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Les électeurs de la Nouvelle-Écosse aux urnes le 17 août

Le premier ministre libéral, Iain Rankin, brigue un troisième mandat consécutif pour son parti.

Un homme vêtu d'un complet foncé se tient derrière un podium, devant un édifice en pierre.

Le premier ministre sortant de la Nouvelle-Écosse, Iain Rankin, a rencontré les médias après avoir demandé la dissolution de l'Assemblée législative.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

François Pierre Dufault

Les électeurs de la Nouvelle-Écosse seront appelés aux urnes le mardi 17 août pour choisir leur prochain gouvernement provincial. Le premier ministre sortant, Iain Rankin, s'est rendu chez le lieutenant-gouverneur Arthur LeBlanc à sa résidence officielle du centre-ville d'Halifax, samedi matin, pour demander la dissolution de l'Assemblée législative.

Le déclenchement d'élections estivales faisait peu de doutes. Depuis la mi-juin, le gouvernement libéral sortant multipliait les annonces dans des domaines névralgiques comme la santé, la petite enfance, le logement abordable, les transports et l'environnement.

C'était le secret le moins bien gardé dans la province, a reconnu Iain Rankin à sa sortie de la résidence vice-royale de la rue Barrington, peu après 10 h (HA).

Le chef libéral estime que des élections sont nécessaires à la mi-août pour assurer la reprise économique de la Nouvelle-Écosse au sortir de la pandémie de COVID-19. C'est le temps, a-t-il répété plusieurs fois, en anglais et en français, pendant son point de presse devant la résidence du lieutenant-gouverneur.

Cette province est à un moment charnière. Nous devons continuer à prendre les bonnes décisions pour les travailleurs, les personnes âgées, les familles et tous les Néo-Écossais.

Une citation de :Iain Rankin, chef du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse

Iain Rankin tente donc de mener ses troupes vers un troisième mandat.

L'élu de la région d'Halifax a hérité en février d'une courte majorité parlementaire de son prédécesseur Stephen McNeil. Cependant, les démissions récentes de l'ancien premier ministre et d'une autre députée, Margaret Miller, ont fait perdre aux libéraux leur majorité à l'Assemblée législative.

Les électeurs de la Nouvelle-Écosse aux urnes le 17 août

Une majorité dans la mire des libéraux

En déclenchant des élections samedi, Iain Rankin tente non seulement d'obtenir un troisième mandat, mais aussi de récupérer la majorité des sièges avant la prochaine session parlementaire.

La partie n'est pas gagnée : aucun gouvernement de la Nouvelle-Écosse n'a obtenu trois mandats majoritaires consécutifs depuis les années 1980. De plus, le Parti libéral porte le bagage des deux mandats de Stephen McNeil, marqués par plusieurs conflits avec les syndicats de la fonction publique, notamment.

Le couple marche main dans la main en bordure d'une rue où circulent des voitures et un autobus.

Le premier ministre sortant de la Nouvelle-Écosse, Iain Rankin, s'est rendu à la résidence officielle du lieutenant-gouverneur à pied samedi avec sa conjointe, Mary Chisholm, pour déclencher des élections provinciales.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Iain Rankin, 38 ans, tente aussi de mettre derrière lui des accusations de conduite en état d'ébriété qui remontent à 2003 et à 2005, mais qu'il n'avait jamais évoquées publiquement jusqu'à une dizaine de jours avant le déclenchement des élections.

Je suis très, très désolé d'avoir commis des erreurs à une époque de ma vie, il y a longtemps, a réitéré le chef libéral samedi, avant de battre de nouveau son tambour de campagne. Tous les Néo-Écossais à qui je m'adresse veulent que je leur parle de mes idées pour l'avenir.

Les récents sondages accordent un certain avantage au gouvernement sortant, notamment en raison de sa gestion prudente de la pandémie de COVID-19. Il est donc possible qu'Iain Rankin cherche à tirer profit de cette avance avant qu'elle ne s'étiole avec la fin de la crise sanitaire, observe le politologue Yvon Grenier, de l'Université Saint-François-Xavier, à Antigonish.

Le gouvernement Rankin a d'autres priorités que de simplement bousculer les horaires de vacances, de barbecue et de plage. Pour lui, il est question d'obtenir un mandat [majoritaire] avant la session parlementaire d'automne.

Une citation de :Yvon Grenier, professeur de science politique à l'Université Saint-François-Xavier

Par ailleurs, le déclenchement probable d'élections fédérales à la fin de l'été ne laissait à Iain Rankin que peu de marge de manœuvre, selon Yvon Grenier.

