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Achat d'un abattoir à Chesterville pour aider les éleveurs de la région d'Ottawa

Un boucher vêtu de blanc, passe un bloc viande dans une scie pour en faire des tranches épaisses.

Un boucher à l'abattoir de Chesterville, au sud-est d'Ottawa.

Photo : Gracieuseté : Ottawa Valley Meats/Devyn Scott

Radio-Canada

Une entreprise de distribution alimentaire d'Ottawa a utilisé l'argent provenant d'une forte augmentation des ventes pendant la pandémie pour acheter un abattoir local. Selon Ottawa Valley Meats, cette acquisition pourra aider à augmenter la quantité de viande transformée dans la région de la capitale nationale.

L'entreprise – spécialisée dans l'achat et la distribution de viandes, de poisson et de produits laitiers – a acquis en mai dernier l'abattoir Tom Henderson's à Chesterville, au sud-est d'Ottawa, dans le cadre d'un partenariat avec les propriétaires de Hog's Haven et de Gillette Farms.

Cette transaction leur permettra de tester une solution de rechange qui mise sur un lien direct de la ferme au client, dans la foulée de l'augmentation de ce type de demande pendant la pandémie.

Le soutien local semble avoir explosé dans les derniers mois, soutient le propriétaire d'Ottawa Valley Meats, Darius Campeau. Tout d'un coup, notre message résonne vraiment pour beaucoup de gens.

L'abattoir existe depuis 40 ans dans la région. Sans lui, il n'y aurait pratiquement aucun endroit où transformer le porc et très peu d'endroits pour transformer le bœuf.

Une citation de :Darius Campeau, propriétaire d'Ottawa Valley Meats

L'abattoir de Chesterville devait fermer ou être vendu à un investisseur extérieur lorsque le propriétaire de longue date, Tom Henderson, a pris sa retraite. Darius Campeau a plutôt sauté sur l'occasion.

Trois hommes discutent devant un édifice et des véhicules.

Tom Henderson, à gauche, cède son abattoir à de nouveaux propriétaires, dont Darius Campeau, au centre, propriétaire d'Ottawa Valley Meats.

Photo : Gracieuseté : Ottawa Valley Meats/Devyn Scott

De petits abattoirs en perte de vitesse

Les abattoirs détenant un permis fédéral peuvent vendre de la viande transformée à l'extérieur du Canada et effectuer des transactions entre les provinces. De leur côté, les abattoirs titulaires d'un permis provincial peuvent vendre uniquement à l'intérieur de la province, ce qui constitue une embûche.

En Ontario, les abattoirs autorisés par la province sont également de plus petite dimension et de moins en moins nombreux. Ils sont ainsi passés de 235 en 2000 à 120 aujourd'hui, selon le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario.

Des agriculteurs de l'Est de l'Ontario disent devoir s'assurer d'une place dans un abattoir jusqu'à un an d'avance. Certains soulignent le manque de capacité des abattoirs comme un obstacle majeur à la mise en marché de leur bétail.

Darius Campeau a ressenti ces pressions alors que la demande de livraison de produits alimentaires de toutes sortes, y compris de la viande locale, a fortement augmenté pendant la pandémie.

L'achat de l'abattoir à Chesterville pourrait changer la donne. Tout d'un coup, acheter auprès des agriculteurs locaux est devenu simple, estime M. Campeau. Nous avions besoin d'augmenter la production. Donc dès que nous avons repris [l'abattoir], nous y avons doublé le personnel et nous avons l'intention de le doubler à nouveau.

Les économies d'échelle, un enjeu

Les réglementations assurant la salubrité des grands abattoirs peuvent compliquer la démarche pour les petits abattoirs qui veulent répondre à la demande locale, selon la professeure à l'Université d'Ottawa Sarah Berger Richardson, qui s'intéresse au droit alimentaire.

Elle estime qu'un bon nombre de réglementations actuelles en matière de sécurité alimentaire ont été instaurées en réponse aux crises alimentaires du début des années 2000.

Le problème c’est l'économie, les économies d'échelle, le pouvoir d'achat des supermarchés et des chaînes d'épicerie, souligne-t-elle.

Afin d'avoir les installations qui peuvent répondre à toutes nos exigences en matière de sécurité alimentaire – lesquelles existent pour une bonne raison – ils doivent fonctionner à des niveaux d'échelle particuliers, précise la professeure Berger Richardson.

Des boeufs d'élevage dans un champ.

Des agriculteurs soutiennent que le manque de capacité des abattoirs est un obstacle majeur à l'acheminement de leur bétail sur le marché (archives).

Photo : Radio-Canada

Le directeur général de Meat and Poultry Ontario, Franco Naccarato, soutient de son côté que l'industrie aura besoin de s'inspirer de la vision de l'industrie technologique. L'investissement privé pourrait aussi être la solution à long terme afin de sauver les abattoirs.

Nous devons trouver des moyens nouveaux et innovants d'attirer des investissements dans le secteur, avance-t-il. Les subventions gouvernementales sont toujours en haut de la liste pour l'industrie, mais nous devons chercher d'autres moyens d'attirer les dollars dans notre secteur.

D'après les informations de Ben Andrews

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