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Maringouin’pocalypse, le Yukon va peut-être devoir s’y habituer

Un maringouin.

Combien de moustiques vous ont déjà piqué cet été?

Photo : Daniel Peach

Ils sont partout, ils vous harcèlent, et si vous en écrasez un, douze autres arrivent. Les moustiques sont particulièrement nombreux cette année au Yukon et ils seraient une nouvelle manifestation des changements climatiques.

Comme les inondations, les moustiques sont le fruit de la météo de l’hiver dernier au Yukon. Un hiver moins froid avec des précipitations records, et un printemps doux et humide, une vraie recette pour un été riche en moustiques, surtout après une saison 2020 déjà favorable.

Ces conditions sont vraiment idéales pour les types de moustiques que l’on trouve au Yukon, puisque la majorité est composée d'espèces de moustiques des eaux de crue.

Une citation de :Dan Peach, directeur de la Société d'entomologie de la C.-B.

Dan Peach est un expert en la matière, il est le directeur de la Société d'entomologie de la Colombie-Britannique et s'intéresse particulièrement à ce qu’il appelle la vie secrète des moustiques.

Dan Peach dans un marais en train de collecter des échantillons.

« Je suis sûrement la seule personne exaltée par des moustiques en grand nombre », concède Dan Peach.

Photo : Photo fournie - Dan Peach

Les femelles moustiques de ces espèces misent sur des zones inondables pour pondre leurs œufs, alors un Yukon inondé leur offre un habitat plus grand et donc plus de chance de se multiplier. Puisque chaque femelle peut pondre 200 œufs, imaginez les dégâts! Bien sûr, la nature est bien faite et des prédateurs pourraient se régaler de cette affluence de moustiques et rétablir l’équilibre.

Il pourrait y avoir une explosion du nombre de choses qui mangent les moustiques comme les libellules, et donc une explosion du nombre de choses qui mangent les choses qui mangent les moustiques, comme les oiseaux, les chauves-souris.

Une citation de :Dan Peach, directeur de la Société d'entomologie de la C.-B.

Les moustiques ont aussi un rôle de pollinisateurs et la croissance de leur population pourrait donc avoir des effets sur la flore, mais aussi sur certaines espèces comme les caribous, dont les schémas de migration ont déjà été perturbés par les mouches noires ou moustiques.

Un été 2022 pire encore?

Le temps nous dira si c’est un changement permanent ou pas, affirme Dan Peach, mais si les conditions de l’hiver prochain restent clémentes, l’été prochain pourrait être pire, prévient-il.

Des inquiétudes existent aussi concernant les virus transmis par certains moustiques. Aux Territoires du Nord-Ouest, le département de l'environnement et des ressources naturelles teste les virus chez les moustiques depuis 2018, principalement pour le virus du Nil occidental et les virus du sérogroupe Californie.

Selon les rapports annuels de l'Agence de la santé publique du Canada, seuls 19 cas de virus de sérogroupe chez l’homme ont été signalés au Canada en 2019 et aucun cas n'a été signalé en 2020 ou 2021.

Dan Peach collectant un échantillon.

Basé en Colombie-Britannique, Dan Peach espère pouvoir se rendre au Yukon d'ici la fin de l'été pour poursuivre ses recherches durant cet été très spécial.

Photo : Photo fournie - Dan Peach

Il faudra donc se souvenir de ces quelques lignes en plein cœur de l’hiver. Le seul moyen d’avoir un été sans cette maringouin’pocalypse est d’avoir un hiver rigoureux et un printemps froid et sec aussi. En attendant, rassurez-vous, même un passionné comme Dan Peach confie qu'il écrase les moustiques qui l'importunent. Pas s’il est dans leur habitat en train de les étudier, reconnaît-il, mais s’il est avec des amis autour d’un barbecue, oui. Il tient d'ailleurs à vous rappeler que même si vous en tuez 20, celui que vous aurez manqué pondra 200 œufs et cela compensera toutes les autres pertes, dit-il en rigolant.

Le saviez-vous?

  • Le moustique est l’animal le plus meurtrier au monde.
  • Leur bruit parfois énervant quand vous cherchez le sommeil leur sert à se repérer entre eux. C’est comme s’ils chantaient pour l’autre, explique l'entomologue.
  • Seules les femelles vous piquent, les mâles se concentrent sur la pollinisation.
  • Ils vous repèrent grâce à leur odorat, que ce soit le dioxyde de carbone de votre respiration ou encore l’acide lactique de votre transpiration.
  • Ils sont attirés par les couleurs sombres qui leur rappellent la fourrure des animaux, alors porter des vêtements clairs peut en éloigner certains.
  • Si on vous a dit que l’ail pouvait éloigner les moustiques : ça ne les éloigne pas dans l'ensemble, sauf si vous en mangez assez pour que cela éloigne aussi les humains autour de vous, plaisante Dan Peach.
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