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Que pouvez vous attendre du prochain maire de Gatineau?

Montage photo de Jacques Lemay, France Bélisle, Rémi Bergeron, Jean-François LeBlanc et Maude Marquis-Bissonnette.

De quel type de leadership la quatrième plus grande ville du Québec a-t-elle besoin?

Photo : Radio-Canada / Photos : Facebook/Jacques Lemay /Site web/France Bélisle / Facebook/Rémi Bergeron / Site web/Jean-François LeBlanc / Site web/Action Gatineau

Quels défis attendent celui ou celle qui prendra les commandes de la Ville de Gatineau? De quel type de leadership la quatrième ville du Québec a-t-elle besoin? Des acteurs et des spécialistes du monde municipal répondent à ces questions.

Ancienne députée libérale et néo-démocrate de Gatineau à la Chambre des communes et maintenant analyste politique sur le Réseau de l'information (RDI), Françoise Boivin garde un œil bien ouvert sur sa circonscription. Elle s'attend à ce que les élections municipales de novembre 2021, soient très différentes des précédentes.

On sort d’une pandémie et les enjeux seront différents. Ça va être important de reprendre l’activité politique municipale visuelle, argue l’ex-députée, qui prédit un plus grand appétit pour un gouvernement de proximité.

Ce fut l’une des faiblesses du règne du maire sortant, évalue-t-elle. Maxime Pedneaud-Jobin et Action Gatineau n’ont pas réussi à créer un engouement pour la politique municipale participative.

Garder Gatineau sur « la mappe »

En ce qui concerne les réussites, Mme Boivin retient du règne de Maxime Pedneaud-Jobin que ce dernier a réussi le pari qu’il s’était lui-même lancé : mettre Gatineau sur la mappe.

Je pense qu’il n’y a plus personne qui ne sait pas que Gatineau est la quatrième plus grande ville du Québec.

Une citation de :Françoise Boivin, membre des Mordus de politique au Réseau de l’information (RDI)

Françoise Boivin rappelle que le maire fut très impliqué dans la réforme de la fiscalité municipale. Notamment,il est allé chercher un point de TVQ lors de la signature du pacte fiscal 2020-2024. C’est aussi grâce à l’initiative menée par le maire que l'Assemblée nationale a reconnu en 2019 le retard de la région de l'Outaouais dans le financement public en santé, en éducation et en culture.

Cette visibilité a été bénéfique, estime Karl Bélanger, le président de Traxxion Strategies, ancien porte-parole néo-démocrate et maintenant chroniqueur politique au réseau Cogeco.

En faisant de Gatineau un joueur important dans les assises provinciales et fédérales, Maxime Pedneaud-Jobin a augmenté le poids politique de la Ville, dit-il.

Le chroniqueur pense que ce travail de représentation a permis de rattraper une partie des services provinciaux, en santé et en éducation, qui avaient échappé à Gatineau — et par extension à l'Outaouais — parce qu’elle a longtemps été considérée comme une banlieue d’Ottawa. Ce travail de représentation devra être maintenu, appuie Françoise Boivin.

Je pense qu’un candidat qui dit que : "Je ne veux plus rien savoir de ça!", n’aurait pas mon vote. Maxime Pedneaud-Jobin a mis la table là-dessus et [les maires qui suivront] n’ont juste qu’à continuer le bon travail qui a été fait à ce niveau-là.

Un leader avec une vision rassembleuse

La prochaine personne à la tête du conseil municipal de Gatineau devra donc faire preuve de leadership, et ce à plusieurs niveaux.

Alors que dans le passé, l’image du municipal était beaucoup plus une question de tuyaux, d’égouts et de pavage des rues, les villes sont aujourd’hui de plus en plus appelées à s’occuper de dossiers qui touchent l’immigration, le développement social et le développement des richesses, constate Guy Chiasson, professeur au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Il serait impensable, selon lui, que le prochain maire ou la prochaine mairesse retourne à un rôle municipal plus traditionnel. Karl Bélanger, voit la chose du même œil.

L’électeur veut savoir quelle sera la vision des candidats pour faire progresser Gatineau et en faire un véritable pôle de développement économique, un pôle culturel et un leader au niveau environnemental.

Une citation de :Karl Bélanger, président de Traxxion Strategies

Le portrait-robot du bon maire, c’est le maire leader, renchérit Guy Chiasson. Pas celui qui gère seulement les finances publiques avec parcimonie, mais quelqu’un qui développe des projets et qui est capable de créer des liens et des ententes avec une pluralité de partenaires.

