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Campagne à la mairie de Sherbrooke : Vincent Boutin se prépare à la course de sa vie

Les candidats aux élections municipales profitent de la période estivale pour faire le plein d’énergie avant de s’engager dans la course officielle cet automne. À Sherbrooke, trois élus lorgnent la mairie. Dans une série de trois reportages, Réjean Blais s’entretient avec les candidats alors qu'ils pratiquent l’une de leurs activités sportives préférées.

le conseiller vincent boutin fait de la course à pied.

Le candidat à la mairie Vincent Boutin pratique la course à pied dans son quartier dans le secteur Fleurimont.

Photo : Radio-Canada / ANDRÉ VUILLEMIN

Vincent Boutin, le conseiller municipal du district des Quatre-Saisons, pratique la course à pied depuis un an. D’abord et avant tout fervent de sports d’équipe comme le hockey ou le soccer, il court aujourd’hui, un peu par la force des choses.

La pandémie a mis un frein à toutes les rencontres sportives et il avait besoin de bouger à la suite d’un épuisement professionnel qui l’a gardé loin du travail durant quatre mois. La course m’a vraiment aidé à me remettre d’aplomb. Ça m’aide à vider mon esprit, à voir plus clair, à être meilleur tant au travail qu’à la maison, confie-t-il.

Il a d’ailleurs accès à un bel environnement pour pratiquer sa nouvelle activité favorite. À quelques enjambées de chez lui, il emprunte un sentier boisé et aménagé qui relie son quartier à la rue King Est. Ici, dans le secteur de Fleurimont, il est dans l’univers qui l’a vu grandir et auquel il est très attaché.

vincent boutin met ses chaussures de course.

Vincent Boutin met ses chaussures de course jusqu'à trois fois par semaine et fait généralement des distances de 5 à 10 kilomètres.

Photo : Radio-Canada / ANDRÉ VUILLEMIN

Compétitif de nature, il fait aller ses espadrilles la plupart du temps sans se mettre de pression, mais il aimerait éventuellement faire un demi-marathon, peut-être celui de Sherbrooke si l’événement revient l’an prochain.

Des fois, la victoire de courir, c’est de sortir et mettre ses souliers. Des fois, c’est de battre son meilleur temps. Des fois, c’est de faire une longue distance. Chaque course est différente.

Une citation de :Vincent Boutin, candidat à la mairie de Sherbrooke

Une pause forcée

Le 9 juin 2020, Vincent Boutin annonce qu’il doit faire une pause. Il est pris d’anxiété, de troubles du sommeil et il a perdu du poids. C’est vraiment ma conjointe qui m’a fait réaliser qu’il y avait des signaux rouges qui indiquaient que ça n’allait pas. J’ai eu la sagesse de m’arrêter à temps, se félicite-t-il.

Dès son retrait temporaire de la salle du conseil municipal, il n’a pas hésité à parler publiquement de l’épuisement dont il souffrait. D’en parler, ça aide à démystifier ce que c’est et ça démontre qu’il y a une possibilité après, de s’en sortir grandi et d’être capable d’exercer nos fonctions en connaissant nos limites et gardant l’équilibre.

Cette recherche d’équilibre est justement devenue essentielle pour celui qui a fait son entrée à l’hôtel de ville en 2013 alors qu’il était âgé de 28 ans seulement. L’arrêt de travail forcé l’a amené à faire le point sur les aspects importants de sa vie comme sa famille et son travail. Puis, ultimement l’hiver dernier, à prendre la décision de concrétiser un rêve qu’il chérit depuis longtemps : se lancer dans la course à la mairie de Sherbrooke.

un homme fait de la course à pied dans un sentier.

La course à pied aide Vincent Boutin à atteindre l'équilibre qu'il recherche dans les différents aspects de sa vie.

Photo : Radio-Canada / ANDRÉ VUILLEMIN

Mais avant de faire à ce choix, il voulait s’assurer de faire les choses de la bonne façon. On en a parlé énormément, ma conjointe et moi. On s’est fait un plan de match, raconte-t-il. C’est qu’être à la tête d’une ville demande temps et énergie. C’est une décision qui se prend à deux lorsqu’on a des enfants de 2, 4 et 6 ans.

