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Le général à la retraite Jonathan Vance accusé d'entrave à la justice

Portait d'un homme en habit militaire, l'air sérieux.

L'ex-chef de la Défense nationale canadienne, Jonathan Vance, est accusé d'entrave à la justice.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) a porté, jeudi, une accusation d'entrave à la justice contre le général à la retraite Jonathan Vance.

L'infraction alléguée serait survenue pendant l'enquête qu'a entamée le SNEFC, en février dernier, après que l’ancien chef de la Défense canadienne eut fait l'objet d’allégations d’inconduite de nature sexuelle.

Cette enquête a été ouverte à la suite de la publication d'un rapport faisant état de présumés comportements inappropriés que Jonathan Vance aurait eus à l'encontre de subordonnées féminines.

L'ex-chef d'état-major a nié ces allégations.

Le SNEFC affirme qu'il ne divulguera pas plus d'information sur cette infraction alléguée, qui est portée en vertu de l'article 139 du Code criminel.

Le SNEFC est une unité spécialisée du Groupe de la police militaire des Forces canadiennes. Son mandat principal est d’enquêter sur les dossiers de nature grave et délicate.

Le général à la retraite devra se présenter en cour provinciale le 17 septembre.

Cette accusation survient dans un contexte de crise pour les Forces canadiennes, qui ont vu un certain nombre de leurs hauts dirigeants être visés par des allégations d'inconduite sexuelle.

En février dernier, trois semaines après l'ouverture d'une enquête sur les allégations contre Jonathan Vance, il avait été révélé que l'amiral Art McDonald faisait, lui aussi, l'objet d'une enquête de même nature. L'amiral, qui avait succédé au général Vance à la tête des Forces armées, s'est volontairement retiré de ses fonctions, le temps que l'enquête suive son cours.

En mars, une enquête a été entreprise sur des allégations de comportements inappropriés auprès de subordonnées qu'aurait eus le vice-amiral Haydn Edmundson, responsable des ressources humaines au sein des Forces armées canadiennes.

En mai, une enquête militaire a été ouverte sur une allégation d'inconduite sexuelle visant, cette fois, le major-général Dany Fortin. Ce dernier, qui était responsable de la campagne de vaccination à l'échelle du Canada, a alors quitté son poste au sein de l'Agence de la santé publique.

Le dossier du major-général Dany Fortin se trouve désormais au Québec, entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Justin Trudeau et Harjit Sajjan sur la sellette

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a confié en avril à l'ex-juge de la Cour suprême Louise Arbour le soin de mener un examen indépendant du traitement par l'armée des agressions sexuelles, du harcèlement et d'autres inconduites.

Aux yeux du premier ministre Trudeau, cet examen indépendant est nécessaire pour corriger le système actuel inadéquat.

L'affaire entourant Jonathan Vance a conduit Katie Telford, cheffe de cabinet de Justin Trudeau, à témoigner, en mai, devant le Comité permanent de la Défense nationale de la Chambre des communes.

Katie Telford de même que le premier ministre affirment n'avoir appris la nature de l'allégation visant M. Vance que lors de la publication d'un reportage sur le sujet.

Mais l'opposition à la Chambre des communes met en doute cette version des faits.

Bombardé de questions en Chambre, le premier ministre avait reconnu en mars que des membres de sa garde rapprochée savaient, dès 2018, que le chef d'état-major Vance était visé par une allégation d'inconduite sexuelle.

Quant au ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, il aurait été informé de l'affaire dès 2018, selon l'ancien ombudsman militaire Gary Walbourne qui a lui aussi témoigné devant le Comité permanent de la Défense nationale.

Le ministre Sajjan s'est par la suite dit en désaccord avec certaines parties du témoignage de M. Walbourne. Il a assuré que toutes les allégations qui ont été faites ont été très rapidement soumises aux autorités compétentes, tout en respectant la nécessité de protéger la vie privée de toutes les personnes impliquées. Toute suggestion selon laquelle j'ai agi autrement est erronée.

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