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Sa parole contre la mienne, le nouveau roman #MoiAussi de Chrystine Brouillet

Une femme sourit.

L'écrivaine québécoise Chrystine Brouillet

Photo : Maxyme G. Delisle

Radio-Canada

Chrystine Brouillet, une des autrices les plus prolifiques du Québec, s’est penchée sur la réalité des femmes victimes de crimes sexuels dans son dernier roman, intitulé Sa parole contre la mienne, qui est sorti ce mercredi. Ce sujet criant d’actualité sert de trame de fond à une nouvelle intrigue mettant en scène une journaliste assoiffée de justice. 

Le résumé du nouveau livre de Chrystine Brouillet fait écho aux scandales sexuels qui ont ébranlé le Québec dans les dernières années, des accusations portées contre Gilbert Rozon et Éric Salvail jusqu'à la vague de dénonciations ayant visé le milieu culturel.

Myriam est une jeune journaliste dont l’une des amies affirme avoir été agressée sexuellement par un animateur vedette.

Au fil de son enquête pour trouver d’autres femmes ayant subi le même sort, elle se retrouve plongée dans un univers terrible dans lequel se mêlent jeux de pouvoir, liens inavouables, trahisons, abus et meurtres, selon le communiqué. 

Une saine colère

Pour rédiger ce nouveau roman, Chrystine Brouillet, qui se qualifie elle-même de lectrice boulimique, s’est documentée sur les comportements masculins sexistes et criminels en s’immergeant dans l’œuvre de l’autrice féministe Martine Delvaux; dans l’essai Ces hommes qui m'expliquent la vie, de Rebecca Solnit; ou encore dans l’enquête de Ronan Farrow sur Harvey Weinstein.

J’ai beaucoup lu, j’avais de quoi alimenter ma rage, a-t-elle expliqué au micro de Claudia Hébert, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin.

Une colère qu’elle juge utile. C’est sain, car il faut que les choses changent, a-t-elle souligné, engageant les gens à aller voir le documentaire La parfaite victime, qui est sorti au cinéma le 30 juin dernier et dont elle parle à la toute fin de Sa parole contre la mienne

C’est un documentaire exceptionnel. [...] Monic Néron et Émilie Perreault ont fait un travail colossal. J’espère vraiment que les gens qui font les lois vont tous le regarder plus qu’une fois pour comprendre qu’il y a vraiment des choses qu’il faut changer dans la société, dit Chrystine Brouillet.

Faire sa part pour le mouvement #MoiAussi

Sa parole contre la mienne est-il un roman engagé? Je ne pars pas avec l’idée que je vais donner une leçon [aux lecteurs et aux lectrices], a-t-elle répondu à Stéphane Bureau, qui lui a posé la question en entrevue, mardi, lors de l’émission Bien entendu.

Quand j’écris, je veux que les gens soient divertis. Si les gens se posent des questions après, tant mieux, car on a des questions à se poser.

Une citation de :Chrystine Brouillet, écrivaine

Avec Sa parole contre la mienne, l’écrivaine québécoise a le sentiment d’avoir apporté une pierre à l’édifice du mouvement #MoiAussi, dont elle a craint l’extinction pendant la pandémie. 

Avec la pandémie, on était tellement dans un état de sidération que je me suis dit : "et si le mouvement #MoiAussi disparaissait?" Ce serait terrible, car c’est un mouvement qui a enclenché beaucoup de choses; il faut que ça continue.

Chrystine Brouillet ne juge pas que le portrait des violences faites aux femmes dans son livre soit exagéré ou manichéen.

Je ne connais pas de femme qui n’a pas subi une agression, quelle qu’elle soit, sans nécessairement que cela se soit terminé de façon tragique. On a toutes été victimes de quelque chose, de quelque chose de pénible et de désagréable à quelque chose qui laisse des marques profondes. C’est une réalité, fait-elle valoir.

Couverture d'un livre montrant le bas d'un visage de femme.

«Sa parole contre la mienne» est publié aux éditions Druide.

Photo : Éditions Druide

Maud Graham de retour en 2022

Sans la COVID-19, Sa parole contre la mienne n’aurait pas vu le jour. En effet, Chrystine Brouillet avait prévu écrire un autre Maud Graham quand la pandémie est arrivée. Comme l’actualité est toujours à l’arrière-plan des aventures de cette célèbre enquêtrice, l’écrivaine ne se voyait pas lui inventer une histoire sans connaître la manière dont la pandémie allait s’achever. 

Je me suis dit : "le roman va paraître, et il va peut-être y avoir des événements qui vont changer la donne, et mon roman ne fonctionnera pas", a-t-elle raconté à Claudia Hébert.

La suite des enquêtes de Maud Graham étant sur pause, Chrystine Brouillet a donc imaginé le personnage de Myriam, une jeune trentenaire pleine de fougue, d’enthousiasme et de détermination. 

L’autrice, qui publie un ouvrage par an, laisse la porte ouverte à un possible retour de Myriam dans un prochain livre: L’année prochaine, ce sera Maud Graham, mais peut-être que Myriam fera des apparitions.

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