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Afrique du Sud : la violence a été « provoquée et planifiée », accuse le président

Le bilan des morts s'élève à 212, en une semaine seulement.

Des soldats montent la garde.

Des soldats montent la garde alors que les habitants du canton d'Alexandra commencent à nettoyer après plusieurs jours de pillage, en banlieue de Johannesburg.

Photo : Getty Images / James Oatway

Agence France-Presse

Les troubles et les pillages en Afrique du Sud « ont été provoqués, il y a des gens qui les ont planifiés et coordonnés », a accusé vendredi le président sud-africain Cyril Ramaphosa, alors que le bilan des morts a atteint le nombre impressionnant de 212 en une semaine.

La situation revient graduellement, mais sûrement à la normale, a déclaré la ministre Khumbudzo Ntshavheni lors du point-presse quotidien du gouvernement, signalant qu'aucun incident n'était à signaler dans l'agglomération de Johannesburg, contre près de 1500 encore, de différents types, en pays zoulou (est) ces dernières 24 heures.

Le président Ramaphosa, qui s'est montré sur le terrain pour la première fois depuis le début des troubles le 9 juillet, a déclaré depuis Durban, le grand port du Kwazulu-Natal (est), que les responsables de ces violences seraient poursuivis.

Nous allons les poursuivre. Nous en avons identifié un bon nombre, nous ne permettrons pas l'anarchie et le chaos dans le pays, a-t-il ajouté, alors que la police enquête sur 12 personnes soupçonnées d'être derrière le déchaînement de violence de ces derniers jours.

La veille, le gouvernement avait annoncé qu'une de ces personnes a déjà été arrêtée et la surveillance a été accrue sur les 11 autres, par la voix de la ministre de la présidence Khumbudzo Ntshavheni, qui avait dénoncé un sabotage économique.

Des gens courent dans la rue en emportant diverses marchandises.

Des pillards fuient l'arrivée de la police dans une rue commerciale de Katlehong.

Photo : Reuters / SIPHIWE SIBEKO

Les premiers incidents ont éclaté la semaine dernière au lendemain de l'incarcération de l'ex-président Jacob Zuma, condamné à 15 mois de prison ferme pour outrage à la justice. Ils se sont ensuite étendus, sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-COVID.

Des responsables de santé sud-africains, comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) la veille, se sont dits inquiets que les mouvements de foule récents – quand des milliers de Sud-Africains s'agglutinaient pour emporter une télé ou une paire de chaussures dans les centres commerciaux pillés – provoquent un pic de contaminations.

Le pays traverse une troisième vague terriblement meurtrière, alimentée par le très contagieux virus Delta.

Nous aurions pu faire mieux

C'était la première visite du président – l'Oncle Cyril comme il est surnommé souvent – sur le terrain depuis le début de cette crise, une des plus graves traversées par le pays depuis l'avènement de la démocratie post-apartheid.

Il s'est dit extrêmement préoccupé par ce qui s'est passé ici, précisant que les violences dans la province zouloue avaient fait 95 morts, quatre de plus qu'annoncé la veille, portant le bilan total à au moins 121 morts.

Les destructions nous font revenir en arrière, pour ce qui est de la reprise économique, a encore regretté le président, qui a dit être resté en contact, heure par heure, avec les responsables de la province et les forces de l'ordre.

Nous aurions pu faire mieux, nous avons été débordés par la situation, a-t-il reconnu, répondant aux critiques sur l'action du gouvernement. Mais cette situation aurait pu être bien pire, si les forces de l'ordre n'avaient pas été au rendez-vous, a-t-il assuré.

Des hommes armés autour d'un feu, la nuit.

Des hommes armés organisent un barrage routier à Phoenix, au nord de Durban, pour empêcher les pillards d'atteindre la communauté.

Photo : AFP / Guillem Sartorio

Il a promis aussi que jusqu'à 25 000 soldats, 10 fois plus qu'en début de semaine, seraient bientôt opérationnels pour sécuriser un calme encore précaire.

À ce jour, plus de 2500 personnes ont été arrêtées, selon le bilan le plus récent.

Appel au calme

Arrivé en hélicoptère dans le township d'Alexandra au nord de la capitale économique, le chef d'état-major des armées, le général Rudzani Maphwanya, a promis qu'il ne laisserait personne défier l'autorité de l'État. Nous n'allons pas permettre aux voyous, aux escrocs de continuer, a-t-il déclaré.

Il ne faut pas céder à la panique en se ruant vers les magasins dans la crainte des pénuries, a demandé la ministre de l'Agriculture, Thoko Didiza : Nous avons suffisamment de réserves alimentaires dans le pays.

Mais des habitants de Durban, qui continuaient à patienter dans de longues queues devant les supermarchés, ont évoqué une pénurie de pain notamment.

À Johannesburg, le cœur lourd, en plein hiver austral glacial, beaucoup ont continué à déblayer, réparer, nettoyer, pour accélérer un retour à une vie normale. Mais les dégâts sont considérables, peu de commerçants vandalisés étaient assurés et le travail à faire parfois décourageant, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Dans le Kwazulu-Natal, les nerfs restent à fleur de peau, notamment à Phoenix, un township près de Durban, dans un contexte de tensions raciales.

Des Sud-Africains d'origine indienne voulant défendre leur communauté sont accusés d'y avoir tué 20 pillards présumés, tous noirs.

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