•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Assaut du Capitole : le comité spécial entendra bientôt ses premiers témoins

La police, lourdement protégée, tentant de repousser des manifestants.

Le 6 janvier, la police a vainement tenté de repousser une foule de partisans de Donald Trump qui prenaient d'assaut le bâtiment du Capitole.

Photo : Getty Images / ROBERTO SCHMIDT

Le comité ad hoc créé par la Chambre des représentants pour enquêter sur l'invasion du Capitole, menée en début d'année, a annoncé mercredi la date de sa première audience : le 27 juillet. Il commencera ses travaux avec la comparution de policiers qui ont tenté de repousser la foule composée de partisans de Donald Trump.

Le plan B des démocrates, qui ont échoué à créer une commission d'enquête indépendante du Congrès en raison de la fin de non-recevoir de la vaste majorité des sénateurs républicains, est donc sur les rails.

Le président du comité, Bennie Thompson, a précisé que les élus entendraient des membres de la police du Capitole et du département métropolitain de la capitale fédérale.

Il est important que nous commencions par les agents qui étaient en première ligne afin de nous rappeler qu'il est question d'une attaque massive et violente contre le Congrès américain et contre notre processus électoral, a expliqué le représentant Jamie Raskin, membre du comité, cité par le New York Times.

Les travaux du comité sont susceptibles de commencer sur une note émotive.

Depuis l'assaut du 6 janvier, plusieurs policiers ont témoigné dans les médias de la violence de l'événement et des difficultés qu'ils ont vécues. En janvier, un policier noir avait par exemple confié à BuzzFeed News avoir été abreuvé d'insultes à caractère racial et avoir fini sa journée en pleurant.

Deux policiers, dont Brian Sicknick, 42 ans, sont morts dans la foulée de l'émeute, et quelque 150 de leurs collègues ont été blessés. M. Sicknick a succombé peu après à un accident vasculaire cérébral, selon le médecin légiste, qui a cependant conclu que tout ce qui s'est passé [avait] joué un rôle dans son état. Un autre policier s'est suicidé après l'invasion du Capitole, au cours de laquelle quatre manifestants ont aussi perdu la vie.

Selon la police du Capitole, 70 de ses agents ont pris leur retraite ou ont démissionné depuis les événements, un rythme anormalement élevé, dit-elle. Le syndicat estime même que les chiffres sont sous-estimés.

Les événements du 6 janvier ont été dans la mire d'autres comités du Congrès. D'ex-responsables de la sécurité au Capitole ont par exemple unanimement montré du doigt les ratés des services de renseignement et la lenteur du Pentagone à déployer des renforts.

Le comité ad hoc, qui jouira de pouvoirs d'assignation à comparaître et d'injonction de production de documents, aura toutefois une portée plus large. La résolution prévoit qu'il aura pour mandat d'enquêter sur les faits, les circonstances et les causes de l'assaut du Capitole et de l'interférence avec le transfert pacifique du pouvoir de même que sur les facteurs d'influence qui ont fomenté une telle attaque contre la démocratie représentative américaine alors qu'elle était engagée dans un processus constitutionnel.

Le comité se penchera aussi sur la préparation et la réponse de la police du Capitole et celles d'autres organismes fédéraux, des États et locaux.

En vertu de la résolution adoptée, le comité sera composé de 13 membres, soit huit membres nommés par la majorité démocrate de la Chambre et cinq autres nommés après consultation auprès du leader de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy.

Ce dernier n'a pas encore indiqué s'il entendait formuler des recommandations.

Un exercice rejeté par les républicains

La mise sur pied du comité spécial a été approuvée par la Chambre à la fin du mois dernier selon des lignes essentiellement partisanes. Seuls deux républicains, Liz Cheney et Adam Kinzinger, tous deux critiques de l'ex-président républicain et de son rôle dans l'émeute, se sont joints à la majorité démocrate.

Un seuil encore plus bas que les 35 républicains qui avaient voté en faveur de la proposition précédente, visant à instaurer une commission indépendante inspirée de celle sur le 11 Septembre. Un nombre imposant de républicains (175) s'étaient cependant opposés au texte, qui avait fait l'objet de négociations entre des élus de leur parti et des démocrates.

Des policiers du Capitole avaient alors exprimé leur déception profonde devant la décision des républicains du Sénat et de la Chambre de fermer la porte à une commission d'enquête bipartisane, évoquant les traumatismes vécus par leurs membres et leur héroïsme lors de l'assaut.

Des républicains ont invoqué le fait que des comités du Congrès se penchent déjà sur les événements.

M. Raskin, qui dirigeait l'équipe de mise en accusation au deuxième procès intenté en février dernier devant le Sénat contre Donald Trump, ultimement et sans surprise acquitté, a appelé les élus à mettre au rancart la partisanerie.

Il ne s'agissait pas d'un groupe de touristes qui flânaient, et notre réponse en tant que Congrès ne devrait pas être une bataille de nourriture partisane, a-t-il soutenu, allusion à la déclaration d'un élu républicain. En mai, le représentant en question, qui s'était pourtant barricadé le 6 janvier, selon des photos qui ont circulé, a comparé cette journée à une visite touristique normale.

Plusieurs de ses collègues ont eux aussi minimisé les événements, contestant par exemple le fait que les manifestants étaient des partisans de Donald Trump.

Environ 10 000 partisans de l'ex-président républicain avaient envahi le périmètre du Capitole et quelques centaines d'entre eux avaient pris d'assaut le siège du Congrès.

Plus de 500 arrestations, des dégâts totalisant 1,5 million $

Une clôture en acier de 2,5 mètres de haut surmontée de fil de fer en accordéon encercle le Capitole.

Après le 6 janvier, une clôture en acier de 2,5 mètres de haut surmontée de fil de fer en accordéon avait été montée autour du Capitole.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Le bureau du procureur général du District de Columbia évalue à 1,5 million de dollars américains les dommages matériaux occasionnés. Selon son plus récent bilan, 535 personnes, venant de la quasi-totalité des États américains, ont été arrêtées en lien avec l'assaut.

Près de 500 d'entre elles ont été accusées d'être entrées ou restées dans un bâtiment ou un terrain fédéral à accès restreint, mais certaines doivent répondre à des accusations beaucoup plus graves.

Au moins 165 personnes sont par exemple accusées d'avoir agressé des policiers ou du personnel du Capitole, d'avoir entravé leur travail ou d'avoir résisté. Une cinquantaine sont accusées d'avoir utilisé une arme mortelle ou dangereuse ou d'avoir blessé gravement un agent.

Jusqu'ici, une dizaine de personnes ont plaidé coupables à diverses accusations fédérales, qui vont de délits mineurs à des délits d'obstruction. Plusieurs font face à une sentence d'emprisonnement.

Avec les informations de New York Times

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !