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Réouverture de la frontière : soulagement et exaspération du milieu des affaires

Les intervenants interrogés par Radio-Canada demandent au gouvernement Trudeau un plan clair qui leur permettra d'organiser la reprise de leurs activités de façon ordonné­e.

Une ligne au sol marque la frontière entre les États-Unis et le Canada.

La frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis pourrait rouvrir à la mi-août aux citoyens américains et aux résidents permanents pleinement vaccinés.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

L'annonce jeudi soir de la possible réouverture de la frontière entre le Canada et les États-Unis en août est accueillie avec un soupir de soulagement dans les milieux touristiques et économiques de la province. Cependant, certains observateurs s'inquiètent d'un flou qui persiste concernant la mise en place du plan de réouverture.

C'est une bonne nouvelle, parce qu'on voit poindre un plan, note Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), joint au téléphone. Ça va au moins permettre aux opérateurs de planifier, ajoute-t-il.

Mais l'annonce de ce plan arrive tard, selon lui. Trop tard pour l'industrie des croisières, par exemple, qui ne pourra pas accueillir de voyageurs avant novembre, alors que, pour Michel Leblanc, la saison sera terminée pour le Québec. Les gens viennent en croisière en septembre et en octobre pour voir les couleurs. Ça veut dire qu'on dit que la saison des croisières est annulée pour 2021.

Selon M. Leblanc, il est minuit moins une pour le reste de l'industrie touristique. On aurait voulu une annonce pour le 21 juillet. Là, on parle de la mi-août. C'est tard. Pour l'industrie touristique, chaque semaine compte.

Et encore, ce ne sont que les voyageurs américains qui devraient être admis à partir du mois prochain. Les visiteurs internationaux, en provenance d'Europe, notamment, devront attendre le mois de septembre. C'est beaucoup plus tard que ce qu'on voudrait, déclare le dirigeant de la CCMM.

Il rejette par ailleurs les arguments de précaution invoqués par le gouvernement fédéral pour justifier la réouverture tardive des frontières.

Ce n'est pas rationnel, plaide-t-il. Il ajoute que les organisations de santé publique de partout dans le monde ont bien dit qu'une fois qu'on est doublement vaccinés, on ne représente pas un risque.

Selon lui, nous sommes devant une crainte illogique. Le risque [d'une quatrième vague] n'est pas lié aux voyageurs internationaux. Ils vont être doublement vaccinés, et ils vont être testés avant de partir et en arrivant. On est à 100 % de protection. Les probabilités [de contagions] sont très faibles, soutient-il.

« On est tétanisés par la peur. On ne reconnaît pas les santés publiques d'autres pays qui sont arrivées à la conclusion que les voyageurs représentent un très faible risque. »

— Une citation de  Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Un appel à la solidarité avec l'industrie touristique

Aéroport Montréal-Trudeau

Selon Michel Leblanc, les coûts de la pandémie et de l'arrêt brusque de l'économie sont particulièrement élevés pour le secteur touristique.

S'il admet que la situation s'est relativement rétablie en région, propulsée par le tourisme québécois et ontarien, les grandes villes continuent de souffrir, selon lui.

On le sait, les millions de touristes étrangers arrivent d'abord dans les métropoles, dit-il, avant d'évoquer les grandes conférences internationales qui se tiennent année après année à Montréal, et que la métropole risque de perdre si les frontières demeurent fermées.

Le président de la CCMM appelle la population à la solidarité avec les travailleurs de l'industrie touristique.

« Cette année, on nous a dit qu'il fallait être solidaire avec les travailleurs de la santé pour justifier la mise sur pause des activités. Aujourd'hui, je pense qu'on a un devoir de solidarité avec les employés du secteur touristique, qui en ont arraché. »

— Une citation de  Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Invité à préciser sa pensée, M. Leblanc ajoute qu'il ne s'agit pas de comparer les souffrances entre les travailleurs des différents secteurs.

Collectivement, on doit regarder nos secteurs économiques qui sont durement touchés. Il faut être solidaire de l'industrie du tourisme et de la restauration. C'est tout un pan de notre économie qui est en péril, dit-il.

Je tiens simplement à rappeler qu'il y a des gens pour qui c'est encore très difficile, pour qui [la situation] ne s'est pas améliorée malgré le déconfinement, précise-t-il.

Le mot d'ordre : prévisibilité

Une femme de ménage dépose une oreiller sur un lit fraîchement fait. Nous ne pouvons voir le visage de la dame.

Les propriétaires d'hôtels du Grand Montréal sont heureux d'avoir une certaine visibilité par rapport à la réouverture de la frontière canado-américaine, notamment en ce qui concerne le rappel au travail de la main-d'œuvre.

Photo : iStock

Enfin! s'est réjouie Ève Paré, présidente-directrice générale de l'Association des hôtels du Grand Montréal, en entrevue à RDI matin vendredi à propos de la possible réouverture des frontières. Ça répond à une demande qu'on avait formulée cette semaine, c'est-à-dire celle d'avoir davantage de prévisibilité.

Prévisibilité était le mot qui était sur toutes les lèvres à la suite de l'annonce d'hier soir. Le Canada pourrait recommencer à accueillir des voyageurs d'autres pays si et seulement si la situation sanitaire le permet, a prévenu le bureau du premier ministre.

Or cet astérisque inquiète les représentants des milieux touristiques et économiques. Ils demandent au gouvernement un plan clair qui leur permettra d'organiser la reprise de façon ordonné­e.

On a besoin de confirmation, de certitudes et d'un certain nombre de détails, a demandé Christophe Hennebelle, vice-président aux ressources humaines et aux affaires publiques d'Air Transat au micro de Tout un matin. Au-delà de l'annonce d'hier, le plus important, selon lui, c'est d'avoir des certitudes.

« Ça va être important que les conditions qui permettront la réouverture soient très, très claires et faciles à suivre pour qu'on puisse s'y préparer. »

— Une citation de  Ève Paré, présidente-directrice générale de l'Association des hôtels du Grand Montréal

Le son de cloche est semblable du côté du Conseil national des lignes aériennes du Canada. Par voie de communiqué, son président-directeur général Mike McNaney s'est dit encouragé par la déclaration du premier ministre.

Notre industrie a demandé à plusieurs reprises au gouvernement fédéral de publier un plan de redémarrage global et un échéancier, et nous attendons du gouvernement qu’il confirme publiquement les détails dès que possible, ajoute-t-il.

Le gouvernement Trudeau devrait annoncer les détails de ce plan de réouverture en début de semaine prochaine.

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