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Rareté de main-d’œuvre: ruptures de services dans certains commerces

Un dépanneur et une station service aux couleurs d'Irving et Couche-Tard.

Le dépanneur Couche-Tard de Pointe-à-la-Croix était fermé, mercredi dernier, faute d'employés disponibles.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

En pleine saison touristique, les commerces sont de plus en plus nombreux à fermer leurs portes de manière inattendue en raison du manque de main-d’œuvre, et ce, même si les heures d’ouverture ont déjà été réduites.

Mercredi, les clients qui se sont rendus à la succursale Couche-Tard de Pointe-à-la-Croix se sont butés à une porte close pour la journée. Sur la porte, une affiche indiquait que tout le personnel était parti.

Une affiche dans un porte où il est écrit : « Personnel au complet est parti. Désolé».

Une affiche dans la porte du Couche-Tard de la Pointe-à-la-Croix indiquait mercredi qu'aucun employé n'était en poste.

Photo : Facebook

Le magasin a finalement rouvert ses portes le lendemain.

Appelée à commenter la situation, la gérante des lieux a référé Radio-Canada au service de communications de Couche-Tard. Au moment de publier ces lignes, l'entreprise n'avait toujours pas répondu à nos questions.

Depuis quelques semaines, les heures d’ouverture du dépanneur Couche-Tard de Pointe-à-la-Croix, situé à un jet de pierre du pont interprovincial, ont été réduites considérablement. Elles sont maintenant de 7 h à 21 h et de à 8 h à 16 h.

Fermer pour donner un congé à ses employés

Aux Îles-de-la-Madeleine, le manque d’employés force le restaurant Vent du large à fermer, lundi, dans le but d’offrir une journée de répit aux employés qui n'ont pas eu de congé depuis des semaines.

On n’est pas capable d’offrir une journée de congé à nos employés. Ça devient invivable pour tout le monde et ils ne sont pas capables d’avoir un répit. Ça devient impossible, physiquement et mentalement, de pouvoir faire ça.

Une citation de :Isabelle Houle, copropriétaire du restaurant Vent du large

Bien qu’un cuisinier additionnel soit attendu dimanche prochain, le problème ne sera pas complètement pas résolu. La copropriétaire estime qu'il faudrait au moins quatre autres employés supplémentaires.

Ça ne permettra pas à tout le monde d’avoir une journée de congé. Il se pourrait que nous devions continuer à fermer tous les lundis, admet Isabelle Houle en précisant qu'il s'agit de décisions d'affaires « très difficile à prendre », compte tenu que son entreprise est ouverte seulement trois mois par année.

Des personnes mangent sur une terrasse devant la mer.

Le restaurant Vent du large sera fermé le lundi 19 juillet dans le but de donner un congé aux employés.

Photo : Facebook Vent du large

Cette situation survient alors que l’établissement, réputé pour ses spectacles musicaux extérieurs au coucher du soleil, avait déjà cessé de servir des dîners pour se concentrer sur les soupers seulement. Les heures d'ouverture, qui étaient de midi à 22 h, ont ainsi été réduites de 17 h à 22 h, quelques jours après l'ouverture du restaurant, le 24 juin dernier.

Pour préparer une soirée au Vent du large, il faut quand même travailler à partir de midi pour faire les préparations. Donc nos employés travaillent douze heures par jour quand même, précise Mme Houle.

Zéro curriculum vitæ

À Carleton-sur-Mer, le propriétaire du restaurant Umi Yama de Carleton-sur-Mer a récemment affiché un poste de serveur; il n'a reçu aucun curriculum vitae, une première en douze ans selon lui.

Raphaël Guité craint, lui aussi, devoir réduire encore davantage des heures d'ouverture déjà coupées.

Les années passées, le resto était ouvert certains midis, pas cette année, indique M. Guité.

On a toujours été ouverts sept jours sur sept, mais cette année on est ouvert six jours sur sept. Je crains éventuellement de devoir fermer les lundis aussi, en plus du dimanche.

Une citation de :Raphaël Guité, propriétaire d'un restaurant et de résidences touristiques

L’homme d’affaires qui possède aussi une cinquantaine d’unités d’hébergement réparties dans plusieurs résidences touristiques indique que la fatigue de ses troupes, après les vacances de la construction, pourrait mener à une telle décision.

Un bâtiment orange avec une pancarte où il est écrit «Umi Yama restaurant» à l'avant.

L'entreprise Aux 4 vents qui regroupe des services d'hébergement et de restauration aurait besoin d'au moins cinq employés supplémentaires pour combler l'équipe de 43 travailleurs.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

PCRE et permis de travail

Raphaël Guité et Isabelle Houle sont d’avis que le maintien de la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), l’un des programmes qui ont remplacé la Prestation canadienne d’urgence (PCU), n’est pas étranger au problème de recrutement de main-d’œuvre. D'abord fixé à 500 $ par semaine, le montant de la PCRE sera abaissé à 300 $ hebdomadairement à partir du 17 juillet pour tous les nouveaux demandeurs.

Clairement, je pense que ça a un rôle à jouer à mon avis, indique Mme Houle.

Au ministère fédéral de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et de l'Inclusion des personnes handicapées, on rétorque que la PRCE est un outil important pour maintenir la stabilité financière des Canadiens.

Nous savons que les Canadiens veulent travailler et que la vaste majorité d’entre eux prennent un emploi lorsqu’il y en a de disponibles, soutient la porte-parole du ministère, Ashley Michnowski. Les critères d'admissibilité à la Prestation canadienne de relance économique sont très clairs : pour être admissible, il faut être activement à la recherche d'un emploi et les bénéficiaires ne peuvent pas refuser une offre raisonnable d'emploi.

Raphaël Guité photographié devant la baie des Chaleurs.

L'homme d'affaires Raphaël Guité craint d'être contraint de réduire encore davantage ses heures d'ouverture.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Raphaël Guité montre aussi du doigt la complexité pour les travailleurs internationaux d’obtenir un permis de travail pour venir au Québec, un processus encore plus lourd en raison de la pandémie.

J’ai un employé français qui voulait revenir travailler avec nous, mais toutes les démarches pour y arriver étaient trop compliquées. Il n’est pas venu, explique-t-il.

Selon M. Guité, les gouvernements n’en font pas assez pour résorber la rareté de main-d’œuvre.

Pour sauver les entreprises et les entrepreneurs, il faut trouver une solution premièrement pour la main-d’œuvre, selon moi c’est la priorité du gouvernement aujourd’hui, lance l'homme d'affaires de Carleton-sur-Mer.

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