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Non vaccinés, 6000 travailleurs de la santé sont payés pour être testés

Québec rémunère les récalcitrants au vaccin qui doivent passer trois dépistages obligatoires par semaine, parfois en heures supplémentaires.

Une infirmière se lave les mains dans un corridor.

Dans plusieurs installations, les employés non vaccinés n'ont pas la possibilité de se faire tester sur place, et doivent donc se déplacer dans une clinique.

Photo : La Presse canadienne / Mikaela MacKenzie

Même si le personnel de la santé québécois est vacciné à 88 %, les milliers de réfractaires causent du souci dans les établissements. Ces employés doivent prendre des pauses pour se faire obligatoirement tester contre la COVID-19 trois fois par semaine. Et ceux qui n'ont pas accès au dépistage dans leur installation sont rémunérés, avant ou après leurs heures de travail, pour se rendre dans une clinique.

« C'est considéré par certains comme une pause rémunérée », constate une source syndicale dans un CIUSSS de Montréal. Des employés auraient ainsi reçu une centaine de dollars de plus par semaine.

Depuis le 9 avril, un arrêté ministériel impose à ceux qui n'ont pas reçu une dose du vaccin de subir trois dépistages hebdomadaires et de fournir les résultats à leur employeur.

Dans plusieurs installations, les employés non vaccinés n'ont pas la possibilité de se faire tester sur place, et doivent donc se déplacer dans une clinique.

La rémunération additionnelle prévue correspond à une heure de travail par déplacement, confirme le porte-parole du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal, Éric Forest.

Conformément aux règles en vigueur à l’échelle provinciale, les personnes salariées qui doivent se déplacer, à la demande de l’employeur, pour passer un test de dépistage de la COVID-19, avant ou après leur quart de travail, dans une clinique de dépistage désignée, reçoivent une compensation financière correspondant à une heure de travail.

Une citation de :Éric Forest, porte-parole du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal

Aux CIUSSS de l'Est et du Nord-de-l’Île-de-Montréal, ils sont plusieurs milliers à ne pas être vaccinés. Une source dans la direction d'un des établissements fait le constat que cette situation n'est pas du tout favorable dans un contexte de manque de personnel.

Il ne faut pas que le refus de contribuer à l'effort collectif (se faire vacciner) constitue un avantage pécuniaire pour les non vaccinés.

Une citation de :Roxane Borgès Da Silva, professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

Dans les Laurentides, les déplacements sont parfois longs vers le lieu de dépistage. Selon nos informations, les établissements ont demandé et obtenu des tests rapides du ministère afin de réaliser ces tests sur place et éviter des pertes de temps et d'argent.

Les établissements font tout en leur pouvoir, lorsque c’est possible, pour offrir le dépistage sur place. Dans certains milieux, cela ne peut être possible.

Une citation de :Noémie Vanheuverzwijn, porte-parole du ministère de la Santé du Québec

Quand l'employé réalise le dépistage sur place et pendant ses heures de travail, le test rapide lui permet d'obtenir un résultat en 15 minutes sans paiement supplémentaire.

Le ministère indique par ailleurs que les personnes salariées qui peuvent passer un test de dépistage durant leur quart de travail, mais qui choisissent de le passer à l’extérieur ne reçoivent aucune rémunération additionnelle.

Près de 6000 employés obligés de passer des tests par refus du vaccin

Selon les données du ministère de la Santé du Québec, la semaine du 4 au 10 juillet, 5 972 travailleurs de la santé ont subi des tests de dépistage obligatoire, en raison de leur refus de se faire vacciner.

Ce chiffre n'inclut pas les médecins, qui ne sont pas employés du réseau.

Le personnel de santé du Québec a commencé à recevoir une deuxième dose du vaccin au mois d'avril. Tous ceux qui souhaitaient se faire vacciner ont pu l'être.

Selon l'arrêté ministériel, si un travailleur refuse le dépistage systématique, il sera réaffecté ailleurs ou il se verra enlever ses tâches, sans rémunération. Ces mesures visent les travailleurs des urgences, des unités de soins intensifs, des centres d’hébergement et de soins de longue durée, notamment.

En juin, après une éclosion à l'Hôpital Fleurimont de Sherbrooke qui a fait cinq morts, les unités d'hémato-oncologie ont également été soumises à cette exigence. Avant, les employés non vaccinés de ces départements n’avaient pas à subir de tests réguliers, ce qu’avaient dénoncé les médecins spécialistes.

Pas de vaccination obligatoire comme en France

En France, le président Emmanuel Macron a annoncé cette semaine que le personnel soignant devra obligatoirement être vacciné d'ici le 15 septembre.

En Ontario, le gouvernement a réfléchi à cette idée, mais le premier ministre a fermé la porte, jeudi.

L'idée a aussi été évoquée dans un sondage mené par le gouvernement du Québec, ces derniers mois, mais là aussi, les autorités ne sont pas allées de l'avant avec la vaccination obligatoire. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) s'est notamment déclaré contre cette solution.

Avec la collaboration de Chantal Lavigne

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