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Une pandémie, un cancer et une vie qui continue

La vice-rectrice du campus universitaire d’Edmundston et ancienne ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick se remet d’un cancer du sein.

Une femme devant un micro.

Entre pandémie et cancer, Madeleine Dubé a connu une année très mouvementée. Elle accepte de partager son expérience afin de sensibiliser les femmes à prendre leur santé en main.

Photo : Contribution

Michelle LeBlanc

Quand elle a annoncé la création d'un centre d’excellence sur le cancer du sein en 2012, Madeleine Dubé était loin de se douter qu’elle y serait un jour patiente. Après la découverte d’une lésion cancéreuse l’année dernière et plusieurs chirurgies, l’ancienne ministre de la Santé se remet aujourd’hui d’un cancer qui a nécessité l’ablation de ses deux seins.

En mars 2020, alors que la planète entière se confine, Madeleine Dubé apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Ça a été vraiment une grande surprise , dit-elle. Rien ne la préparait à cette annonce - survenue à la suite d’un simple examen de routine - surtout qu’il n’y a pas d’historique de cancer du sein dans sa famille.

J’avais vraiment zéro symptôme. C’est à travers le processus de mammographies et d’échographies qu’on a pu détecter [le cancer]. Elle subit une première chirurgie en mai 2020, pour une mastectomie partielle, et une deuxième, quelques semaines plus tard, pour une mastectomie complète. Ils ont trouvé que j’avais encore trop de cellules cancéreuses.

Elle a finalement subi une deuxième mastectomie, sur l'autre sein, il y a quelques semaines. Là, je suis en convalescence et je suis sur le chemin du retour, dit-elle.

Si elle accepte de parler de sa maladie, c’est pour sensibiliser les femmes à passer des examens de routine, comme les mammographies. Ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu détecter par moi-même, parce que c’était très profond. C’est vraiment l’examen annuel qui a fait la différence.

Des hommes et des femmes sourient devant la caméra.

Madeleine Dubé (au centre), lors de l'annonce de la création d'un centre d’excellence sur le cancer du sein à Moncton, en 2012. Elle pose sur cette photo avec, entre autres, le PDG de Vitalité de l’époque, Joey Caissie, et la Dre Jocelyne Hébert. La Dre Hébert a d’ailleurs fait partie de son équipe de médecins dans les derniers mois. (archives).

Photo : Radio-Canada

L’appel du devoir, malgré la maladie

Celle que tout le monde appelle Mado n’a pas cessé de travailler, malgré ses chirurgies et ses traitements. Elle passe encore une partie de son temps devant son écran d’ordinateur, chez elle.

Je pense que ça m’a permis d’absorber le choc et de vivre ça , raconte-t-elle. Et le télétravail lui a facilité la tâche. J’ai pu être active, tout en restant à la maison.

On me disait "Pourquoi tu n’arrêtes pas complètement? Pourquoi tu ne prends pas une bonne pause"?. Ce n’était pas une option pour elle. Je n’ai jamais été une femme de maison. Tout le monde me connaît, ce n'est pas mon genre.

Deux femmes regardent la caméra en souriant

L'actuelle ministre de la Santé, Dorothy Shephard, en compagnie de Madeleine Dubé (à droite), en juin, lors d'une rencontre sur le campus universitaire d'Edmundston, où Madeleine Dubé est vice-rectrice.

Photo : Université de Moncton

Si elle va de mieux en mieux , Mado fait le constat qu’elle doit accepter les changements que son corps a subis.

Mon plus grand défi tout de suite, c’est un processus, comme femme. Ton corps change, littéralement. Je ne suis pas encore en mesure de mettre des prothèses. Alors, c’est l’habillement. Je devrais pouvoir commencer, en septembre, à me vêtir plus convenablement et me sentir plus à l’aise, confie-t-elle.

De ministre de la Santé à patiente

Si elle n’a que de bons mots à dire sur les médecins et les autres professionnels de la santé qui l’ont traitée, l’ancienne ministre de la Santé concède que tout n’est pas parfait.

Si je peux faire une observation constructive, c’est qu’on a encore du travail à faire comme système dans l’harmonisation, dans la livraison des services. C’est pas toujours uniforme, d’un hôpital à un autre. Il y a des choses à travailler, dit-elle.

Elle se garde bien de jeter le blâme sur le personnel soignant. C’est plus au niveau des processus, dans la communication entre les systèmes. Il faut s’assurer que tout le monde est bien aligné, tricoté aussi serré que possible. On sent que ce n’est pas toujours le cas.

Et la pénurie de personnel, elle l’a vécue aux premières loges. On le sent, qu’il manque du monde. C’est la période des vacances, ça s’ajoute au manque de personnel, en plus de l’épuisement lié à la pandémie. Notre système est essoufflé.

La responsabilité du patient

Même si le système comporte des failles, Madeleine Dubé souhaite que les patients et les patientes jouent un rôle actif et soient responsables de leur santé. C’était d’ailleurs une idée qu’elle a mise de l’avant quand elle était ministre, dans le gouvernement de David Alward (2010-2012).

C’est à nous de s’assurer de faire nos suivis, c’est à nous de vérifier si les résultats de nos tests sont prêts, sont connus, plaide-t-elle.

Des fois, on a tendance à penser " pas de nouvelle, bonne nouvelle ". On se fie énormément au système. Mais on a un rôle de responsabilité dans notre santé comme patient ou patiente, et ça, ça nous appartient. Soyons responsables de nous même, allons chercher les services qu’on a besoin, et allons chercher l’information, les ressources dont on a besoin pour avancer.

À l’aube de la soixantaine, Madeleine Dubé n’a pas l’intention de s’arrêter. Grand-maman pour la première fois depuis la semaine dernière, il lui reste des choses à faire.

Une femme tient un bébé dans ses bras

Madeleine Dubé, entourée de son fils et de son conjoint, est devenue grand-mère pour la première fois cette semaine.

Photo : Contribution

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