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La chaleur liée à une hausse des accidents au travail

Un travailleur de la construction boit de l'eau.

Un travailleur de la construction s'hydrate en ce temps de canicule (archives).

Photo : Radio-Canada

Au Québec, chaque degré au-dessus de la température maximale quotidienne fait bondir de 34 % les réclamations soumises à la CNESST, selon une récente étude de l’Institut national de santé publique (INSPQ), qui indique que le réchauffement de la planète représente déjà un danger pour la santé des travailleurs et des travailleuses au Canada.

Les conséquences du réchauffement planétaire sur la mortalité de la population canadienne sont déjà documentées, rappelle l’INSPQ. Hausse des décès, plus grand nombre d’hospitalisations, affluence aux urgences : les vagues de chaleur extrême, plus fréquentes, entraînent un cortège de fléaux dans leur sillage.

Les effets sur la santé des travailleuses et des travailleurs, toutefois, sont moins documentés.

C’est pour combler ce manque de connaissances que l’Institut a réalisé son étude, intitulée Changements climatiques et vulnérabilités à la chaleur des travailleuses et travailleurs canadiens - regard sur les provinces du centre et de l'ouest du Canada.

En comparant les réclamations présentées dans cinq provinces, de 2001 à 2016, en période de grande chaleur, l’INSPQ montre que les impacts sont déjà importants et qu’ils tendront à s’aggraver d’ici 2050.

Règles de la CNESST

  • La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail rappelle qu'un employeur a le devoir de moduler le travail en fonction du niveau de risque lié à la chaleur.
  • Il doit revoir fréquemment son évaluation, car la situation évolue en cours de journée.

Nous comptons environ 22 travailleurs indemnisés chaque année en raison de la chaleur, précise Ariane Adam-Poupart, conseillère scientifique spécialiste à l’INSPQ et principale auteure de l’étude.

Portrait sous-estimé

L’INSPQ constate que chaque degré qui excède la température maximale quotidienne entraîne une augmentation de 34 % des réclamations pour des problèmes de santé liés à la chaleur. Œdème, syncope, épuisement, insolation et coup de chaleur font partie du lot. La hausse représente sept réclamations supplémentaires par année, précise l’Institut.

Ce n’est que la pointe de l’iceberg, toutefois, parce que les travailleurs qui présentent des réclamations constituent une minorité.

Une citation de :Ariane Adam-Poupart, conseillère scientifique spécialiste à l’INSPQ

Selon les observations de l’INSPQ, les travailleurs et les travailleuses qui souffrent d’épuisement ou qui s’évanouissent rentrent souvent se reposer à la maison, avant de reprendre le chemin du travail le lendemain.

Il faut que ce soit des problématiques très sévères pour que ça puisse mener à une demande d’indemnisation et qu’elle soit acceptée par la CNESST, indique Ariane Adam-Poupart.

Accidents de travail plus fréquents

L’INSPQ observe que les blessures traumatiques, soit les coupures, les fractures et les brûlures, surviennent aussi plus fréquemment en milieu de travail lors d’épisodes de grande chaleur.

Chaque 1 °C supplémentaire de la température d’un jour en été s’accompagne d’une augmentation du nombre journalier de réclamations pour des blessures se situant entre 0,2 et 0,6 % sur cette période, souligne l’étude.

Appliquée au Québec, poursuit l’INSPQ, une augmentation de 0,2 % représente environ 64 réclamations additionnelles acceptées pour des blessures durant les cinq mois chauds de chaque année de la période 2001-2016.

Le problème ira en s’aggravant, selon l’étude de l’Institut, puisque le réchauffement planétaire s’accélère.

À l’horizon 2050, le nombre de réclamations quotidiennes liées à la chaleur sur les milieux de travail pourrait bondir de 73 à 165 %, selon le degré de réchauffement atteint.

Au Québec, le nombre de réclamations passerait de 21 en moyenne, entre 2001 et 2016, à 39, voire 47, d’ici 30  ans.

Avec les informations de David Rémillard

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