À l’échelle régionale, le nouveau maire de Gatineau devra notamment travailler de concert avec les autres élus de l’Outaouais afin de faire avancer des dossiers communs. Cela inclut aussi les membres du conseil municipal.

Or, ce n’est pas un secret, la présence d’Action Gatineau à la table du conseil a contrarié un bon nombre d’élus indépendants qui ont régulièrement accusé le maire et son parti de manquer de transparence en plus d’imposer un agenda politique. Avec le départ de nombreux conseillers qui ont décidé de ne pas renouveler leur mandat, ce sera l'occasion pour le maire ou la mairesse d’établir des relations de travail plus portées sur la collégialité.

Savoir s’aligner avec des gens, c’est un peu une forme de leadership.

Une citation de :Françoise Boivin, membre des Mordus de politique au Réseau de l’information (RDI)

Le prochain maire qu’il soit à la tête d’un parti politique ou non devra trouver une façon de rassembler une majorité d’élus autour des principales orientations politiques de la ville.

Quand tu es le leader, c'est toi qui doit prendre une décision, mais c’est surtout comment tu prends cette décision-là [qui compte]. Il y en a qui la prennent tout seul... bonne chance! Ça ne fonctionne plus, cette façon-là!, lance Françoise Boivin.

Réchauffer les relations avec le monde des affaires

Si Gatineau est devenue une grande ville, elle n’a pas encore tous les moyens de ses ambitions, tempère Stéphane Bisson, le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG).

On peut toujours en faire davantage, glisse l’homme d’affaires, pour qui Gatineau peine à se démarquer sur l’échiquier économique. Quand vient le temps de parler de développement économique, disons qu’il y a autre chose que Montréal et Québec en province, ironise-t-il.

M. Bisson aurait souhaité un meilleur accompagnement pour les entreprises au cours du dernier mandat. Par exemple, il cite des aspects négatifs qui perdurent au sein du département de l’urbanisme et qui freinent le développement économique et frustrent les entrepreneurs de la région.

Le département d’urbanisme, c’est comme les urgences à l’hôpital.

Une citation de :Stéphane Bisson, président Chambre de commerce de Gatineau

Il y a des gens hyper motivés et engagés à l’urbanisme, mais il y a aussi un grand problème de roulement de personnel, affirme M. Bisson. Cette situation nuit au développement de la ville dans son ensemble et n’est pas digne d’une Ville qui se targue d’être la quatrième en importance au Québec.

Le président de la CCG veut donc un maire innovant, capable d'offrir des conditions gagnantes aux entrepreneurs. La nouvelle administration doit être disponible et ouverte à rencontrer les citoyens qui veulent mettre des projets sur pied.

Comment faire pour que la Ville puisse être business friendly?

Une citation de :Stéphane Bisson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

Gatineau a le potentiel de devenir un pôle économique important, juge Stéphane Bisson, mais encore faut-il qu’elle facilite la tâche aux entrepreneurs en mettant en place des initiatives qui stimuleront une réelle culture entrepreneuriale.

Il y a déjà quelque chose de super intéressant qui se fait à ID Gatineau, qui est un bel organe mis sur place par la Ville, mais comment est-on en mesure d’aller plus loin?, se demande M. Bisson.

Poursuivre le partenariat avec Ottawa

Au cour des dernières années, Maxime Pedneaud-Jobin et le maire d’Ottawa Jim Watson ont travaillé de concert sur des dossiers importants, tels que le transport en commun et le tourisme. Parmi leur fait d'armes, on pourra retenir qu'ils ont obtenu un siège au conseil de la Commission de la capitale nationale (CCN).

Sur le terrain, Guy Chiasson voit les bénéfices de cette alliance. La collaboration entre les deux villes a eu une incidence sur le développement économique et a permis d’attirer plus d’emplois, comme le vantaient récemment les deux maires.

Il y a eu une collaboration avec le maire d’Ottawa comme il n’y en a jamais eu auparavant.

Une citation de :Guy Chiasson, professeur au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais

Le défi du prochain maire ou de la prochaine mairesse sera de garder les canaux de communication ouverts avec le maire Watson, pour l'instant, et possiblement son successeur, l’année prochaine.

Il serait de plus en plus difficile pour un prochain maire de dire que ça ne l’intéresse pas d'avoir une relation avec Ottawa, dit Guy Chiasson. C’est quelque chose qui s’est un petit peu établie et qui devient — entre guillemets — la norme.

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