Conciliation travail famille

Vincent Boutin a aussi consulté l’ancien conseiller Serge Paquin et l’ancien ministre de la Famille, Luc Fortin, père comme lui de trois enfants et qui a également dû prendre du repos pour épuisement professionnel. L’une des priorités retenues, avec sa conjointe, est de réserver des moments dans l’horaire hebdomadaire avec sa famille, peu importe ce que l’agenda politique exige.

Je veux dire aux électeurs que s’ils m’élisent, ils vont aussi élire ma conjointe Ève, mes filles Emma Rose, Sofia et Ellie. Ça veut dire que je ne pourrai pas être dans tous les événements, mais quand je serai là, j’y serai à 200  %, précise t-il.

Quand on parle de conciliation travail-famille, je pense qu’en 2021, les gens s’attendent à ce que le rôle [de maire] puisse avoir changé.

Une citation de :Vincent Boutin, candidat à la mairie de Sherbrooke

On dit toujours que M. Perrault [Jean Perrault, l’ancien maire de Sherbrooke] était partout, dans tous les événements et qu’il en faisait trois par jour. C’est correct, mais ce n’est pas cette façon que je veux faire ça, ajoute Vincent Boutin.

deux personnes assises dans la cour arrière d'une maison.

Vincent Boutin nous reçoit dans sa cour arrière pour parler de la course à la mairie de Sherbrooke. Il s'excuse pour le gazon qui est un peu long. Cette tâche fait partie de ces choses pour lesquelles il s’emploie, depuis peu dans sa vie, à exercer un certain laisser-aller.

Photo : Radio-Canada / ANDRÉ VUILLEMIN

Passionné par la politique depuis le jeune âge

Ce parcours de conseiller et cette course à la mairie semblent tout désignés pour Vincent Boutin. Quand j’étais jeune, je ne voulais pas devenir pompier ou policier, je voulais devenir premier ministre!, se rappelle-t-il en riant.

Pas étonnant qu'il ait fait des études en science politique. Relations internationales dans un premier temps, et ensuite une maîtrise sur la politique municipale. D’ailleurs, son mémoire est encore consulté aujourd’hui par de futurs candidats, souligne-t-il avec une certaine fierté.

La présence d’un grand-père politisé, impliqué jadis auprès de l’Union Nationale, et des parents bien au fait de l’actualité ont éveillé très tôt son intérêt pour les enjeux politiques. Devenu un souverainiste convaincu, Vincent Boutin fait encore rire de lui par ses proches aujourd'hui, quand on lui rappelle qu'à 10 ans, il s'était impliqué dans le camp du non lors du référendum de 1995.

En attendant de sauter à pieds joints dans la campagne, le candidat profite de la période estivale pour préparer le terrain avec son équipe. Il consulte et discute pour alimenter le contenu de sa campagne. Derrière ce désir d’obtenir ce poste tant convoité, il y a, oui l’ambition, mais surtout la volonté de créer une communauté sherbrookoise plus soudée.

Je veux que les Sherbrookois soient fiers de leur ville. Je veux rallumer cette flamme-là qui, je trouve, s’est étiolée au cours des dernières années.

Une citation de :Vincent Boutin

Les quatre dernières années à l’hôtel de ville lui ont fait réaliser qu’une distance s’était créée entre les élus, les fonctionnaires et la population. Je veux incarner ce mouvement-là de se remettre tout le monde ensemble. D’accepter qu’on ne puisse pas toujours être d’accord, mais de se respecter dans nos différences et de respecter l’opinion de l’autre. Ce sont des valeurs qui me guident à faire de la politique.

le conseiller municipal vincent boutin dans un sentier de son quartier.

Vincent Boutin se dit prêt après huit ans comme conseiller municipal à occuper le poste de maire de Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada / ANDRÉ VUILLEMIN

Avant le début de cette campagne électorale ardue, il compte passer quelques semaines de vacances en famille. Les destinations cette année : le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie. Le père de famille a toujours aimé faire du camping avec sa conjointe et, l’an passé, il s’est équipé d’une tente-roulotte : c’est plus pratique avec de jeunes enfants.

Et puis, gageons qu’il ne dira pas non à quelques moments à lui pour courir tout en admirant le fleuve ou la Baie-Chaleurs en attendant sa grande course électorale de l'automne.

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