racisme et le fournir à l’ONU.
  • Lancer une campagne de sensibilisation sur la fréquence et l’effet des crimes haineux et du racisme.
  • Faire du lobbying auprès du gouvernement fédéral pour favoriser la criminalisation des crimes haineux et du racisme.
  • Condamner et exposer publiquement les crimes haineux et le racisme par le biais des réseaux sociaux des Premières Nations.
  • Créer un groupe de travail composé de chercheurs, d’aînés et de jeunes pour mettre ces mesures en vigueur.

L’une des premières actions des Premières Nations découlant de ce plan est de réclamer la démission d’Alan Lagimodiere.

Alan Lagimodiere a prouvé qu’il est une honte pour la réconciliation et les relations avec les Autochtones, affirme le chef de la Première Nation de Black River, Sheldon Kent.

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