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Léa Seydoux en journaliste qui vend son âme dans le film France, présenté à Cannes

Vêtue de bleu, l'actrice sourit.

L'actrice Léa Seydoux au Festival de Cannes en 2019

Photo : Getty Images / Getty Images / Pascal Le Segretain

Radio-Canada

L'info en continu prise à son propre piège : dans France, en compétition à Cannes, Léa Seydoux incarne une journaliste vedette de la télé dans une caricature en forme de comédie dramatique qui montre les écueils d'un métier mal aimé.

Dans le film, signé Bruno Dumont, France de Meurs (Léa Seydoux) est la présentatrice et reporter vedette d'une chaîne d'information. Micro en main, elle est sur tous les terrains, enchaînant les reportages dans lesquels elle se met en scène, de l'Élysée à une rencontre avec des combattants anti-Daech au Sahel.

Avec Blanche Gardin et Benjamin Biolay

Son omniprésente assistante Lou, incarnée avec un brio comique indépassable par l'humoriste Blanche Gardin, représente sa part du diable. Obsédée par l'image qu'elle projette sur les réseaux sociaux, cynique et insensible, elle considère que tous les moyens sont bons pour accéder à la gloire journalistique.

Fred (Benjamin Biolay), l'époux de France, qui est écrivain, est au contraire plein de sensibilité. Sous son vernis d'arriviste sans foi ni loi, prête à tout pour briller, France navigue en réalité entre les deux.

France en fait des tonnes sur les dérives du journalisme, avec une reporter qui fait prendre tous les risques au personnel technique, met en scène ses reportages et se met en avant lors d'une première séquence drolatique en conférence de presse face à Emmanuel Macron.

Exposer les contradictions du journalisme

Toutefois, le film se veut aussi une réflexion plus profonde sur les contradictions d'un métier qui, selon le réalisateur, résume notre société. Les journalistes sont des spécimens très intéressants de la modernité, a-t-il dit à l'Agence France-Presse.

Le journaliste a une mission héroïque de vérité et est embarqué dans une industrie qui a besoin de rendement. C'est un conflit absolument irrésolu et qu'on ne peut pas résoudre.

Une citation de :Bruno Dumont, cinéaste

Pour France, qui évolue dans un univers parallèle, entre ses reportages, son appartement somptueux de la luxueuse Place des Vosges et ses trajets en voiture, les choses commencent à se troubler lorsqu'elle renverse un scooter. Pour la première fois, face au jeune homme qu'elle a blessé, le vernis semble craquer. Personnage complexe, France choisira-t-elle entre son métier et ses principes?

Léa Seydoux absente de Cannes à cause de la COVID-19

Trois hommes et une femme sourient. En arrière-plan, un plan d'eau et des plantes.

Benjamin Biolay, Emanuele Arioli, Bruno Dumont et Blanche Gardin au 74e Festival de Cannes, à l'occasion de la projection du film «France»

Photo : Getty Images / Getty Images / Pascal Le Segretain

Léa Seydoux, qui n'a pas pu assister au Festival cette année parce qu'elle a été déclarée positive à la COVID-19, est omniprésente à l'écran.

C'est une vraie héroïne interprétée par une actrice magnifique, sensible à ce qu'elle fait, s'est félicité Bruno Dumont, qui a écrit le film pour elle. Il y a quelque chose de très humain chez elle, une espèce de coexistence entre la turpitude et la grâce, a-t-il souligné.

En reportage avec des personnes migrantes, elle va risquer sa peau, puis se mettre en avant en se filmant au milieu d'elles, comme perdue en pleine mer... avant de joindre le bateau de son équipe qui navigue à côté.

Je ne tape pas sur les médias

Bruno Dumont, cinéaste volontiers burlesque, dont les derniers films étaient atypiques (comme son œuvre en deux parties sur Jeanne d'Arc), livre cette fois un cinéma un peu plus grand public, dont la bande originale est signée par le chanteur Christophe, mort en avril 2020.

Mais il assure toujours se méfier des solutions de facilité et des leçons de morale. Je ne tape pas sur les médias; je ne suis pas débile, a souligné le réalisateur, qui entend par contre montrer le dilemme dans lequel se retrouveraient les journalistes, une espèce de culpabilité entre l'activité très noble du journalisme et ce qui est corrompu par l'industrie.

France, elle, ne cherche pas l'idéal, mais persévère dans ce qu'elle fait. Elle retourne faire son métier et se dit : je vais faire de mon mieux. Si, déjà, les gens faisaient ça, ce serait très bien, a ajouté le cinéaste de 63 ans.

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