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Des infirmières sonnent l'alarme devant une hausse de leur charge de travail

Les trois infirmières qui ont dénoncé la situation.

Des infirmières et infirmières auxiliaires dénoncent un nouveau plan de contingence au CHSLD de Memphrémagog.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Radio-Canada

Trois infirmières et infirmières auxiliaires qui travaillent au CHSLD de Memphrémagog ont pris la parole publiquement pour dénoncer un nouveau plan de contingence. Selon elles, ce dernier est inacceptable, alors qu’elles sont déjà surchargées.

Les plans de contingence servent à faire face à des situations inhabituelles, comme des pénuries ou des ruptures de personnel. Ce n’est pas rare d’y avoir recours, particulièrement en été.

Les infirmières déplorent cependant que dès lundi prochain, un nouveau plan prévoie des ratios d’usagers beaucoup plus importants que d’habitude. Une infirmière devra donc s’occuper de plus de patients, parfois sur des étages différents.

Le personnel de la santé pourra aussi être appelé à devoir travailler dans d’autres milieux hospitaliers, où la situation est encore plus critique.

L’infirmière auxiliaire Vicky Chiasson se dit découragée par la situation, qu'elle a dénoncée sur Facebook.

On se doit de donner de bons soins. Là, on va se coucher le soir et se demander si tous les soins ont été donnés. On se couche déjà en pensant à nos patients le soir. Mais là, on va se coucher avec le devoir pas accompli.

Une citation de :Vicky Chiasson, infirmière auxiliaire

On est déjà brûlés. Il y a des gens qui ont des familles. Ils ne savent pas s’ils vont devoir faire des [quarts de] 16 h. Est-ce que c’est vraiment ça qu’on veut comme services pour nos clientèles vulnérables, nos parents, nos grands-parents, nos patients?, demande-t-elle, en expliquant que sa publication sur Facebook était un cri du cœur.

Elle tient toutefois à préciser qu’elle sent un réel soutien de la part de ses supérieurs immédiats, qui tentent de trouver des solutions. Selon elle, le problème semble toutefois venir de plus haut.

Ils ne reçoivent pas tous les soins

Le syndicat qui représente ces infirmières affirme avoir effectué des pressions auprès de la direction du CIUSSS depuis le mois d’avril, et avoir écrit au ministre de la Santé Christian Dubé pour demander une intervention. Selon sa représentante, il faudrait délaisser certaines activités cliniques pour donner un coup de main aux professionnels en soins.

On semblait comprendre par le ministère que tout était beau dans nos CHSLD, mais ce n’est pas ça la réalité. On a des usagers qui ne sont pas levés pour leurs repas, ils ne reçoivent pas tous leurs soins. Il y a des plaies de pression qui s’accentuent, il y a des erreurs de médication, explique Nathalie Nolet, du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est.

On a presque doublé le nombre d’usagers à leur charge, en plus d’être vulnérables, car elles sont en temps supplémentaire obligatoire, ajoute-t-elle.

La députée solidaire de Sherbrooke Christine Labrie a tenu à saluer les infirmières qui ont sonné l'alarme.

Je les trouve très courageuses de dénoncer la situation. En fait, il faut que le gouvernement comprenne que la situation n’est pas en train de se régler dans le réseau de la santé.

Une citation de :Christine Labrie, députée de Sherbrooke

L’annonce de cette semaine est un cataclysme pour les travailleuses, les professionnelles. Elles ont des obligations professionnelles à respecter, elles ont peur de ne pas être en mesure d’offrir des soins à la hauteur de ce à quoi les patients sont en droit de s’attendre. Elles sont inquiètes pour leurs patients, elles sont inquiètes pour leur propre santé, déplore la députée.

Sécuriser les milieux les plus critiques

Le CIUSSS, de son côté, reconnaît que la situation est difficile dans certains milieux, et que c’était le cas même avant la pandémie. Les gestionnaires disent tout faire pour limiter les impacts sur le personnel, et assurent que la sécurité des patients n’est pas compromise .

On travaille des outils pour avoir un portrait global de l’ensemble des milieux d’hébergement. De sécuriser les milieux qui sont les plus critiques, donc les milieux où on a le moins de ressources infirmières, c’est eux qu’il faut qu’on couvre en premier pour sécuriser la clientèle. C’est clair que si on a à déplacer des ressources, on va les déplacer à l’intérieur des milieux d’hébergement, mais des lieux les mieux nantis vers les lieux à sécuriser, soutient Frédéric Grondin, directeur adjoint à la direction des soins infirmiers. 

L’attachée politique du ministre Christian Dubé n'a pas tenu à commenter la situation, et a référé Radio-Canada au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. 

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau

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