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La ville de Lillooet, à proximité de deux feux de forêt, « se prépare au pire »

De la fumée au-dessus d'une colline, vue depuis la cour arrière d'une maison.

La petite ville de Lillooet, au bord du fleuve Fraser, est aux prises avec deux incendies de forêt dans le secteur, celui de McKay Creek et celui de Lytton.

Photo : Debra Walker

La petite ville de Lillooet, située environ à mi-chemin entre Lytton et Pemberton, est dans une position délicate, avec le feu de McKay Creek au nord et celui de Lytton au sud. Même si la situation s’est stabilisée cette semaine, les habitants se préparent au pire.

Quand le vent commence à souffler un peu fort, je prends une grande inspiration, confie la comptable Debra Walker, nerveuse.

Elle et de nombreux résidents de Lillooet se rappellent l’incendie du mont McLean, qui avait forcé en 2009 l’évacuation de toute la partie ouest de la petite ville traversée par le fleuve Fraser.

C’était une expérience surréelle de regarder l’incendie faire rage de l’autre côté de la ville, raconte Liz Mason, dont la maison était alors en cours de construction sur la rive est du cours d’eau. Nous étions assis sur notre terrasse et nous ne pouvions pas nous empêcher de regarder.

Une maison devant une colline en flammes.

L'incendie du mont McLean, en 2009, avait menacé de nombreuses habitations aux alentours de Lillooet.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Les pompiers forestiers, à l’époque, avaient réussi à contenir l’incendie et à protéger le centre-ville de Lillooet.

Le village de Lytton, ravagé fin juin par les flammes, n'a pas eu la même chance.

L’incendie de McKay Creek, situé à une dizaine de kilomètres au nord, ne menace pas directement Lillooet pour le moment, mais il mobilise d’importantes ressources de BC Wildfire, le service de lutte contre les incendies de la Colombie-Britannique.

Une base importante pour les pompiers forestiers

Liz Mason possède un petit immeuble commercial dans la rue principale. Un local y était encore vide il y a quelques semaines, faute de locataire en raison de la pandémie.

Cependant, peu après le déclenchement de l’incendie de McKay Creek, le 29 juin, elle a offert à BC Wildfire de le réaménager pour y loger des pompiers.

Une dizaine de membres des équipes de nuit y dorment maintenant chaque jour.

Nuage de fumée provoqué par le feu de forêt à l'est de Lillooet.

La fumée des feux de forêt est souvent visible depuis Lillooet.

Photo : La Presse canadienne

Rideaux épais pour empêcher la lumière d’entrer, oreillers et couvertures, petit réfrigérateur, machines à café, collations : la population locale a répondu à l’appel lancé sur la page Facebook locale par Debra Walker, dont le bureau se trouve dans le même bâtiment.

Liz Mason se dit émue de voir les pompiers épuisés lorsqu’ils rentrent le matin après leur quart de travail.

On sait qu’ils risquent leur vie et qu'ils donnent tout ce qu’ils peuvent pour être sûrs que nos maisons restent debout, dit-elle. C'est vraiment la moindre des choses de leur offrir un endroit frais et reposant où dormir.

Des pompiers québécois à Lillooet

Parmi les pompiers logés à Lillooet se trouve le Québécois Robin Tremblay, qui travaille pour la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU).

Venu en appui à BC Wildfire avec une quarantaine de collègues du Québec, il combat le feu de McKay Creek, qui fait près de 250 kilomètres carrés et mobilise une centaine d’effectifs.

Débordés de travail lorsqu’ils ne sont pas en train de se reposer, les pompiers ont des interactions minimales avec les résidents, mais elles sont empreintes de respect, affirme Liz Mason.

On n’a pas beaucoup de contacts, on les voit un petit peu, dit pour sa part Robin Tremblay. Mais on est bien vus, ça, c’est certain.

Des pompiers de la SOPFEU discutent ensemble et avec une collègue du service de lutte contre les incendies de la Colombie-Britannique.

40 pompiers forestiers du Québec ont été envoyés en Colombie-Britannique au début du mois de juillet.

Photo : SOPFEU-Page officielle (Facebook)

Se préparer au pire

Le district de Lillooet se prépare au pire, indique le directeur des Services de protection, Darren Oike.

Si jamais une alerte ou un ordre d’évacuation est donné, il faut être prêt, dit-il.

Un plan de contingence pour évacuer jusqu’à 3000 personnes est en place, assure M. Oike, qui ajoute que les municipalités de la région Sea-to-Sky, qui comprend Whistler et Squamish, sont prêtes à accueillir une bonne partie de la population de Lillooet.

En contact constant avec BC Wildfire et des experts météo d’Environnement Canada pour déterminer si une évacuation serait nécessaire, il se réjouit que la situation se soit stabilisée cette semaine à McKay Creek grâce entre autres à des températures qui ne dépassent plus les 30 degrés Celsius et à un peu de pluie.

Le feu semble se calmer, il y a beaucoup moins de fumée, confirme le pompier Robin Tremblay.

La situation pourrait cependant changer plusieurs fois dans les prochaines semaines puisqu'il reste deux mois d'été.

Avec le vent et la chaleur, il faut seulement quelques jours pour que tout redevienne sec, affirme Debra Walker, mais je sais que nous sommes entre bonnes mains.

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