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Une année de visages couverts, pour le meilleur et pour le pire

Des gens portant le masque marchent sous le soleil au Marché public de Rimouski.

Malgré les réticences, plusieurs intervenants de l'Est considèrent que cette année masquée s'est bien déroulée (archives).

Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross

Alice Proulx

Il y a un an jour pour jour, le port du couvre-visage ou du masque devenait obligatoire dans les espaces publics fermés partout au Québec. Les commerces du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la Côte-Nord ne faisaient pas exception à la règle; ils n'ont eu d'autres choix que de s'adapter à cette nouvelle mesure, malgré tout.

Lorsque le gouvernement du Québec a rendu le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés en juillet 2020, les réactions étaient mitigées de la part des citoyens et des Chambres de commerce de l'Est-du-Québec.

Quelques commerçants, comme Christina Lee, s'inquiétaient de la baisse d'achalandage que pouvait occasionner cette mesure.

J’avais peur de voir l’achalandage du magasin diminuer en me disant que les gens ne voudraient pas venir magasiner avec le masque, mais j’ai eu tort. Les gens demeurent au magasin et on a eu un bon achalandage, une belle énergie locale, explique la copropriétaire du magasin Sports Experts d'Amqui.

Elle est plutôt d'avis que tout est une question d'adaptation.

Au départ, c’était une adaptation pour tout le monde, mais depuis, tout se passe relativement bien.

Une citation de :Christian Lee, copropriétaire, Sports Experts d'Amqui.

Pour nous, le plus important, c’est de rester ouvert; donc, notre façon de voir les choses depuis le début, c’est que s’il faut avoir un masque, se désinfecter les mains et garder le deux mètres, on l’adopte et on reste positif. À travers ça, on essaie d'accueillir nos clients avec le sourire dans les yeux, affirme-t-elle.

Le président de la Chambre de commerce de Manicouagan percevait, dès lors, cette nouvelle mesure comme un « frein immédiat à la reprise économique ».

Au début, c’était un irritant important, surtout dans la façon dont c’était géré, qui diminuait les possibilités de développement.

Une citation de :Antonio Hortas, président de la Chambre de commerce de Manicouagan
Antonio Hortas accorde une entrevue à l'extérieur.

Le président de la Chambre de commerce de Manicouagan, Antonio Hortas (archives).

Photo : Radio-Canada

Il soutient toutefois que le port du masque n'a pas eu les impacts négatifs attendus.

Les gens ont des masques, ils sont habitués et ont intégré ça dans leur quotidien et dans leur routine. Donc, dans l’esprit des gens, le masque n’est pas un frein à sortir et à aller au magasin. Ce n'est pas l'irritant le plus majeur. Les commerçants ont quand même bien intégré la notion du port du masque et les employés sont sensibilisés, analyse M. Hortas.

Peu d'interventions reliées au port au masque

J’ai peut-être eu deux clients qui sont entrés sans masque, mais sinon je n’ai pas eu d'autres cas. Les gens se conforment assez bien. On vit plus de difficultés avec la désinfection des mains que le port du masque, ajoute Christina Lee.

Après un an, je peux dire que la pandémie n’a pas été très négative envers les commerces de région.

Une citation de :Christina Lee, copropriétaire, Sports Experts d'Amqui

La copropriétaire du magasin Sports Experts indique que, même si la mise en place des mesures sanitaires a représenté un défi, elle a aussi permis de renforcer les liens avec l'équipe et la clientèle.

J’ai l’impression que ça prenait peut-être la pandémie pour montrer aux gens que des commerces, c’est important encore et que le commerce en ligne, ce n’est pas tout. Ça nous a finalement donné un deuxième souffle et ça nous a aidés, avance-t-elle.

M. Hortas est également d'avis que les commerçants ont eu à faire très peu d'interventions quant au respect de la mesure imposée depuis un an. Ce qui a été plus complexe à gérer, selon lui, demeure la limite de clients dans les magasins, le contrôle des entrées et sorties et la distanciation sociale.

Christina Lee, au centre, est la copropriétaire du Sports Experts d'Amqui.

Christina Lee, au centre, est la copropriétaire du Sports Experts d'Amqui.

Photo : Gracieuseté : photo@incontournable.com

Sur le plan économique, les commerces ont aussi eu à prévoir une somme d'argent pour pallier les frais occasionnés par les différentes mesures sanitaires en vigueur, dont le port du masque.

On parle de milliers de dollars. Pour les petits commerces, c’est entre 2000 et 5000 dollars de dépenses. Plus l’entreprise est grande, plus le budget relié à ça est important, estime le président de la Chambre de commerce.

Des désagréments psychologiques mineurs

Selon le médecin psychiatre au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, Jean-François De La Sablonnière, les conséquences psychologiques du port du masque sont relativement mineures.

On s’habitue. On se rencontre qu’on peut communiquer davantage d’émotions avec nos yeux et que les méfaits qui pouvaient être associés à l’idée de voiler une partie du visage au niveau de la communication sont probablement moins pires que ça. Ce sont des désagréments mineurs comparativement à l’énorme avantage que représente le port du masque et la restriction de se mettre la main au visage, assure-t-il.

Dr Jean-François de la Sablonnière (à gauche) et Dr Emmanuel Tremblay (à droite).

Les médecins psychiatres, Dr Jean-François De La Sablonnière (à gauche) et Dr Emmanuel Tremblay (à droite).

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

C’est la mesure qui a été la plus utile et protectrice parmi toutes.

Une citation de :Jean-François De La Sablonnière, médecin psychiatre au CISSS du Bas-Saint-Laurent

Il ajoute que la population doit continuer de le porter afin de limiter la transmission du virus et aller se faire vacciner.

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