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Afrique du Sud : reprise du procès Zuma, pas un manifestant en vue

Jacob Zuma marche escorté par deux hommes.

L'ancien président sud-africain Jacob Zuma.

Photo : Getty Images / MIKE HUTCHINGS

Agence France-Presse

Le procès de l'ancien président sud-africain Jacob Zuma, dans une affaire de pots-de-vin vieille de plus de 20 ans, a repris lundi lors d'une audience virtuelle, après plus d'une semaine d'émeutes qui ont ébranlé le pays.

Le détonateur de ces violences, qui ont commencé le 9 juillet, avait été l'incarcération de M. Zuma, 79 ans, dans une affaire distincte où il a été condamné pour outrage à la justice. Pillages et incendies, concentrés d'abord en pays zoulou dans l’est, s'étaient étendus à Johannesburg, la plus grande ville et le poumon économique du pays.

Lundi matin, soldats et policiers étaient positionnés en nombre dans Pietermaritzburg, la capitale de la province du Kwazulu-Natal (est), où est situé le tribunal, un hélicoptère survolant aussi la zone, selon l'AFP sur place. Pourtant, l'audience se tenait uniquement en ligne.

M. Zuma, costume sombre et cravate rouge, est apparu à l'écran depuis sa prison d'Estcourt, à moins d'une centaine de kilomètres. Le procès, comme souvent en Afrique du Sud, était télévisé.

Les partisans de M. Zuma, dans cette région dont il est originaire, se rassemblent généralement à chacun de ses déplacements pour soutenir leur champion. Ils sont accusés d'avoir fomenté le chaos des derniers jours, que le président Cyril Ramaphosa a qualifié de tentative orchestrée de déstabiliser le pays.

Cyril Ramaphosa parle dans un micro.

Le président de l'Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa.

Photo : Getty Images / RODGER BOSCH

Le procès reprend virtuellement pour éviter davantage de perturbations, avait expliqué à l'AFP le parquet général, alors que d'autres affaires sont entendues en ligne ces dernières semaines en raison de la pandémie.

L'avocat de M. Zuma, Dali Mpofu, a contesté la virtualité de l'audience, arguant que cela violait les droits constitutionnels de son client. Notamment parce que cela l'empêche de consulter son équipe de défense pendant l'audience.

Il a expliqué que les troubles de ces derniers jours étaient imprévus et a demandé au juge Piet Koen un report du procès de deux ou trois semaines.

Seize chefs d'accusation

M. Zuma doit répondre de seize chefs d'accusation de fraude, corruption et racket liés à l'achat, en 1999, de matériel militaire auprès de cinq sociétés d'armement européennes, alors qu'il était vice-président.

Il est accusé d'avoir empoché plus de 4 millions de rands (soit environ 350 000 $ CA au taux actuel), notamment du groupe français Thales qui était l'une des entreprises attributaires du juteux contrat d'une valeur globale d'environ 2,8 milliards d'euros (4,1 milliards de dollars canadiens).

Le géant français de la défense est également poursuivi pour corruption et blanchiment. M. Zuma, comme Thales, a toujours nié ces accusations.

La fondation de M. Zuma avait déjà réclamé samedi une audience physique ou un report du procès quand les conditions dans le pays seront plus sereines.

Des soldats montent la garde à Alexandra.

Des soldats montent la garde alors que les résidents du township d'Alexandra commencent à nettoyer après plusieurs jours de pillage, en banlieue de Johannesburg.

Photo : Getty Images / James Oatway

M. Zuma, en dépit de nombreux scandales de corruption qui ont entaché sa présidence, conserve une réelle influence, y compris au sein de l'ANC, le parti historique au pouvoir.

Ce procès a déjà été plusieurs fois reporté, l'ex-président multipliant les recours. Lors de la précédente audience en mai, M. Zuma avait plaidé non coupable, avant que les débats ne soient rapidement ajournés.

Ses avocats réclament aussi la récusation de l'avocat du ministère public, Billy Downer, l'accusant de partialité et d'avoir divulgué des éléments du dossier à la presse. De son côté, Me Downer accuse les avocats de Zuma de tenter, encore une fois, de retarder la procédure.

L'accusation prévoit citer plus de 200 témoins lors du procès.

M. Zuma avait été contraint en 2018 à la démission après la révélation d'une série accablante de scandales. Deux ans plus tôt, un rapport au fort retentissement détaillait notamment comment une fratrie d'hommes d'affaires d'origine indienne, les Gupta, avait pillé les ressources publiques sous sa présidence (2009-2018).

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