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Une marche de 2100 km pour les victimes des pensionnats pour Autochtones

Des marcheurs le long de l'autoroute.

Lorraine Netro, au centre gauche, et Jacqueline Shorty, à droite, en direction sud sur l'autoroute Klondike près de Whitehorse le 26 juin.

Photo : Radio-Canada / Chris MacIntyre

Un groupe de marcheurs provenant du Yukon et du nord de la Colombie-Britannique a traversé à pied la moitié des 2100 km qui séparent Whitehorse de Kamloops. Ils veulent aller y honorer les victimes des pensionnats pour Autochtones.

La marche intitulée Warriors Walk for Healing Nations (la marche des guerriers pour les nations en guérison) a commencé le 26 juin à Whitehorse.

Au départ, le groupe était composé de trois marcheurs. Mais plusieurs se sont ajoutés le long du chemin. Ils étaient 14 lorsqu’ils sont arrivés dans la collectivité de Kitwanga, cette semaine.

Jacqueline Shorty, du voyage depuis le début, explique que le périple est un défi, surtout avec la chaleur des dernières semaines.

Mais, malgré la fatigue, les coups de soleil et les muscles endoloris, il s’agit d’une expérience hautement enrichissante dit-elle.

Des marcheurs dans un champ.

Les marcheurs ont commencé leur périple sur l'ancien site du Yukon Hall à Whitehorse, qui était autrefois un pensionnat pour Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Chris MacIntyre

C'est un voyage incroyable jusqu'à maintenant, dit Mme Shorty. Puisque nous parcourons beaucoup de terrains, nous devons compter les uns sur les autres. Nous sommes devenus très proches.

Selon elle, tous les marcheurs ont quelqu'un en tête en marchant. Pour moi, c’est souvent à ma mère qui est allée au pensionnat que je pense, se confie Jacqueline Shorty.

Quatre personnes devant une affiche où il est inscrit en anglais : « Marche des guerriers pour les Nations en guérison ».

Des membres de l'équipe lors d'une pause à Good Hope Lake en Colombie-Britannique.

Photo : Soumise par Jacqueline Shorty

Lorsque j’ai une mauvaise journée ou de la difficulté à marcher, que mes mollets et mes tibias me font mal, je pense à ma mère qui devait marcher de Carcross à Telsin pour rentrer chez elle l’été et à tous ces enfants qui n’ont pas pu rentrer chez eux.

C’est comme si nous étions tout le temps en train de prier.

Une citation de :Jacqueline Shorty, Warriors Walk for Healing Nations

Les marcheurs se relaient afin de pouvoir couvrir la distance plus rapidement. Ils s’assurent aussi de s’arrêter dans chaque communauté le long du trajet pour y rencontrer ses membres et ses aînés.

Entre les longues heures de marche, ce sont ces arrêts et ces rencontres qui leur donnent le plus d’énergie, explique Jacqueline Shorty.

Ils ont fait des cercles de prières avec toutes les communautés où ils sont passés, raconte la marcheuse. Souvent, des membres de la communauté leur offrent de faire une partie du trajet pour eux ou avec eux.

Quand ils marchent, ça leur donne l’occasion de penser à tout ça, aux enfants disparus et à leur propre guérison, raconte-t-elle. Ils nous racontent leurs histoires, il y a souvent des larmes, mais ça fait partie de la mission [de guérison] que nous nous sommes donnée.

Un groupe de personnes sur la route.

Les employés de la minière Newcrest ont accueilli les marcheurs lors de leur passage dans la collectivité de Iskut dans le nord de la Colombie-Britannique. Partout où ils vont, les guerriers marcheurs sont accueillis à bras ouverts.

Photo : Soumise par Jacqueline Shorty

Le groupe espérait pouvoir atteindre Kamloops d’ici le 6 août, mais préfère à présent prendre son temps pour éviter les blessures ou l’épuisement. Ils ont donc choisi de laisser le parcours décider de leur date d'arrivée.

La plupart d’entre nous ne sont pas des marcheurs, nous ne sommes pas des passionnés d’exercice, explique-t-elle. Nous sommes grands-parents et descendants de survivants. Nous faisons du mieux que nous pouvons.

Jacqueline Shorty fait une accolade à une amie.

Jacqueline Shorty, à droite, se dit touchée par tout le soutien que le groupe a reçu jusqu'à présent.

Photo : Radio-Canada / Chris MacIntyre

D'après une entrevue d'Elyn Jones

Aide et soutien

  • Une ligne téléphonique bilingue d'aide aux anciens des pensionnats pour Autochtones et aux personnes touchées par les pensionnats offre un soutien psychologique et fournit des références pour l'obtention d'aides. Elle est disponible 24 heures sur 24, au 1 866 925-4419.
  • La Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être (Nouvelle fenêtre) apporte une aide immédiate à tous les membres des peuples autochtones, avec des conseillers sensibilisés aux réalités culturelles au téléphone (1 855 242-3310) ou par clavardage. De l'aide est également disponible sur demande en cri, ojibwé ou inuktitut.
  • La Colombie-Britannique propose également deux services de soutien, en anglais. La ligne téléphonique KUU-US est offerte aux membres des Premières Nations, en tout temps, par téléphone au 1 800 588-8717, ou sur le web au kuu-uscrisisline.com (Nouvelle fenêtre)
  •  (Nouvelle fenêtre)La Indian Residential School Survivors Society, en Colombie-Britannique, offre également une ligne de crise au 1-866-925-4419.

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