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Laval ne trouve pas d’entrepreneur pour son usine de biométhanisation de 200 M$

Un an après avoir publié un appel d’offres pour un projet majeur d’infrastructure verte, la Ville de Laval n’a reçu aucune soumission de fournisseurs. Les fonctionnaires sont à refaire leurs devoirs tandis que l’Autorité des marchés publics (AMP) a posé des questions.

Un panneau d'informations devant un bâtiment.

Usine d’épuration des eaux usées La Pinière à Laval.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Lorsque le maire sortant de la Ville de Laval a présenté en octobre 2020 sa stratégie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2035, Marc Demers comptait sur la construction d’une usine de biométhanisation afin de transformer des tonnes de matières organiques en biogaz.

Je suis particulièrement fier d’annoncer une série de mesures ambitieuses qui nous permettront de réduire significativement nos émissions de GES, affirmait-il.

Le budget présenté quelques semaines plus tard rappelait l’importance du projet évalué à 200 millions de dollars.

Les travaux de construction pour l’usine devaient débuter cet été pour une mise en service dans trois ans.

Or, selon les informations obtenues par Radio-Canada, la Ville de Laval n’a reçu aucune soumission pour la construction de l’usine un an après la publication de l’appel d'offres.

Une source familière avec le dossier a mentionné que les risques techniques et financiers associés au projet ainsi que l’absence d’une compensation financière suffisante aux soumissionnaires non sélectionnés ont dissuadé certains fournisseurs.

La Ville a pourtant reporté la date limite pour déposer une soumission et a publié des dizaines d’addendas.

Selon la porte-parole de la Ville de Laval, Anne-Marie Braconnier, la Ville analyse actuellement les paramètres entourant le processus d’appel d’offres pour ce projet toujours prioritaire pour le territoire.

Elle ajoute que les soumissionnaires et entreprises qui ont participé au processus ont été rencontrés pour mieux comprendre les raisons qui les ont amenés à prendre la décision de ne pas soumissionner.

Selon l’expert des marchés publics et professeur de l’ENAP en Outaouais, Nicholas Jobidon, un dialogue encadré avec les joueurs de l’industrie peut contribuer à favoriser le dépôt de soumissions compétitives; autrement, si on fait des modifications significatives à l’appel d’offres en cours de processus, il faut repousser les dates limites en conséquence.

L’AMP pose des questions

La Ville confirme également avoir reçu des demandes d’informations de la part de l’Autorité des marchés publics (AMP).

La Ville a répondu à des questions qui lui ont été posées par l’AMP à la satisfaction de celle-ci (...) nous n’accorderons pas d’entrevue sur ce dossier à cette étape-ci, précise Mme Braconnier.

L'AMP est un organisme gouvernemental neutre et indépendant qui a comme principal rôle la surveillance des marchés publics et l'application des lois et des règlements encadrant les contrats publics au Québec.

Un projet clé pour réduire les GES

La Ville de Laval songe depuis plusieurs années à se doter d’une usine de biométhanisation pour traiter les boues de ses trois stations d’épuration des eaux usées ainsi que les matières résiduelles organiques issues des bacs bruns et des industries notamment.

L’usine devra traiter plus de 350 000 tonnes la première année. D'ici 2045, la capacité de traitement de l'usine devrait être de près de 500 000 tonnes.

L’intention de la Ville est d’injecter le biogaz produit dans le réseau de gaz naturel renouvelable d’Énergir.

Les travaux incluent également le remplacement des équipements de déshydratation et de séchage des boues de la station d’épuration des eaux La Pinière, ainsi que l’électrification des unités de chauffage dans un souci de réduire son impact sur les émissions de GES.

Interrogée au mois de mars par un hebdomadaire régional, la responsable des dossiers liés à l’environnement au comité exécutif, Virginie Dufour, soutenait que le projet d’usine de biométhanisation devait permettre d’atteindre la carboneutralité. L’usine va produire en énergie autant que ce que la ville consomme pour chauffer, ventiler et éclairer ses bâtiments, disait-elle.

Le chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Laval, Michel Trottier estime qu’il faut se questionner sur la capacité de Laval à gérer de grands projets.

Michel Trottier à côté d'un panneau annonçant le nom de la station d'épuration La Pinière.

Michel Trottier, chef du Parti Laval - Équipe Michel Trottier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ce dernier rappelle un autre projet d’envergure, un futur complexe aquatique, qui fait l’objet de critiques depuis 2018 en raison des coûts plus élevés que prévu. Le complexe n’a toujours pas été construit.

L’usine de biométhanisation, c’est le plus gros investissement que la Ville s’apprêtait à faire [...] la gestion des boues des usines d’épuration des eaux, c’est important plutôt que l’enfouissement, rappelle M.Trottier.

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