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Ottawa intensifie ses sanctions économiques contre le Nicaragua

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Marc Garneau.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Marc Garneau.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Marc Garneau, a annoncé mercredi l’imposition de sanctions contre 15 personnes de plus dans le cadre de mesures économiques (Nouvelle fenêtre) prises par Ottawa en réponse aux violations des droits de la personne répétées de Managua.

Dans le cadre du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant le Nicaragua, les avoirs au Canada de ces 15 individus (Nouvelle fenêtre), membres ou proches du régime du président Daniel Ortega, seront gelés jusqu’à nouvel ordre et aucune opération sur leurs biens ne pourra être faite au Canada par eux-mêmes ou un tiers, précise Affaires mondiales Canada.

Les personnes visées seront également interdites de tout accès au territoire canadien.

Ces nouvelles mesures s’ajoutent aux sanctions déjà prises par le Canada et ses partenaires internationaux.

Depuis 2018, le gouvernement du Nicaragua commet des violations flagrantes et systématiques des droits de la personne à l’encontre de sa population, y compris des campagnes de répression et de violence d’État contre les manifestations publiques et la suppression de toute opposition politique, peut-on lire dans un communiqué d’Affaires mondiales Canada.

Le président du Nicaragua Daniel Ortega en septembre dernier.

Le président du Nicaragua Daniel Ortega en septembre dernier.

Photo : Reuters / Oswaldo Rivas

Accusant le gouvernement de Daniel Ortega de tout mettre en œuvre pour empêcher la tenue d’élections libres et équitables en novembre prochain dans le pays, Ottawa souligne que le régime a fait arrêter arbitrairement depuis le mois de juin au moins 20 personnalités politiques de l’opposition et candidats potentiels à la présidence dans le but de conserver sa mainmise sur le pouvoir.

Des milliers de victimes

À ces arrestations s’ajoutent de nombreuses attaques du régime ou de ses milices contre les droits civils dans le pays – intimidation, persécution, répression, meurtres, torture et exécutions extrajudiciaires – dénoncées à maintes reprises par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) depuis 2018.

Selon le HCDC, la répression a fait depuis trois ans des centaines de morts et des milliers de blessés dans le pays.

En janvier dernier, un rapport de l'alliance d'opposition Unité nationale bleu et blanc (UNAB) rapportait qu’au moins 52 dirigeants de l'opposition avaient été victimes de persécution, de harcèlement, d’agressions, de saisies, de vols et de détention arbitraire en 2020 par la police ou par des partisans du pouvoir.

Le Canada soutient le peuple nicaraguayen, qui réclame un avenir juste et pacifique, fondé sur le respect fondamental des droits de la personne, la liberté des médias et le droit de vote dans le cadre d’élections libres, équitables et transparentes.

Une citation de :Marc Garneau, ministre des Affaires étrangères du Canada

Depuis 2018, les manifestations de l’opposition se multiplient au Nicaragua contre le régime du président Daniel Ortega, accusé de restreindre à son avantage la liberté du peuple, d’avoir littéralement confisqué le pouvoir en écrasant toute forme d’opposition à son gouvernement.

Un manifestant fait face à une vingtaine de policiers en ligne avec des boucliers.

Le Nicaragua a été le théâtre de manifestations de masse contre le régime du président Ortega en 2018.

Photo : AFP/Getty Images / INTI OCON

Selon un rapport de l’UNAB, au moins 120 opposants accusés d'avoir participé aux manifestations de 2018 pour réclamer la démission du président Ortega étaient toujours en prison en janvier dernier.

Les manifestations avaient été réprimées dans le sang, faisant des centaines de morts, selon des organisations de défense des droits de l'homme, tandis que des milliers de Nicaraguayens ont pris depuis le chemin de l'exil.

En novembre 2018, le président américain Donald Trump a signé un ordre exécutif déclarant le gouvernement Ortega menace pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a approuvé un mois plus tard l’imposition de sanctions économiques contre le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), parti du président Ortega.

Projet de réformes

Ce printemps, le Parlement nicaraguayen, dominé par le FSLN, a commencé à débattre d'un projet de réformes électorales en vue de l'élection présidentielle de novembre 2021.

Le projet, soumis à une commission spéciale du Parlement, inclut une loi, déjà approuvée en décembre 2020, qui interdit à tout citoyen qui incite à l'ingérence étrangère et applaudit les sanctions contre le Nicaragua de se présenter aux élections.

Le président Daniel Ortega, à la tête de la junte sandiniste qui a renversé la dynastie des Somoza en 1979, a dirigé le Nicaragua de 1979 à 1990 avant de céder le pouvoir à Violetta Chamorro au terme d’élections générales anticipées.

Réélu en 2006, Daniel Ortega n’a pas quitté la présidence du pays en remportant chaque scrutin depuis près de 15 ans.

Selon son gouvernement, les opérations de la police visent essentiellement des militants et des groupes qui tentent de renverser un gouvernement démocratiquement élu.

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