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« Pire récolte depuis 20 ans » due aux vagues de chaleur qui touchent l’Alberta

Un ballot de foin dans un champ.

Stephen Vandervalk, fermier depuis 25 ans et vice-président de l'Association des producteurs de blé de l'Ouest canadien, affirme que sa récolte de cette année a diminué de 90 % par rapport à l'an dernier.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Lounan Charpentier

Les périodes prolongées de chaleur et de faible humidité nuisent à l’agriculture en Alberta. Selon le dernier rapport du gouvernement sur les récoltes dans la province (daté du 28 juin 2021), l’état des cultures dans la province a nettement baissé par rapport aux moyennes des 5 et 10 dernières années.

L'indice provincial de l'état des cultures a baissé de 13 points depuis le rapport précédent du 15 juin pour s’établir à 68 % des récoltes considérées bonnes à excellentes, comparativement à la moyenne des cinq dernières années (76 %) et à la moyenne décennale (74 %).

Les températures moyennes quotidiennes pour la semaine se terminant le 28 juin ont constitué un événement unique en 50 ans pour la plupart des endroits dans la province. La vague de chaleur qui s'est abattue sur l'Alberta cette semaine aura probablement des répercussions négatives supplémentaires sur ces évaluations.

Le Sud et le Nord-Ouest ont connu des changements plus importants, avec des baisses de plus de 20 %.

Selon Stephen Vandervalk, vice-président de l'Association des producteurs de blé de l'Ouest canadien (Western Canadian Wheat Growers) et fermier depuis 25 ans, la récolte de cette année serait la pire récolte de l’histoire, ou, du moins, la pire depuis 2001.

En ce qui concerne sa propre ferme de Fort MacLeod, au sud de Calgary, M. Vandervalk s’attend à une réduction de presque 90 % des récoltes par rapport à l'année dernière.

Il y a des prédictions de températures de 30 à 35 degrés [Celsius] dans les prochaines semaines, donc ça n’aide pas, mais c’est trop tard déjà de toute façon, exprime-t-il.

Il raconte qu’il n’abandonnera pas ses récoltes, mais qu'il devra quand même faire appel à ses assurances.

Si on a une quantité de canola, par exemple, de garantie, ça sera notre plancher. Mais on dépense des centaines de dollars en assurances... Certains agriculteurs n’en prennent pas parce que c’est très cher, mais la majorité en a , dit-il.

S’il n’y a aucune humidité dans l’atmosphère, certaines récoltes ne vont juste pas survivre.

Une citation de :Stephen Vandervalk, vice-président de Western Canadian Wheat Growers

Au sud-ouest de Calgary, il n’y a presque aucune région avec de bonnes récoltes et, dans certaines, il n’y aura rien, ajoute le fermier.

Les producteurs de canola seront davantage affectés, puisque l’année dernière a été l'une des meilleures années pour cette culture et que le temps chaud et sec est très mauvais pour le canola, comme l'explique Stephen Vandervalk.

L'indice de l'état des cultures des régions du Centre, du Nord-Est et de Rivière-La-Paix a baissé dans une moindre mesure par rapport aux deux semaines précédant le rapport.

François Côté, producteur de céréales et foin dans la région de Rivière-La-Paix, cultive de l'orge, du canola, des pois, du chanvre et du foin. Bien qu’il ait été plus chanceux que d’autres dans sa récolte cette saison, il affirme que ses rendements seront inférieurs à l’année dernière.

« Ce n’est pas si pire; les récoltes de foin commencent à souffrir pas mal, mais les céréales tiennent encore bien. Elles ont été semées un peu plus tard, donc on a été chanceux de ce bord-là. [...] C’est sûr que les rendements ne seront pas aussi gros qu’ils devraient l’être, mais on devrait avoir une récolte quand même », dit-il.

Le canola, c’est ce qui va être le pire. Les rendements, ce sont 45 ou 50 [boisseaux à l'acre] en moyenne, et cette année, on s’attend à faire 10, explique-t-il.

M. Côté compte sur les prévisions de pluie des prochaines semaines pour la survie de ses récoltes. Si jamais il ne pleut pas ou pas assez, c’est sûr que ça va souffrir pas mal, mais malgré ça, les récoltes ne seront pas abandonnées; mais ça ne sera pas une grosse récolte, soutient-il.

Les conditions d'humidité du sol ont chuté par rapport à la semaine d’avant, et le rendement des récoltes de foin est en moyenne de 1,2 tonne par acre sur les terres sèches, ce qui est légèrement inférieur aux moyennes habituelles. Les rendements et les conditions sont plus faibles dans les régions du Sud et de Rivière-La-Paix en raison des précipitations limitées.

Les températures extrêmement chaudes et le manque d'humidité ont également des conséquences néfastes sur toutes les cultures des terres arides.

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