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Afrique du Sud : Zuma au tribunal lundi pour corruption, après les émeutes

Jacob Zuma sur le banc des accusés.

L'ex-président sud-africain, Jacob Zuma, avait été contraint à la démission en 2018 après la révélation d'une série de scandales (archives).

Photo : Getty Images / AFP/Phill Magakoe

Agence France-Presse

Le procès pour corruption de l'ex-président sud-africain Jacob Zuma, 79 ans, dont l'incarcération a déclenché des violences qui ont secoué le pays cette semaine tuant plus de 200 personnes, doit reprendre lundi.

Englué dans de multiples scandales et accusations de corruption, l'ancien chef d'État est jugé dans une affaire de pots-de-vin vieille de plus de 20 ans.

Les violences ont éclaté le 9 juillet dans son bastion du Kwazulu-Natal, au lendemain de son incarcération pour outrage, avant de s'étendre à Johannesburg. Il avait été condamné fin juin pour avoir à de multiples reprises refusé de témoigner devant une commission qui enquête sur la corruption d'État sous sa présidence (2009-2018).

L'ancien président doit répondre lundi devant le tribunal de Pietermaritzburg de seize chefs d'accusation de fraude, corruption et racket liés à l'achat, en 1999, de matériel militaire auprès de cinq sociétés d'armement européennes, alors qu'il était vice-président.

Cyril Ramaphosa parle devant le parlement sud-africain après son élection comme président intérimaire du pays en février 2018.

Le président de l''Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa.

Photo : Radio-Canada

Il est accusé d'avoir empoché plus de quatre millions de rands (soit environ 350 000 dollars canadiens au taux actuel), notamment du groupe français Thales, qui était l'une des entreprises attributaires du juteux contrat d'une valeur globale de plus de 4 milliards de dollars.

Le géant français de la défense est également poursuivi pour corruption et blanchiment. M. Zuma, comme Thales, ont toujours nié ces accusations.

Une audience virtuelle

L'audience sera virtuelle, en raison de l'instabilité dans la province, a annoncé le juge Piet Koen. M. Zuma ne sera donc pas sorti de prison pour y assister. Ses partisans pourraient cependant manifester en nombre devant le tribunal, comme ils le font régulièrement pour soutenir leur champion.

La fondation de M. Zuma a affirmé s'opposer à cette virtualité, réclamant soit une audience physique, soit un report de la reprise du procès.

Si on peut se mettre d'accord sur une audience en présentiel, nos avocats sont prêts, a affirmé dimanche à l'AFP le porte-parole de M. Zuma, Mzwanele Manyi. Sinon, il faut reporter l'audience, même d'une semaine, quand les conditions dans le pays seront plus sereines.

M. Zuma, en dépit de nombreux scandales de corruption qui ont entaché sa présidence, conserve une grande influence, notamment dans ce pays zoulou dont il est originaire, mais aussi au sein de l'ANC, le parti historique au pouvoir.

Les juges ne céderont pas aux pressions politiques, présage l'analyste Ralph Mathekga, la machine judiciaire va devoir affronter la tempête, dit-il à l'AFP.

Les gens vont observer le comportement des juges, avertit Sipho Seepe, de l'Université du Kwazulu-Natal, et s'ils ont le sentiment que justice n'est pas rendue, ils protesteront.

Ce procès a déjà été reporté plusieurs fois, l'ex-président multipliant les recours. Lors de la précédente audience en mai, M. Zuma avait annoncé plaider non coupable, avant que les débats ne soient rapidement ajournés.

Ses avocats ont réclamé la récusation de l'avocat du ministère public, Me Billy Downer, l'accusant de partialité. Devant une foule de partisans aux abords du tribunal, l'ancien président s'était défendu de chercher à retarder la suite du procès.

Nous allons plaider vigoureusement pour que cette demande soit rejetée, a déclaré à l'AFP le parquet.

M. Zuma avait été contraint en 2018 à la démission après la révélation d'une série de scandales. Son successeur l’actuel président Cyril Ramaphosa a promis d'éradiquer la corruption, mais doit lui aussi être entendu par une commission anticorruption.

L'accusation prévoit de citer plus de 200 témoins lors du procès.

Des soldats montent la garde à Alexandra.

Des soldats montent la garde alors que les résidents du township d'Alexandra commencent à nettoyer après plusieurs jours de pillage, en banlieue de Johannesburg.

Photo : Getty Images / James Oatway

Nettoyer les dégâts

M. Ramaphosa a assisté dimanche aux opérations de nettoyage après les terribles violences de la semaine, alors que son gouvernement a mis en garde les justiciers responsables d'attiser des tensions raciales.

Les soutiens de M. Zuma sont accusés d'avoir fomenté le chaos des derniers jours, que Cyril Ramaphosa a qualifié de tentative orchestrée de déstabiliser le pays.

Le président de 68 ans, veste en cuir aux couleurs de l'ANC, a déambulé dans un centre commercial dévasté de Soweto, l'immense township près de Johannesburg: Nous reconnaissons qu'il y a eu des manquements. Nous allons nous rassembler et faire un examen approprié des événements récents, a-t-il affirmé.

Dimanche, les Sud-Africains célèbrent Mandela Day, en l'honneur du premier président de l'Afrique du Sud démocratique, une occasion de se retrousser les manches et de consacrer du temps à des actions communautaires.

Le pays a été plongé dans la violence pendant plus d'une semaine, au moins 212 personnes y ont perdu la vie. Des pillards ont saccagé des centres commerciaux et des groupes non identifiés ont incendié usines et entrepôts, et bloqué des routes stratégiques pour l'économie.

M. Ramaphosa est soumis à une pression croissante, car seul un des cerveaux présumés de ce que les autorités ont appelé une tentative d'insurrection, qui a causé des dégâts estimés autour de 1,5 milliard de dollars, a été arrêté.

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