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Après émeutes et pillages, le calme revient en Afrique du Sud

L'homme marche à travers des structures brûlées.

À Durban, un homme marche à travers les débris d'un entrepôt qui a été brûlé pendant les émeutes de la dernière semaine.

Photo : Reuters / Rogan Ward

Agence France-Presse

Après une semaine marquée par des émeutes et des pillages en Afrique du Sud, un calme précaire semblait régner samedi dans le pays, qui continue à nettoyer les dégâts des violences, qualifiées par le président Ramaphosa de tentative orchestrée pour déstabiliser le pays.

À côté d'un mur tagué Libérez Zuma et J'emmerde la démocratie, des riverains ont débarrassé des monticules de gravats près d'un centre commercial incendié dans la banlieue de Durban, sur l'océan Indien.

Agent de sécurité, Sikhumukani Hongwane travaillait lorsque le centre a été attaqué dimanche. Il raconte avoir vu une foule brûler un garage voisin et avoir lui-même pris la fuite. Nous avons peur, même maintenant, avoue-t-il.

Les premiers incidents, pneus brûlés et routes bloquées, ont éclaté la semaine dernière dans le bastion de l'ex-président Jacob Zuma, au Kwazulu-Natal, au lendemain de son incarcération pour outrage à la justice.

Des gens courent dans la rue en emportant diverses marchandises.

Des pillards fuient l'arrivée des policiers dans une rue commerciale de Katlehong, à proximité de Johannesburg, Afrique du Sud le 12 juillet 2021.

Photo : Reuters / SIPHIWE SIBEKO

Puis les entrepôts, usines et centres commerciaux ont été méthodiquement pris d'assaut par des pillards, et les violences se sont étendues à la plus grande ville du pays, Johannesburg, sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-COVID.

Au total, 212 personnes ont trouvé la mort, plus de 2500 ont été arrêtées.

Mais après une semaine d'incidents, parmi les pires depuis l'avènement de cette jeune démocratie, aucun incident n’était signalé samedi à Johannesburg, même en pays zoulou, où des poches de violences résistaient, alimentées par des tensions raciales.

Attaques téléguidées, dit le gouvernement

Sous prétexte d'un grief politique, les auteurs de ces actes ont cherché à provoquer une insurrection populaire, a accusé vendredi soir Cyril Ramaphosa, s'adressant aux Sud-Africains.

Plusieurs responsables du gouvernement ont déjà ouvertement accusé des partisans de M. Zuma d'avoir téléguidé les attaques. La police enquête sur 12 personnes soupçonnées d'être les cerveaux de l'opération.

Dans le Kwazulu-Natal, les effets de la destruction de centaines de commerces se font sentir. Sans compter les difficultés d'approvisionnement avec des transports coupés pendant des jours. L'autoroute reliant Johannesburg et Durban a été rouverte seulement samedi, sous étroite surveillance des forces de sécurité.

Certains habitants ont raconté manquer de pain. Des distributions de nourriture ont été organisées. Nous avons envoyé de la nourriture à des hôpitaux qui n'avaient rien à donner à leurs patients, a dit Imitiaz Sooliman, de l'association Gift of the Givers, ajoutant que les convois sont escortés par des hommes armés.

À Indab, près de Durban, les rares magasins qui ont été épargnés n'ouvrent que quelques heures. Il y a des files d'attente interminables, comme si on allait voter, a ironisé Siyanda Nxumalo, un militant de la communauté qui dénonce une pagaille.

Impact sur la disponibilité des marchandises

Il faudra du temps avant un retour à la normale, a averti M. Ramaphosa. Et cette situation aura une incidence sur la disponibilité des denrées alimentaires, du carburant, des médicaments et d'autres marchandises, non seulement en Afrique du Sud, mais aussi dans toute la région, a-t-il prévenu.

Les autorités ont été largement critiquées pour avoir tardé à réagir et ne pas avoir empêché les violences. Le chef d'État a reconnu que le gouvernement était mal préparé, tout en promettant que les responsables seraient punis.

Nous ne permettrons à personne de déstabiliser notre pays et de s'en tirer à bon compte, a-t-il déclaré.

Quelque 10 000 soldats ont été déployés pour épauler une police en sous-nombre, accusée parfois d'être inefficace et corrompue. Ce chiffre pourrait grimper jusqu'à 25 000 dans les prochains jours.

Déjà, la traque contre les pillards a commencé. La nuit dernière, la police a mené un raid baptisé opération récupération à Alexandra, un des townships les plus miséreux du pays, dans le nord de Johannesburg.

Réclamant des preuves d'achat, les policiers ont embarqué à bord d'une camionnette des fauteuils, vélos pour enfant ou encore réfrigérateurs suspectés d'avoir été volés au cours des pillages.

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