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La fin du papier pour le journal Le Lingot

Des éditions du Lingot au fil des ans.

Le Lingot ne sera plus publié en format papier.

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Radio-Canada

Le Lingot, dernier journal de compagnie produit en format papier au Québec, sera dorénavant publié en version numérique.

Il s’agit d’une page importante de l’histoire industrielle du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui se tourne puisque la publication de Rio Tinto, autrefois Alcan, était imprimée depuis 1943.

Après les journaux traditionnels, c’est au tour du Lingot de se tourner vers le web. Bien que le bulletin ait été imprimé à 13 000 exemplaires encore jusqu’à tout récemment, la direction de la multinationale a jugé qu’il était temps de prendre le virage.

Le format sera beaucoup plus convivial et interactif. Ce sera aussi plus facile de trouver des articles et de les partager, signale la porte-parole de Rio Tinto, Malika Cherry. Une page Facebook du Lingot sera créée et l’entreprise a l’intention d’acheter des pages dans Le Progrès, publié le samedi.

Avant sa création il y a 78 ans dans la cité de l’aluminium, Arvida, Alcan produisait un journal interne mensuel nommé La Sentinelle. C’était dans les années 1930 et le bulletin avait pour but d’assurer la sécurité des installations et d’optimiser la production.

Puis est arrivée la Seconde Guerre mondiale, et des immigrants de partout dans le monde sont venus travailler chez Alcan. Un journal plus substantiel que La Sentinelle était désormais requis.

L'homme ne doit pas correspondre au journal, mais le journal doit correspondre à l'homme. Des pages anglophones sont intégrées, les activités des associations, l'activité des villes, raconte la directrice générale de la Société historique du Saguenay, Joëlle Hardy.

Malika Cherry devant les bureaux de Rio Tinto.

La porte-parole de Rio Tinto, Malika Cherry

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Par le truchement de grandes photos en page frontispice et d’un graphisme audacieux, la propagande de l'effort de guerre est alors omniprésente dans les pages du Lingot.

La pression sociale de l'époque est tangible , enchaîne Joëlle Hardy.

Suivent les années 1950. Alcan embauche jusqu'à 125 rédacteurs, photographes et graphistes pour produire un journal semblable au Progrès du Saguenay à Chicoutimi et au Réveil à Jonquière.

Des coupures de presse de l’époque font état du niveau anormalement bas du réservoir d'eau qu'était le lac Saint-Jean en raison d’une pénurie d'eau aux Passes dangereuses.

L'article nous éclaire même sur la nécessité d'ensemencer des nuages à ce moment-là , lance la directrice générale de la Société historique du Saguenay, le sourire aux lèvres.

Dans les années 60, la direction des communications a demandé à la rédaction du Lingot de retourner à un format ressemblant davantage à un journal de compagnie. Ce format a été maintenu jusqu’à ce que la toute dernière édition papier soit mise sous presse récemment.

Les gens lisent des articles auxquels ils ont travaillé, donc c’est aussi un outil qui suscite l'engagement pour nos employés et nos anciens retraités, signale Malika Cherry.

Une source de nouvelles

Éric Arseneault, enseignant au Département art et technologie des médias du Cégep de Jonquière, s’est longtemps servi du Lingot pour dénicher des sujets de reportages à l’époque où il était journaliste.

Des fois, il y avait dans les articles du Lingot des indices qui nous permettaient de pouvoir éventuellement fouiller, développer, puis aller chercher des nouvelles intéressantes, se rappelle l’enseignant.

Rio Tinto en est encore à définir ce à quoi ressemblera Le Lingot numérique.

D'après le reportage de Gilles Munger

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