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Deuxième grand pèlerinage en nombre limité à La Mecque à cause de la COVID-19

Deux hommes sur un balcon contemple des dizaines de personnes qui marchent en cercle autour de la Kaaba, une grande structure cubique au centre d'une esplanade.

Les fidèles qui prennent part au rituel du Tawaf doivent le faire par petits groupes, distanciation physique oblige.

Photo : Reuters / Ahmed Yosri

Agence France-Presse

Des centaines de fidèles musulmans sont arrivés à la Grande Mosquée de La Mecque, dans l'ouest de l'Arabie saoudite, pour participer à partir de samedi au grand pèlerinage annuel, marqué pour la deuxième année d'affilée par un quota très limité de pèlerins en raison de la COVID-19.

Seuls 60 000 Saoudiens et étrangers résidant dans le royaume et vaccinés ont été autorisés à participer au hadj. En 2020, à peine une dizaine de milliers de fidèles avaient pu l'effectuer, au plus fort des restrictions sanitaires et avant la course à la vaccination.

C'est très loin derrière les quelque 2,5 millions venus du monde entier en 2019, avant la pandémie, pour prendre part à ce qui constituait l'un des plus grands rassemblements religieux du monde.

Samedi matin, des centaines de fidèles divisés en petits groupes ont commencé à tourner autour de la Kaaba, la structure cubique noire située au cœur de la Grande Mosquée et vers laquelle les musulmans du monde entier se tournent pour prier.

Un responsable du ministère du Hadj masqué.

Un responsable du ministère du Hadj accueille les pèlerins à la Sainte Kaaba, dans la Grande Mosquée de La Mecque, en Arabie saoudite, le 17 juillet 2021.

Photo : Reuters / Le ministère des médias d'Arabie saoudite

Cette pratique, appelée tawaf en arabe, marque le début du grand pèlerinage, le hadj, avant le lancement officiel des rites qui commenceront dimanche.

Sur les chaînes de télévision saoudiennes, les interviews de responsables se succèdent pour insister sur les restrictions mises en place. Vendredi, les médias locaux avaient diffusé des images d'employés pulvérisant des produits désinfectants sur le site de la Grande Mosquée.

Les pèlerins seront divisés en groupes de 20 personnes pour limiter la propagation du virus au cas où l'une d'entre elles serait infectée, a déclaré à la télévision un responsable saoudien, Mohammed al-Bijaoui.

Des hommes masqués poussent des machines dans la Grande Mosquée.

Des responsables du ministère saoudien du Hadj désinfectent les allées de la Grande Mosquée avant l'arrivée des pèlerins, le 15 juillet 2021.

Photo : Reuters / L'agence de presse officielle de l'Arabie saoudite

En plus de mesures de distanciation sociale strictes, le ministère du Hadj a introduit une carte électronique du hadj permettant un accès sans contact aux campings et aux hôtels pour pèlerins ainsi qu'aux transports vers les sites religieux.

Des robots seront utilisés pour distribuer des bouteilles d'eau sacrée. Les pèlerins ne pourront par ailleurs pas toucher la Kaaba.

Un rituel d'une grande importance

Rania Azraq, une femme au foyer syrienne de 38 ans qui vit à Ryad, figure parmi les heureux élus de cette année. Je ne peux décrire ce que je ressens. On a juste envie de pleurer et de se rapprocher de Dieu, a-t-elle confié à l'AFP.

Le grand pèlerinage, qui a lieu une fois par an, est l'un des cinq piliers de l'islam. Les musulmans doivent l'accomplir au moins une fois dans leur vie si leur santé et leurs finances le permettent.

Des pèlerins marchant dans la grande mosquée

Les pèlerins sont soumis à des contrôles de santé et placés en quarantaine à leur arrivée à La Mecque.

Photo : via reuters / Le Ministère saoudien

Début juillet, le ministère du Hadj a assuré vouloir se conformer aux plus hauts niveaux de précautions sanitaires en raison de la propagation de nouveaux variants.

Seuls des résidents vaccinés, âgés de 18 à 65 ans et ne souffrant d'aucune maladie chronique, vont pouvoir participer au hadj cette année.

L'Arabie saoudite a enregistré jusqu'à présent plus de 500 000 infections et plus de 8000 décès. Environ 20 millions de doses de vaccin ont été administrées dans ce pays de plus de 34 millions d'habitants.

Une réputation internationale grâce aux pèlerinages

Le hadj s'est déroulé l'année dernière avec le plus petit nombre de fidèles dans l'histoire moderne de ce rassemblement – une dizaine de milliers seulement.

Aucun cas de COVID-19 n'a été signalé, les autorités ayant mis en place de sévères restrictions et distribué des trousses stérilisées comprenant des désinfectants, des masques, un tapis de prière et un ihram, le vêtement blanc sans couture traditionnel du hadj.

Quelques personnes se tiennent près de la Kaaba, une structure cubique, au centre de l'esplanade de la Grande mosquée de La Mecque.

En temps normal, des millions de personnes convergent vers La Mecque pour le hadj.

Photo : Reuters / Ministères saoudien des médias

Première économie du monde arabe grâce à l'exportation de pétrole, le royaume sunnite saoudien a bâti en grande partie son aura internationale grâce aux pèlerinages, qui assoient aussi son autorité politique dans le monde musulman.

L'interdiction des pèlerins venus de l'étranger pour la deuxième année de suite, soutenue par les institutions islamiques du monde sunnite, a toutefois provoqué le mécontentement de nombreux musulmans.

Les moins fortunés économisent parfois toute une vie pour pouvoir payer un jour les frais importants du voyage à La Mecque.

Je suis enfin prête financièrement et maintenant, c'est le coronavirus qui m'en empêche, lance une Égyptienne de 58 ans, Amina Gaafar, qui dit économiser depuis 30 ans pour aller à la rencontre de Dieu.

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