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Longs voyages et gros sous : dans la peau des forains du Stampede

Matthew Wray devant un de ses quatre stands.

Matthew Wray et sa famille opèrent quatre stands au Stampede cette année.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Ils sont sur la route la moitié de l'année, parcourant des kilomètres entre salons, foires et festivals. Leur petite entreprise familiale a grandi au fil des années, au point de dépasser le million de dollars de chiffre d’affaires annuel, mais ce style de vie demande quelques sacrifices.

Brooke Wray, lunettes autour du cou, n’est pas très bavard. Il préfère laisser à son fils Matthew le soin de partager l’histoire de la famille. Pourtant, Brooke Wray et son frère Bill ont créé un petit empire : Bill Brooke Concession Limited, aussi connu sous le nom de Candy Time.

Les deux frères ont commencé à voyager à travers le Canada dans les années 1970 au volant de leur petite remorque avec un kiosque en bois. Ils vendaient des sucreries dans les foires. Depuis, leurs stands de nourriture sont devenus plus grands, plus colorés, mieux équipés et récoltent surtout plus d’argent.

En vendant du maïs soufflé, des boissons glacées et des barbes à papa, nous pouvons faire entre 100 000 et 500 000 $ par événement avec nos quatre kiosques, explique Matthew Wray, qui reprend les rênes de l’entreprise familiale avec son frère.

Sur la route

Leur succès dépend de deux facteurs : la météo et l’emplacement. Une journée pluvieuse peut faire fondre nos recettes de 30 000 $. Au Stampede, l’idéal est d’être sur la Corral Avenue ou à une intersection.

Avec une dizaine d'événements chaque année, leur chiffre d’affaires dépasse facilement le million de dollars, mais le métier de forain peut être éreintant.

Un enfant tient une crème glacée dans une allée du Stampede.

Nous travaillons très dur quatre mois dans l’année, décrit Matthew Wray. Les journées sont longues. Il faut tenir la cadence, mais c’est amusant comme travail. Nous voyageons et rencontrons plein de gens.

Le plus dur, selon lui, est la distance avec la famille. Je ne vois quasiment pas mes enfants pendant quatre mois. Comme avec mon père quand j’étais petit.

De la Floride à l'Alberta

Au Stampede, l’un des seuls propriétaires de kiosques à nourriture venant des États-Unis, c’est Tristan Ukmar. Chaque année, sa famille part de Floride le 1er juin et ne revient qu’en novembre.

S’il est devenu réputé dans toutes les foires d’Amérique du Nord pour ses pizzas, ce sont les frites qui ont lancé son père dans cette industrie il y a 30 ans.

Tristan Ukmar devant son four à pizza.

Tristan Ukmar est aux commandes des fourneaux de Rick's Pizza.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

L’entreprise familiale, R&J Concessions, fait le tour du continent pendant sept mois avec ses cinq kiosques vendant des plats à base de patates et des pizzas.

Lorsqu’il fait trop chaud, on vend moins de pizzas et plus de boissons, mais c’est sur la nourriture que nous faisons le plus de profit, explique-t-il.

En plus d’être dépendants de la météo, Tristan Ukmar et sa famille doivent organiser minutieusement leurs déplacements entre les États-Unis et le Canada. La pandémie n’a pas facilité les choses.

Nous avons dû anticiper à cause de la quarantaine obligatoire en passant la frontière. Le Stampede est notre première grande foire de l’année. Il a aussi fallu faire des réparations sur nos kiosques avant de partir. Ils n’avaient pas fonctionné durant des mois.

Ces forains américains doivent également jongler avec les cours de change du dollar. Pendant des années, le dollar canadien était plus fort, donc nous faisions plus d’argent en rentrant en Floride. Ces derniers temps, nous essayons plutôt de laisser nos dollars canadiens, ici, au Canada.

Le stand Rick's Pizza dans une allée du Stampede.

La pizza aux cornichons est une des meilleures ventes de Tristan Ukmar dans le stand Rick's Pizza.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Une année au ralenti

Le Stampede 2021 est moins fréquenté que les autres années. Selon ses organisateurs, un quart des stands de nourriture normalement présents ne sont pas venus.

Nous allons sûrement faire 25 % de moins qu’en 2019, pense Matthew Wray, qui s’estime quand même heureux de retravailler, notamment au Stampede qu’il décrit toujours comme l'événement le plus profitable de son année.

Tristan Ukmar est moins optimiste. Un de nos deux stands de pizza a fait deux fois moins de chiffres qu’en 2019. Notre kiosque de patates enregistre une baisse de 30 %. Nous sommes quand même rentables. Une mauvaise année au Stampede reste une bonne année, dit-il.

Après la fin du festival ce 18 juillet, Matthew Wray s’offre deux semaines de pause avec sa famille en Colombie-Britannique, avant de repartir sur les routes, direction Saskatoon, Régina et Winnipeg.

L’année 2021 de Tristan Ukmar sera plus longue que d’habitude. Un grand événement en Floride a été décalé à novembre à cause de la pandémie. Il ne reverra pas son canapé avant mi-décembre.

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