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Rivière Péribonka : le gouvernement va de l’avant avec les coupes forestières

Gros plan d'un arbre géant.

L’une des recommandations phares du rapport indépendant sur l'avenir des forêts anciennes, remis au gouvernement de John Horgan en septembre, est de suspendre immédiatement la coupe des forêts anciennes dans les écosystèmes qui risquent des pertes irréversibles de biodiversité, le temps de mener une réforme complète du régime d'exploitation forestière.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Radio-Canada

Malgré les pressions citoyennes et une demande de moratoire, le gouvernement Legault ira de l'avant avec des coupes forestières, au mois d’août, aux abords de la rivière Péribonka. Cette nouvelle consterne le comité de sauvegarde du secteur qui avait pourtant reçu une lettre du premier ministre, dans laquelle il affirmait que ce joyau naturel devait être préservé.

On se sent trahi, on se sent méprisé. On se sent complètement inutile dans le processus d'utilisation du territoire public qui appartient d'abord et avant tout aux citoyens, déplore la porte-parole du comité, Ève Tremblay.

Cette décision-là du Ministère, c'est comme une gifle, je dirais même un coup de poing aux citoyens du Québec pour leur dire : "Regardez ce qu'on en fait de vos aires protégées. Regardez ce que notre pouvoir peut faire pour les aires protégées que vous tentez de défendre, ajoute-t-elle, avec colère.

Une femme sourit devant un lac au printemps.

Ève Tremblay, porte-parole du Comité de sauvegarde de la rivière Péribonka, pose devant le lac Tchitogama, à l'embouchure de la rivière Péribonka.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon-Lalancette

Selon les groupes environnementaux, la décision du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs ne concorde pas avec l'objectif gouvernemental de conserver 30 % d'aires protégées sur le territoire d'ici 2030.

Le secteur de la rivière Péribonka fait partie des 83 sites qui ont été identifiés par le ministère de l'Environnement pour compléter le réseau d'aires protégées au sud du 49e parallèle. Là, on envoie le signal que cette liste-là, on peut en faire ce qu'on en veut, se désole le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Québec, Alain Branchaud.

Le gouvernement ne croit pas aux aires protégées

Le président d'Action boréale, Henri Jacob, est consterné par la décision. Il estime que contrairement à ce qu'il prétend, le gouvernement ne veut pas créer d’aires protégées.

Le gouvernement veut réserver tous les arbres aux compagnies forestières. La conservation, même si il y a Faune dans son nom, il s'en fout comme dans l'an 40.

Le député du Parti québécois Sylvain Gaudreault est du même avis et déplore cette décision prise en plein été, alors que les élus ne siègent pas à Québec.

Ça démontre que pour les aires protégées, c'est encore l'industrie qui prime. Surtout dans un secteur où finalement, même s'il n'y avait pas eu de coupes forestières, on n'aurait pas nui à l'approvisionnement de l'industrie forestière. C'est le message d'un gouvernement qui ne croit pas vraiment aux aires protégées, dit-il.

Deux entreprises se chargeront des coupes

Deux entreprises seront chargées de superviser les coupes forestières aux abords de la rivière Péribonka pour approvisionner 17 usines.

Le secteur attaqué par la tordeuse des bourgeons de l'épinette a poussé le ministère à ordonner ces coupes, selon le directeur des opérations à la Scierie Girard, Sylvain Boulianne.

C'est un secteur obligatoire. On ne pouvait pas prendre d'autres secteurs cette année. À cause de la tordeuse, c'est le secteur le plus affecté en ce moment. Il faut donner un boom le plus rapidement possible pour récolter le secteur et ne pas perdre toute la matière.

La Scierie Girard est toutefois consciente que le dossier est délicat et l'entreprise aimerait trouver un terrain d'entente.

une carte.

Cette carte démontre les secteurs touchés par les coupes.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

De leur côté, les opposants feront tout pour empêcher les coupes. S'enchaîner aux arbres, comme ils ont menacé de le faire au printemps, s'annonce comme leur ultime recours.

Selon un reportage de Gabrielle Morissette.

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