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Premier anniversaire du Québec masqué

Un couple face à face, portant des masques, le 17 décembre 2020 à Bilbao, en Espagne.

Cela fait un an que le gouvernement Legault a imposé le port du masque aux Québécois.

Photo : Reuters / Vincent West

Le 18 juillet 2020, le port du masque devenait obligatoire au Québec. Un an plus tard, les couvre-visages s’incrustent toujours dans notre quotidien. Et cela n’est pas sans conséquence, comme l'explique la psychologue clinicienne Geneviève Beaulieu-Pelletier.

Quels effets psychologiques peut avoir le port du masque à long terme?

Je dirais spontanément qu’ils dépendent de comment chaque personne perçoit et comprend le bien-fondé du port du masque. Si je ne doute pas de l’efficacité de cette mesure, je vais pouvoir le porter sans qu’il y ait d’effets psychologiques qui soient néfastes ou négatifs. Si j’ai un doute qui persiste, les effets néfastes ou négatifs seront présents. Par exemple, la frustration ou l'irritabilité. Et cela influencera ma capacité à suivre les autres consignes.

Une femme prend la pose, tout sourire, accolée contre une planche en bois.

En plus d'être psychologue clinicienne, Geneviève Pelletier-Beaulieu est professeure associée à l'Université du Québec à Montréal.

Photo : Gracieuseté

Les désagréments du port du masque sont souvent mis en avant. Existe-t-il des aspects positifs?

Chez certaines personnes, cette mesure a un côté rassurant. Si je suis quelqu’un de particulièrement anxieux et que je vois que je ne suis pas le seul à porter un masque, ça me rassure. Cela se vérifie d’autant plus dans les périodes de transition, comme celle du déconfinement que nous vivons en ce moment. Constater que certaines mesures auxquelles nous nous sommes habitués, auxquelles nous nous sommes adaptés restent encore en place a un effet rassurant.

Le discours autour du port du masque depuis le début de cette pandémie vous est-il apparu cohérent?

À certains moments, il y a eu des contradictions, des hésitations et des changements de cap parce que ça n’a pas été évident de faire face à la nouvelle réalité que nous a imposée la pandémie. Quand il y a des changements de cap, malheureusement, le discours est moins bien entendu et moins bien suivi. Ceci étant, dans un contexte aussi particulier que celui de la pandémie, c’est normal d’opérer des changements de cap à certains moments. À défaut de pouvoir être cohérents, restons transparents. Expliquons pourquoi telle mesure doit être maintenue ou pourquoi on a changé d’idée. C’est la meilleure façon d’atteindre les gens, la meilleure façon pour que ça ait du sens auprès d’eux et qu’en fin de compte, ils respectent les consignes.

Un masque chirurgical abandonné est accroché dans les branches d'un arbuste.

Jetable ou en tissu, irritant ou indispensable... À chacun son style, à chacun son masque!

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Au début de cette crise sanitaire, les antimasques se sont fait entendre. Aujourd’hui, le mouvement Ici, je porte un sourire prend de l’ampleur auprès des commerçants. Qu’est-ce que cela traduit?

Le fait de se faire imposer des mesures sanitaires est venu brimer notre besoin psychologique d'autonomie. Au départ, ça a activé chez certains une corde sensible. Le mouvement qu’on observe actuellement exprime la lassitude de certains commerçants. C’est vrai que c’est long. La frustration est de plus en plus là. Notre besoin d’autonomie a été mis à rude épreuve. Et plus on déconfine, plus le fait de continuer à suivre certaines mesures peut être irritant. Les gens sont épuisés psychologiquement de suivre des consignes.

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