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Malgré des divergences, Merkel et Biden affichent un front uni

Devant des drapeaux américains et allemands, Joe Biden est tourné vers Angela Merkel, qui sourit.

Sourires et compliments étaient au rendez-vous lors de la première visite qu'Angela Merkel a rendue au président américain Joe Biden.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Le président Joe Biden a accueilli pour la première fois à la Maison-Blanche, jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel. Une visite qui a, pour elle, toutes les chances d'être sa dernière avant son départ de la chancellerie et qui suit quatre années de relations difficiles avec le précédent président américain.

Les bons amis peuvent avoir des désaccords, a déclaré Joe Biden au cours de la conférence de presse conjointe donnée à l'issue de leur entretien.

Une phrase lancée au sujet du projet de gazoduc Nord Stream 2, mais qui résume bien ce qui transparaissait devant les caméras. Et qui reflète aussi l'approche diplomatique de Joe Biden et incarne un changement de ton par rapport à l'ère Trump, pourfendeur du multilatéralisme.

Avant leur tête-à-tête de plus d'une heure derrière des portes closes, le président démocrate avait dit devant les médias qu'il considérait son invitée comme une amie personnelle ainsi que comme une grande amie des États-Unis.

Le ton était donné, avant d'être réaffirmé plus d'une heure plus tard. Nous sommes non seulement des partenaires et des alliés, mais aussi des amis très proches, a renchéri la chancelière allemande après leur entretien.

Pendant ses quatre ans au pouvoir, le précédent occupant de la Maison-Blanche a multiplié les récriminations envers les pays alliés, et notamment Berlin et Mme Merkel. Lors de la séance photo de leur première rencontre à la Maison-Blanche, Donald Trump et elle ne s'étaient pas serré la main.

Interrogée par un journaliste sur les différences entre Joe Biden et son prédécesseur, Angela Merkel a cependant sagement évité de comparer les deux hommes.

Même si les rapports sont fort probablement plus chaleureux qu'à l'époque de Donald Trump, cela ne signifie pas que les différends sont tous aplanis.

Le pipeline de la discorde

Une grue déplace des tuyaux du gazoduc Nord Stream 2.

Des tuyaux du gazoduc Nord Stream 2 arrivent dans le port de Mukran, en Allemagne, en juin 2019.

Photo : Getty Images / Axel Schmidt

Les États-Unis voient par exemple d'un mauvais œil le projet de gazoduc Nord Stream 2, qui doit alimenter l’Allemagne en gaz russe via la mer Baltique, sans passer par l'Ukraine.

Bien que j'aie réaffirmé mon inquiétude à propos de Nord Stream 2, la chancelière Merkel et moi partageons absolument la conviction qu'il ne faut pas laisser la Russie utiliser l'énergie comme une arme pour contraindre ou menacer ses voisins, a soutenu M. Biden.

Récemment, il a cependant renoncé aux sanctions pesant sur une entreprise russe liée à ce projet de grande envergure qui est presque achevé.

Nous sommes unis et nous continuerons de l'être pour défendre nos alliés du flanc est de l'OTAN contre l'agression russe.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

L'Ukraine doit rester un pays de transit pour le gaz naturel, a soutenu Mme Merkel, assurant que Berlin était prêt à réagir si Moscou ne respectait pas ce principe. Il existe un certain nombre d'instruments, a-t-elle dit, restant vague sur les détails et évoquant une éventuelle réponse à l'échelle européenne.

Autre contentieux que Mme Merkel a dit avoir soulevé : le maintien de la fermeture des frontières américaines aux touristes d'outre-Atlantique, alors que l'Union européenne a décidé d'ouvrir ses portes aux Américains le mois dernier.

Le processus est en cours, a répondu Joe Biden, interrogé sur une réouverture des frontières. Et je serai en mesure de répondre à cette question dans les prochains jours.

Le président Biden a par ailleurs affirmé que les deux pays défendraient les principes démocratiques et les droits de la personne lorsque nous verrons la Chine ou tout autre pays s'efforcer de saper les sociétés libres et ouvertes. Malgré d'occasionnelles critiques sur la question des droits de la personne, Berlin entretient d'importantes relations commerciales avec Pékin.

À l'instar d'autres dirigeants de pays de l'OTAN, Mme Merkel cherche en outre à obtenir des précisions sur des problèmes posés par le retrait des troupes américaines d'Afghanistan d'ici la fin d'août.

Une partenaire importante

Si c'est la première visite qu'elle rend à l'actuel locataire de la Maison-Blanche, la dirigeante allemande n'en est pas à son premier tour de piste à Washington. Arrivée au pouvoir en 2005, Angela Merkel a vu défiler quatre présidents américains : George W. Bush, Barack Obama, Donald Trump et enfin Joe Biden.

Ce dernier l'a d'ailleurs souligné. Elle connaît le bureau ovale aussi bien que moi, a-t-il blagué.

La relation de travail entre le président Biden et la chancelière Merkel sera cependant de courte durée, puisque celle-ci a renoncé à briguer un cinquième mandat et tirera sa révérence après les élections de septembre.

Rendant hommage à son invitée, il a affirmé qu'elle avait servi son pays et le monde de façon exemplaire. Je vais m'ennuyer de vous à nos sommets, a-t-il dit à celle qui a été une partenaire internationale importante et une leader forte au sein des pays occidentaux.

Mme Merkel a déjà rencontré le président Biden dans des sommets internationaux – celui du G7 au Royaume-Uni, puis de l'OTAN en Belgique, en juin dernier – et également quand il était vice-président, sous Barack Obama.

En soirée, Mme Merkel et son hôte participeront à un souper officiel organisé en son honneur par le couple Biden. La Maison-Blanche a précisé que les anciens secrétaires d'État Colin Powell et Hillary Clinton figuraient sur la liste des invités, tout comme les leaders des minorités républicaines au Sénat et à la Chambre des représentants et du Sénat, Mitch McConnell et Kevin McCarthy.

Plus tôt dans la journée, Mme Merkel, première femme portée à la tête de l'Allemagne, a rencontré la vice-présidente Kamala Harris, première femme à accéder à ce poste. Elle a également reçu un doctorat honorifique de l'Université Johns Hopkins.

Chez elle, le bilan des inondations causées par les orages ayant frappé le centre et l'ouest de l'Europe dans la nuit de mardi à mercredi a rapidement grimpé. « C'est une catastrophe, une tragédie », a réagi Angela Merkel plus tôt, promettant que l'État ferait tout pour venir en aide aux sinistrés.

Le président Biden a amorcé sa conférence de presse en offrant ses condoléances à l'Allemagne.

Avec les informations de Washington Post, Reuters, et Agence France-Presse

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