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Feux de forêt : Red Lake sur le qui-vive

Un avion survole un panache de fumée au-dessus d'une forêt.

Les équipes de lutte contre les incendies de forêt sont à pied d'oeuvre dans la région de Red Lake.

Photo : Avec l'autorisation du ministère des Richesses naturelles et des Forêts.

Radio-Canada

La municipalité de Red Lake a enclenché le système avancé de protection contre les feux, mais n'a pas publié d'ordre d'évacuation alors que deux nouveaux feux non maîtrisés ont été détectés en périphérie de la ville.

Les nouveaux feux ajoutent aux flammes existantes, alors que deux des feux les plus menaçants de la région sont également situés à proximité de la ville.

Le feu Red Lake 077 est situé à 20 km à l'ouest de Red Lake et mesure 19 000 hectares. À 10 km au nord de ce feu, Red Lake 016 et Red Lake 067 ont fusionné et couvrent environ 120 000 hectares.

Si les trois incendies se rejoignent - un scénario jugé tout à fait plausible par les autorités - le feu pourrait atteindre une taille de 150 000 hectares, soit 280 310 terrains de soccer.

Une carte de l'Ontario montrant où se trouvent les feux de forêt en activité.

Le risque d'incendie est notamment extrême près des frontières avec le Manitoba et le Minnesota.

Photo : Ministère des Richesses naturelles et des Forêts

Les résidents n'ont pas reçu l'ordre d'évacuer les lieux

Le maire de la ville, Fred Mota, conseille aux résidents de se tenir prêts à évacuer, mais aucun ordre n'a été donné.

Après plusieurs jours d'incertitude, Bonnie N. Mark a pris la décision de partir de manière préventive.

Lors de l'évacuation l'an dernier, nous avons littéralement conduit à travers le feu pour quitter la ville, c'était la nuit, on ne voyait rien, explique-t-elle. On est arrivés au Manitoba, épuisés et paniqués, et il n'y avait pas de chambre pour nous.

« Cette année, nous n'allons pas attendre d'être complètement entourés des flammes avant de partir. Nous avons pris la décision de partir avant que ça empire.  »

— Une citation de  Bonnie N. Mark, résidente de Red Lake

Mme Mark, son partenaire et son chien ont quitté la ville plus tôt aujourd'hui, alors que la visibilité sur la route était bonne.

Les villes du Nord accueillent les évacués

L’artiste Stéphane Paquette, dont la conjointe est infirmière praticienne au centre de santé Shkagamik-Kwe, a prêté main-forte lors de l’arrivée des évacués arrivés à Sudbury ce jeudi.

Le personnel du centre et des bénévoles se sont affairés à distribuer de la nourriture aux évacués.

Ces gens-là ont été pris dans des centres communautaires pendant des heures avant les vols, explique M. Paquette.

« Moi j’étais juste le "coureur". Je suis allé chercher des cafés et d’autres choses pour les gens. »

— Une citation de  Stéphane Paquette, bénévole

Stéphane Paquette a souligné aussi la contribution des conducteurs d’autobus, qui ont transporté les évacués depuis l’aéroport jusqu’à l’Université Laurentienne en pleine nuit. Ça a été une longue journée.

Un autobus de la Ville de Sudbury.

Des conducteurs d'autobus de GOVA ont travaillé une partie de la nuit.

Photo : Stéphane Paquette

La Croix-Rouge a pris en charge les évacués qui se trouvent au campus de la Laurentienne.

Deux autres avions étaient attendus plus tard jeudi, selon Stéphane Paquette.

Nombre d'évacués, en date de mercredi soir dernier :

  • 560 personnes de la Première Nation de Poplar Hill
  • 550 personnes de la Première Nation de Deer Lake
  • 590 personnes de la Première Nation de Pikangikum

Les évacués ont été accueillis par Thunder Bay, Cochrane, Timmins et Cornwall.

La barrière de la langue

C'est la première fois que des résidents de Poplar Hill se trouvent à Kapuskasing. Beaucoup d'entre eux ne parlent que l'ojibwé.

La traduction est un peu un défi en ce moment, a déclaré Guylain Baril, directeur général de Kapuskasing. Certains membres de la communauté de Poplar Hill qui parlent anglais aident en tant que traducteurs.

Kapuskasing a reçu régulièrement des résidents de Kashechewan dans les dernières années, dont la langue est plutôt le cri.

Des personnes dans un hangar.

Plusieurs personnes ont prêté main-forte pour assurer l'accueil des évacués à Sudbury.

Photo : Stéphane Paquette

Richard Vallée, directeur des services de protection de Cochrane, affirme pour sa part que le centre d'amitié autochtone compte des personnes qui parlent l'oji-cri, un mélange d'ojibwé et de cri.

Nous avons encore les panneaux que nous avions utilisés en 2019 [lors de l'accueil d'évacués de Pikangikum], ajoute-t-il.

Plusieurs autres feux ne sont toujours pas maîtrisés et Environnement Canada a publié jeudi matin un avertissement de chaleur pour Pikangikum, Poplar Hill, Sandy Lake et Deer Lake.

Le risque d’incendie est élevé ou extrême pour la majeure partie du Nord-Ouest de l’Ontario, et un bulletin sur la qualité de l'air est en vigueur pour les secteurs près de la frontière avec le Manitoba.

En date de mercredi après-midi, plus de 380 000 hectares ou 3 800 kilomètres carrés de forêt ont été touchés par les feux depuis le début de la saison, le 1er avril.

Un décret d'urgence a été promulgué par la province mercredi.

Avec les informations de CBC, Ezra Belotte-Cousineau, et Jimmy Chabot

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