•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Statistique Canada souhaite mieux refléter la diversité du pays

Des piétons déambulant sur la rue Sainte-Catherine à Montréal.

Diverses lois et initiatives en matière d'équité dépendent de chiffres détaillés sur la composition raciale de la main-d'œuvre canadienne (archives).

Photo : Radio-Canada / Martin Thibault

Radio-Canada

Statistique Canada dit envisager de modifier ses pratiques de collecte de données pour mieux tenir compte des Canadiens qui s'identifient comme membres de plusieurs minorités visibles – des personnes qui, pendant des années, ont été regroupées en catégories uniques, indépendamment de leurs origines.

En 2016, 232 375 Canadiens ont sélectionné au moins deux groupes de minorités visibles lorsqu'ils ont rempli leurs formulaires de recensement.

Mais jamais une analyse détaillée de cette partie de la population n'a été réalisée, ce qui veut dire que les gouvernements rédigent des lois et des politiques sur la base de données incomplètes, selon Godlove Ngwafusi, porte-parole de l'Association afro-canadienne d'Ottawa et fonctionnaire fédéral de longue date.

C'était un peu choquant de découvrir que nous n'avions pas ces données et que personne n'avait pensé à les compiler.

Une citation de :Godlove Ngwafusi, porte-parole de l'Association afro-canadienne d'Ottawa

Une personne noire qui appartient à un autre groupe de minorités visibles, par exemple, ne serait pas actuellement comptabilisée dans la catégorie des Canadiens noirs par Statistique Canada.

Cette façon de faire pourrait entraîner une sous-estimation du nombre de Noirs vivant dans le pays, selon M. Ngwafusi, ce qui pourrait amener certaines organisations à supposer à tort qu'elles ont un nombre représentatif d'employés noirs dans leur personnel.

En diluant les chiffres, on affaiblit la proportion des Noirs qui tentent de s'intégrer et de progresser dans le système, explique M. Ngwafusi.

L'équité dépend de statistiques précises

Plusieurs lois et initiatives en matière de diversité et d'inclusion sont basées sur des données sur la composition ethnique et culturelle de la main-d'œuvre canadienne. Les employeurs publics fédéraux sont tenus d'avoir des programmes d'équité en matière d'emploi qui visent activement à augmenter le nombre d'employés issus de groupes traditionnellement sous-représentés.

Puisque la catégorie plusieurs minorités visibles est floue, croit Hugh Scher, un avocat spécialisé en droit du travail basé à Toronto, il est difficile de demander des comptes au gouvernement dans la réduction des inégalités en milieu de travail.

L'avocat représente des fonctionnaires noirs dans le cadre d'un éventuel recours collectif contre le gouvernement fédéral pour des allégations de discrimination.

Ça empêche essentiellement le gouvernement de rendre des comptes avec crédibilité, car il ne connaît pas les chiffres réels et ne peut pas les connaître à cause de cette erreur flagrante dans le recensement, critique-t-il. Il ajoute que les personnes métisses perdent ainsi la possibilité d'être incluses dans les programmes qui visent à augmenter la représentation d'un de leurs groupes ethniques.

Le gouvernement libéral a annoncé cette semaine un projet de révision des lois fédérales sur l'équité en matière d'emploi. Ces lois regroupent également les travailleurs des minorités visibles dans un seul groupe, à l'exception des peuples autochtones.

Statistique Canada veut une meilleure représentation de la population métisse

Statistique Canada indique qu'un portrait plus détaillé de la population métisse du Canada pourrait être publié sur la base des données recueillies lors du recensement de 2021. Un rapport ne sera cependant probablement pas rendu public avant octobre 2022.

Le Toronto Star a d'abord rendu compte du plan de Statistique Canada visant à améliorer sa façon de compter les minorités visibles.

Statistique Canada dit reconnaître la nécessité d'avoir un portrait plus clair de la population métisse du Canada.

Nous espérons diffuser et recueillir plus d'informations afin de pouvoir raconter l'histoire de manière plus nuancée et diversifiée, affirme Tina Chiu, directrice des statistiques sur le genre, la diversité et l'inclusion à Statistique Canada.

Mme Chiu indique que tout changement futur dans la façon dont Statistique Canada collecte et rapporte les données sur les personnes métisses sera mis en place progressivement, car un objectif clé du recensement est de surveiller les tendances à long terme.

On compte apporter ces changements en gardant à l'esprit que le but du recensement est également de surveiller les tendances et de voir comment la société canadienne se développe au fil du temps, spécifie-t-elle.

Le recensement comprend les catégories de minorités visibles suivantes : Arabes, Noirs, Chinois, Philippins, Japonais, Coréens, Latino-Américains, Asiatiques du Sud-Est, Asiatiques du Sud et Asiatiques de l'Ouest.

Une autre catégorie fourre-tout — non inclus ailleurs — est offerte aux répondants du recensement. Il y avait 132 090 personnes regroupées dans cette catégorie lors du recensement de 2016.

Avec les informations de Christina Romualdo, Nick Boisvert et Raffy Boudjikanian de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !