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Deux représentants autochtones du gouvernement du Manitoba démissionnent

Darrell Brown assis sur une chaise.

Darrell Brown siégeait au sein du conseil d'administration de la Rural Manitoba Economic Development Corporation.

Photo : Radio-Canada / Lyzaville Sale

La Presse canadienne

Deux hommes autochtones ont démissionné de leur poste dans des conseils de développement économique du gouvernement du Manitoba, en réaction à des commentaires controversés du premier ministre, Brian Pallister, et d'un ministre de son Cabinet.

Les démissions de Jamie Wilson et de Darrell Brown s'inscrivent dans une semaine houleuse pour M. Pallister après ses commentaires sur l'histoire du Canada, qui ont suscité de vives réactions.

En tant qu'ancien commissaire aux traités et membre de la Nation des Cris d'Opaskwayak, je ne peux pas appuyer la réécriture de l'histoire canadienne par le gouvernement, a publié M. Wilson par texto, dimanche.

Il était clair pour moi que je devais couper tous mes liens avec le Parti progressiste-conservateur, a pour sa part expliqué Darrell Brown en entrevue.

Jusqu'à la semaine dernière, M. Brown siégeait au sein du conseil d'administration de la Rural Manitoba Economic Development Corporation, qui offre du soutien aux entreprises et aux communautés dans le sud du Manitoba.

Il était président du conseil d'administration d'une agence similaire dans le nord, le Communities Economic Development Fund.

M. Wilson a précédemment occupé deux postes de sous-ministre dans le gouvernement progressiste-conservateur et était commissaire aux traités pour le Manitoba.

Un porte-parole du bureau du premier ministre n'a pas répondu immédiatement aux demandes d'entrevue dimanche.

Une semaine sous le feu des critiques

Ces démissions surviennent environ une semaine après les critiques de M. Pallister à l'endroit de manifestants qui avaient renversé des statues de la reine Élisabeth et de la reine Victoria sur des terrains de bureaux législatifs.

Le premier ministre du Manitoba avait affirmé que les personnes qui étaient venues au Canada avant et après qu'il devienne un pays n'avaient pas l'intention de détruire des choses, mais plutôt de bâtir des communautés, des églises et des entreprises.

Ses commentaires avaient été décrits par des leaders autochtones comme une minimisation des effets destructeurs du colonialisme. M. Pallister s'était défendu en expliquant qu'il n'avait jamais mentionné le colonialisme et qu'il voulait plutôt dire que les personnes autochtones et non autochtones avaient souvent travaillé ensemble pour bâtir le Canada.

Deux jours plus tard, la ministre des Relations avec les Autochtones et le Nord, Eileen Clarke, a remis sa démission. Elle a affirmé que de nombreux Manitobains étaient déçus de leurs représentants et que des ministres n'avaient pas été entendus.

M Pallister a remplacé Mme Clarke, jeudi dernier, par Alan Lagimodiere. Quelques heures après avoir été nommé, il a jeté de l'huile sur le feu en défendant certaines des intentions à l'origine de la création des pensionnats pour Autochtones. Selon ses dires, ces derniers avaient pour mission d'enseigner des compétences aux enfants autochtones.

Il a retiré ses propos le jour même et a publié des excuses le lendemain et demandé pardon au public.

La goutte qui a fait déborder le vase

Les remarques de M. Lagimodiere étaient la goutte qui a fait déborder le vase pour M. Brown, qui demande du changement au sommet du Parti progressiste-conservateur.

Il a besoin de nouveau leadership et d'une meilleure compréhension des questions touchant les Autochtones, a-t-il expliqué.

Les membres du caucus du parti progressiste-conservateur ne l'ont pas encore critiqué, mais trois députés progressistes-conservateurs ont publié des communiqués sur les réseaux sociaux la semaine dernière pour réaffirmer leur position contre les pensionnats autochtones.

Les prochaines élections provinciales au Manitoba sont prévues pour octobre 2023, mais M. Pallister a laissé entendre qu'il allait peut-être quitter son poste d'ici là.

Durant une entrevue de fin d'année avec La Presse canadienne, en décembre dernier, il avait été interrogé plusieurs fois sur son intention de terminer son mandat. Chaque fois, il avait répondu qu'il allait rester jusqu'à la fin de la pandémie de COVID-19.

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