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Près de 130 morts : l’Europe sous le choc après les inondations

Des maisons entourées de rivières d'eau à proximité de l'emplacement d'un glissement de terrain.

Erftstadt-Blessem en Allemagne a été complètement défigurée par la crue des eaux.

Photo : Reuters / Rhein-Erft-Kreis

Agence France-Presse

Le bilan des inondations dévastatrices en Europe a grimpé vendredi à près de 130 morts, la plupart en Allemagne, alors que de nombreuses personnes sont toujours portées disparues, ce qui fait craindre une tragédie bien plus grave encore.

Il s’agit de la pire catastrophe naturelle dans ce pays depuis plus d’un demi-siècle. La Belgique voisine paie aussi un lourd tribut avec au moins 20 décès, selon le dernier bilan du gouvernement.

Il se pourrait que ces inondations soient les plus catastrophiques que notre pays ait jamais connues, a affirmé le premier ministre Alexander De Croo, en décrétant mardi une journée de deuil national. Les pluies diluviennes ont en outre causé de nombreux dégâts aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Suisse.

Un homme observe de haut une quantité importante de détritus de toutes sortes amoncelés dans le tunnel.

À Verviers, en Belgique, des détritus charriés par les inondations se sont amoncelés dans un tunnel routier.

Photo : Reuters / Yves Herman

Mais c’est l’ouest de l’Allemagne qui a été le plus touché par les crues subites avec, dans cette seule région, au moins 108 morts, selon le dernier bilan vendredi soir. Le nombre de morts, que nous découvrons, a augmenté, a indiqué dans la soirée le ministre de l’Intérieur de Rhénanie-Palatinat, Roger Lewentz, qui a confirmé cinq nouveaux décès.

Cette région est l’une des deux plus touchées, l'autre étant la Rhénanie du Nord-Westphalie voisine. Nous vivons ici depuis plus de 20 ans et nous n’avons jamais vécu quelque chose comme ça, c’est comme si nous étions en guerre, témoignait auprès de l’AFP Hans-Dieter Vrancken, 65 ans, un habitant de Schuld, village de Rhénanie-Palatinat largement détruit.

Deux hommes s'affairant dans les décombres, au milieu de la ville démolie.

De nombreuses localités de cette zone présentent une image de désolation et le bilan pourrait encore grimper. Au fur et à mesure que les caves se vident ou qu’on pompe l’eau, nous ne cessons de tomber sur les corps de gens qui ont laissé leur vie dans ces flots, ce qui fait que je ne peux pas me prononcer sur le bilan final, a déploré Roger Lewentz.

Des dizaines de personnes sont encore portées disparues dans ces deux régions. Près de Cologne à Erfstadt, une portion de village s’est littéralement effondrée sur elle-même à la suite d'un glissement de terrain vendredi. Les images, spectaculaires, de la zone sinistrée montraient un vaste cratère béant dans lequel se déversaient des masses de terre, d’eau brune et de débris. Les autorités ont indiqué que plusieurs personnes y avaient perdu la vie.

Vue aérienne d'un énorme cratère qui s'est formé à proximité d'un village, dans lequel se déversent des trombes d'eau.

À Erftstadt-Blessem, près de Cologne, un glissement de terrain a emporté vendredi des maisons.

Photo : via reuters / Rhein-Erft-Kreis

Ce sont surtout de petits cours d’eau, peu protégés, qui sont sortis brutalement de leur lit sous l’effet de pluies en forme de déluge, envahissant des dizaines de zones habitées construites souvent sur des zones inondables. Seul point positif : le niveau de l’eau a commencé à redescendre vendredi.

Près d’un millier de soldats ont été mobilisés pour aider aux opérations de secours et de déblaiement. Car désormais les réparations doivent commencer : les conduites de gaz ou de téléphone sont inutilisables en de nombreux endroits, des centaines de personnes sont sans abri.

À Ahrweiler, toujours en Rhénanie-Palatinat, plusieurs maisons se sont effondrées. Sous les décombres, la ville donne le sentiment d’avoir été victime d’un tsunami.

À 23 h 30, il n’y avait qu’un peu d’eau, à 1 h du matin, tout était sous l’eau. Notre appartement, notre bureau, les maisons de nos voisins, tout était sous l’eau. En 15 minutes. C’était très rapide.

Une citation de :Agron Berischa, sinistré du district d’Ahrweiler

C’est une catastrophe unique, d’une ampleur sans précédent, souligne Gerd Landsberg, directeur général de l’Association allemande des villes et municipalités. À en juger par les dégâts, des milliards d’euros sont en jeu, chiffre-t-il.

Ces intempéries ont placé la question du réchauffement climatique au centre de la campagne électorale, qui bat son plein en Allemagne en vue du scrutin législatif du 26 septembre, au terme duquel Angela Merkel quittera le pouvoir.

Une rue allemande

Une rue ravagée par les crues à Ahrweiler-Bad Neuenahr, en Allemagne.

Photo : AFP / Christof Stache

Une atmosphère plus chaude retient en effet davantage d’eau et peut provoquer des précipitations d’extrême intensité. Celles-ci peuvent avoir des conséquences particulièrement dévastatrices en zone urbaine, avec des cours d’eau mal drainés et des constructions en zone inondable.

Tous les candidats rivalisent de promesses, à deux mois et demi des élections. Le président de la République fédérale, Frank-Walter Steinmeier, a exhorté, dans une déclaration solennelle, à lutter résolument contre le réchauffement climatique.

Angela Merkel, actuellement en visite aux États-Unis, a prévu de se rendre bientôt sur les lieux des inondations. Ces inondations confirment ce que dit la science sur le réchauffement climatique, a dit vendredi à Dublin la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

En Belgique, une vingtaine de personnes sont toujours portées disparues et 21 000 habitants sont privés d’électricité. L’armée a été déployée dans quatre des dix provinces du pays pour participer aux secours et notamment aux nombreuses évacuations.

La situation pourrait aussi s’aggraver en Suisse, avec des risques de crues de plusieurs lacs et cours d’eau.

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