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Les verts songent à révoquer la carte de membre de leur cheffe

La fronde interne se poursuit à l'encontre d'Annamie Paul.

Mme Paul en conférence de presse.

Annamie Paul est cheffe du Parti vert du Canada depuis octobre 2020.

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

Radio-Canada

La querelle opposant l'organe décisionnel du Parti vert du Canada (PVC) et celle qui dirige la formation politique s'enlise.

Le conseil fédéral du PVC songe à retirer le statut de membre à sa cheffe Annamie Paul, selon ce qu'ont confié plusieurs sources à CBC, le réseau anglais de Radio-Canada.

La question aurait été débattue mardi soir lors d'une réunion d'urgence du conseil à laquelle Mme Paul n'avait pas été conviée, et ce, même si cette dernière fait partie dudit conseil.

Plusieurs médias, dont le Toronto Star et La Presse canadienne, affirment qu'un examen formel a été lancé. Cette information n'a toutefois pas été confirmée par les sources de CBC.

Cette réflexion sur la révocation éventuelle de la carte de membre d'Annamie Paul a été entamée après l'envoi d'une mise en demeure rédigée par ses avocats à un membre du conseil fédéral du PVC, intimant celui-ci de cesser de la diffamer.

Or, le code de conduite du parti stipule que le directeur général lancera automatiquement une révision du statut de membre si un membre engage des procédures judiciaires contre le parti.

Les membres du PVC susceptibles de perdre leur carte de membre en raison d'un examen formel se voient allouer 30 jours pour préparer leur défense. Le conseil fédéral tranche par la suite. La majorité simple est requise pour expulser un membre, mais cette décision peut être contestée en appel devant un autre comité.

Un flou persiste en ce qui concerne les conséquences d'une éventuelle révocation de la carte de membre d'Annamie Paul. Selon les règles du PVC (Nouvelle fenêtre), le chef doit normalement être un membre en règle de la formation.

Réagissant à la nouvelle, une source qui soutient toujours Annamie Paul au sein du parti a évoqué un coup illégitime et antidémocratique.

La principale intéressée, elle, n'a pas encore répliqué. Quant à la porte-parole du parti, Rosie Emery, celle-ci s'est contentée de confirmer qu'une réunion d'urgence avait eu lieu mardi soir.

Un mois de guerre ouverte

Annamie Paul est à couteaux tirés avec les membres du conseil fédéral du PVC depuis plusieurs semaines. Elle doit d'ailleurs faire face à un vote de défiance la semaine prochaine.

Si les trois quarts des membres votent contre elle, mardi prochain, il y aura un deuxième vote le 21 août. Les membres décideront alors s'ils souhaitent son départ.

Cette action découle du refus d'Annamie Paul de se conformer à une directive du conseil fédéral lui ayant ordonné de condamner ouvertement les actions de Noah Zatzman, son ancien conseiller politique, et de montrer son soutien à ses députés.

C'est à cette condition – et à cette condition seulement – que le conseil fédéral avait accepté à la mi-juin de ne pas déclencher le processus pouvant mener à un vote de défiance.

Le conseil fédéral songe également à retirer le financement de la campagne d'Annamie Paul dans la circonscription de Toronto-Centre, où elle entend se représenter. Une motion a été déposée lors d'une réunion le 29 juin pour retenir les 250 000 $ précédemment alloués à cette fin.

La députée de Fredericton à la Chambre des communes, Jenica Atwin, au micro, lors d'une conférence de presse.

La députée de Fredericton à la Chambre des communes, Jenica Atwin, ne siège plus avec les verts.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Cette controverse est intimement liée au départ de la députée de Fredericton, Jenica Atwin, qui a annoncé le 14 juin qu'elle quittait le parti pour grossir les rangs des libéraux de Justin Trudeau.

Cette défection a fait mal au PVC, d'autant plus que l'élection de Mme Atwin en 2019 avait permis au parti de faire passer sa représentation de 2 à 3 députés à la Chambre des communes.

En annonçant son départ, la Néo-Brunswickoise avait en partie justifié celui-ci par la divergence de points de vue au sein du Parti vert sur le conflit au Proche-Orient.

Le 11 mai, Mme Atwin avait notamment critiqué une déclaration officielle du PVC sur Twitter, jugeant celle-ci totalement inadéquate. Les expulsions forcées doivent cesser!, avait-elle écrit. Je suis solidaire de la Palestine et je condamne les frappes aériennes à Gaza. Mettons fin à l'apartheid!

Cette sortie avait été indirectement dénoncée trois jours plus tard par Noah Zatzman, alors proche conseiller d'Annamie Paul, qui avait dénoncé sur Facebook la prise de position de certains politiciens, dont malheureusement des députés verts, et juré de défaire ceux-ci aux prochaines élections en faisant élire des champions du climat progressistes, antifascistes, pro-LGBT, pro-souveraineté autochtone et sionistes.

Annamie Paul n'a jamais condamné M. Zatzman, qui a discrètement quitté ses fonctions par la suite. Au contraire, la cheffe du PVC – première femme noire de confession juive élue à la tête d'un parti fédéral – s'est dite victime de racisme et de sexisme de la part d’un petit groupe de conseillers en fin de mandat.

Avec les informations de CBC

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