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Tour d’horizon du 74e Festival de Cannes, qui se clôt samedi

Une femme regarde au loin devant des photographes.

L'actrice luxembourgeoise Vicky Krieps est une des révélations du 74e Festival de Cannes.

Photo : Getty Images / WireImage / Getty Images / Dominique Charriau

Radio-Canada

Bien que le 74e Festival de Cannes ait connu plus de tests de dépistage de COVID-19 que de fêtes, des films de haute volée, des stars et des retrouvailles enchantées ont été de la partie pendant 10 jours.

Performances d’actrices et révélations

Tout le monde est tombé sous le charme de Renate Reinsve, l'actrice norvégienne de 33 ans qui brille dans Julie (en 12 chapitres) de Joachim Trier, portrait électrique et subtil d'une jeune femme moderne.

L'avalanche de critiques dithyrambiques sur sa prestation a bouleversé l'actrice, inconnue avant son arrivée à Cannes : Aujourd'hui je me suis réveillée et j'ai pleuré [...] Tout ça me dépasse un peu, a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse. L'actrice avait jusqu'ici joué principalement au théâtre et tenu quelques petits rôles au cinéma et à la télévision norvégienne.

Une autre actrice a confirmé tout son talent à l'occasion du festival : la Luxembourgeoise Vicky Krieps. À 37 ans, elle est devenue l'un des visages les plus recherchés du cinéma contemporain. Elle était de la distribution du film Bergman Island, de Mia Hansen-Løve.

Des rôles de pères éprouvants

Sean Penn était de retour à Cannes comme réalisateur avec Flag Day, dans lequel il joue aux côtés de sa propre fille (Dylan Penn) le rôle d'un père magnétique et manipulateur, vivant de larcins.

Toutefois, il n'est que l'un des nombreux pères défaillants des films de ce festival. Citons André Dussollier, odieux au seuil de la mort dans Tout s'est bien passé, de François Ozon; Adam Driver, artiste tourmenté qui instrumentalise son enfant dans Annette, de Leos Carax; et Matt Damon, qui ne prend que les pires décisions pour tenter de sauver sa fille dans Stillwater, de Tom McCarthy.

Si le patriarcat en prend pour son grade, la benjamine de la compétition officielle, Julie Ducournau, a au contraire offert à Vincent Lindon un rôle de père d'adoption certes tourmenté, mais protecteur, dans le très explosif Titane.

Femmes, amour et sexualité

Les couples lesbiens prennent désormais plus de place à l'écran, si l'on en croit les films cannois, qui sont aussi une fenêtre sur l'époque.

Si dans Benedetta, de Paul Verhoeven, met en scène l'amour enflammé entre deux religieuses dans un couvent du Moyen Âge – cette relation est même le cœur de son scénario –, le couple formé par Marina Foïs et Valeria Bruno-Tedeschi dans La fracture apparaît au contraire on ne peut plus banal.

Dans Compartiment n° 6 du Finlandais Juho Kuosmanen et Les Olympiades de Jacques Audiard, l'amour entre femmes, là encore normalisé, est simplement une des possibilités offertes par la vie, à travers une conception fluide de l'amour et de la sexualité.

Dans Titane, l'héroïne couche indifféremment avec des hommes, des femmes (ou des voitures), mais pour les tuer.

Place à la musique

Le film d'ouverture a donné le ton : l'explosion Annette, comédie musicale de Leos Carax, a offert une brillante bande originale écrite et interprétée par Sparks, ce duo américain aussi méconnu du grand public qu'influent dans l'histoire de la musique pop.

Il a aussi été question de groupes cultes dans The Velvet Underground, documentaire de l'Américain Todd Haynes sur la mythique formation new-yorkaise portée par Lou Reed. À des années-lumière de ce registre, la Croisette a aussi salué Aline, de Valérie Lemercier, dans lequel cette dernière habite parfaitement le personnage de Céline Dion.

Musique de l'époque, le rap était aussi le sujet de plusieurs films : Haut et fort, de Nabil Ayouch sur une jeunesse marocaine étouffée par les contraintes sociales; Suprêmes, film biographique sur le groupe français NTM, et l'étonnant Down With the King, avec le rappeur américain Freddie Gibbs, qui joue une star souhaitant abandonner le micro au profit des travaux de la ferme.

Pas de foyer de contagion

Côté pandémie, le pari semble gagné : en imposant le passeport sanitaire à l'entrée, l'événement n'a pas créé de foyer de contagion. Certaines personnes venant de pays étrangers contraintes de se faire tester régulièrement ont malgré tout fait entendre leur ras-le-bol quant au fait de cracher dans un tube toutes les 48 heures.

Avec les informations de l'Agence France-Presse.

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