Aussitôt les élections déclenchées, samedi, les libéraux ont perdu une candidate dans la région d'Halifax. Robyn Ingraham, qui briguait les suffrages dans Dartmouth-Sud, a annoncé sur son compte Instagram qu'elle se retirait de la course après s'être rendu compte de l'impact qu'aurait [la campagne] sur [sa] santé mentale.

Les partis d'opposition se mettent en branle

Les principaux partis d'opposition ont aussi lancé leur campagne, samedi, à Halifax.

Le chef progressiste-conservateur Tim Houston a promis de faire de l'accès aux soins de santé son principal cheval de bataille. Il y a une question à laquelle il faut répondre : qui peut réellement réparer le système de santé? a-t-il martelé lors d'un premier rassemblement de campagne sur le campus de l'Université Dalhousie.

Ce n'est pas de la malchance si nous pouvons recevoir une pizza plus rapidement qu'une ambulance dans cette province. C'est le résultat d'un manque de jugement et d'un leadership faible.

Une citation de :Tim Houston, chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse
Un groupe de personnes debout tenant des affiches.

Le chef progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a lancé la campagne de son parti lors d'un rassemblement sur le campus de l'Université Dalhousie à Halifax, le samedi 17 juillet 2021.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

L'élu du comté de Pictou accuse les libéraux d'essayer d'acheter [les] votes des Néo-Écossais alors que la liste d'attente pour un médecin de famille continue de s'allonger et compte presque 70 000 patients.

L'enjeu du logement est dans la mire du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Nouvelle-Écosse, alors que la province est frappée par une grave pénurie d'habitations abordables.

Le chef de la formation, Gary Burrill, accuse les libéraux de vouloir sabrer les dépenses publiques au moment où il est important, selon lui, d'investir dans un meilleur filet social.

Voici l'enjeu de ce scrutin : il s'agit des personnes qui vont être forcées de quitter leur foyer lorsque le contrôle temporaire des loyers sera levé et qu'il y aura des augmentations de loyer dramatiques.

Une citation de :Gary Burrill, chef du Nouveau Parti démocratique de la Nouvelle-Écosse
Gary Burrill parle à une tribune, entouré de personnes qui brandissent des affiches électorales.

Le chef du Nouveau Parti démocratique de la Nouvelle-Écosse, Gary Burrill, a lancé sa campagne en présence d'un groupe de militants à Halifax, le samedi 17 juillet 2021.

Photo : CBC / Michael Gorman

S'il forme le prochain gouvernement, le NPD promet d'imposer un contrôle permanent de la hausse des loyers, et d'augmenter le salaire minimum de 12,95 $ à 15 $ l'heure.

Au moment de sa dissolution, samedi matin, l'Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse comptait 24 députés libéraux, 17 progressistes-conservateurs, 5 néo-démocrates et 3 indépendants. Il y avait deux sièges vacants.

Circonscriptions acadiennes rétablies

La nouvelle carte électorale compte 55 circonscriptions, soit 4 de plus que la précédente.

Il s'agit des circonscriptions acadiennes d'Argyle, de Clare et de Richmond, et de la circonscription afro-néo-écossaise de Preston, qui sont rétablies à la suite d'une longue bataille devant les tribunaux.

Ces circonscriptions de plus petite taille, qui ont pour but d'empêcher la dilution du vote des minorités acadienne et afro-néo-écossaise, rendent plus probable l'élection de députés issus de ces communautés.

Même si le nombre de cas de COVID-19 reste faible en Nouvelle-Écosse, la pandémie n’est pas pour autant terminée. Élections Nouvelle-Écosse encourage d'ailleurs le vote anticipé et le vote par correspondance afin de limiter les interactions.

L'agence souhaite prévenir un scénario similaire à celui de Terre-Neuve-et-Labrador, où les élections générales ont dû être retardées en raison d’une éclosion importante.

Par ailleurs, davantage de matériel écrit sera offert en français et pourra être demandé par les électeurs qui le désirent.

Pour sa part, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse souhaite profiter du scrutin pour faire avancer ses dossiers. C'est sûr qu'on va interagir avec chacun des partis, qu'on va étudier leurs plateformes de près et qu'on va essayer dans la mesure du possible d'influencer leurs plateformes pour qu'elles rejoignent [nos] intérêts, a déclaré le président de l'organisme, Kenneth Deveau, dans une récente entrevue avec Radio-Canada.

La Nouvelle-Écosse est la seule province canadienne qui ne tient pas d’élections générales à date fixe.

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