•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Difficile pour la communauté d’Akwesasne d’obtenir des données sur la vaccination

Une infirmière injecte un vaccin contre la COVID-19 dans le bras d'un homme.

Une infirmière injecte un vaccin contre la COVID-19 dans le bras d'un homme (archives).

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Radio-Canada

Les données quant au nombre d’habitants de la nation mohawk d’Akwesasne entièrement vaccinés contre la COVID-19 varient. Selon son chef, ces chiffres sont faussés en raison de la vaccination transfrontalière.

La communauté d’Akwesasne s’étend sur plus de 10 000 hectares de terres à travers le Québec, l’Ontario et l’État de New York, aux États-Unis. Ses résidents ont la nationalité canadienne et américaine. En vertu des droits issus de traités, ils peuvent voyager entre les deux pays, même pendant la pandémie.

Cette réalité signifie aussi qu’ils doivent jongler avec trois autorités sanitaires. Alors que le gouvernement mohawk local tente de récolter des données sur le dépistage et la vaccination contre la COVID-19, cette situation est parfois source de frustration.

C’est un véritable bourbier dans cette situation, lance le grand chef du Conseil mohawk d’Akwesasne du côté canadien, Abram Benedict.

Abram Benedict.

Le grand chef du Conseil mohawk d’Akwesasne du côté canadien, Abram Benedict, croit que la situation géographiquement unique de la communauté a mené à des problèmes de communication.

Photo : Radio-Canada / Ahmar Khan

Traverser la frontière pour se faire vacciner

Du côté canadien de la nation mohawk, les données démontrent qu’au début du mois de juillet, un peu moins de 10 % de la population était entièrement vaccinée, soit seulement 1173 personnes sur 12 000.

Au sud, dans l’État de New York, territoire connu sous le nom de Saint-Régis, les données démontrent près du tiers de la population ayant reçu deux doses de vaccin. Cela représente 3508 des 11 000 habitants de ce côté de la frontière.

M. Benedict croit que les données pour sa communauté sont incomplètes. Il est convaincu que des résidents se sont rendus dans des pharmacies et des cliniques américaines pour se faire vacciner.

S’ils le font, les citoyens sont invités à informer leur autorité locale, mais le grand chef rapporte que peu de gens le font.

Nous n’avons pas tous ces chiffres à un endroit, explique M. Benedict. Il estime que près de la moitié de la population de sa communauté est pleinement vaccinée. Je ne peux pas [le] justifier [avec] des données.

Le manque de communication entre les autorités de santé en Ontario, au Québec et dans l’État de New York est un cauchemar, ajoute également le grand chef.

Le Bureau de santé de l’Est de l’Ontario (BSEO) n’a pas voulu commenter.

La santé publique du côté québécois a pour sa part précisé que les habitants de la communauté doivent informer le Conseil mohawk quand ils sont vaccinés pour s’assurer d’obtenir une preuve vaccinale.

Un porte-parole pour le gouvernement de l’État de New York a indiqué ne pas avoir d’autorité juridique sur les Premières Nations.

De l’hésitation face à la vaccination

La Dre Ojistoh Horn, la seule médecin de famille du côté canadien pendant la majeure partie de la pandémie, n’est pas en accord avec le grand chef Abram Benedict.

Selon elle, il est peu probable que 5000 personnes aient traversé le fleuve Saint-Laurent pour se faire vacciner.

La Dre Horn soutient que plusieurs résidents n’ont pas confiance dans le gouvernement fédéral, et sont ainsi hésitants face au vaccin.

Une femme se tient debout avec un stéthoscope autour du cou.

La Dre Ojistoh Horn est médecin généraliste à Akwesasne, près de Cornwall, en Ontario (archives).

Photo : Ojistoh Horn

Nous avons une profonde méfiance, dit-elle, mentionnant du même coup les impacts des pensionnats.

La médecin de famille admet qu’elle ne planifiait pas se faire vacciner contre la COVID-19 avant de savoir qu’il était sécuritaire. Elle a attendu de se sentir suffisamment informée pour répondre aux inquiétudes des patients.

Aujourd’hui, elle est entièrement vaccinée, mais convaincre sa mère de 82 ans a été un processus assez long.

Le grand chef, M. Benedict, conclut que sa communauté devra continuer de déployer des cliniques de vaccination mobile. En tant que médecin de famille, la Dre Horn a assuré qu’elle et d’autres travailleurs de première ligne devront s’impliquer afin d’atténuer les préoccupations de la population.

Avec les informations d’Ahmar Khan de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !