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Les résidents de T.-N.-L. encore marqués, près de 30 ans après le moratoire sur la morue

Petty Harbour à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le village de Petty Harbour a été particulièrement affecté par le moratoire.

Photo : Radio-Canada / Josée Basque

Radio-Canada

Vingt-neuf ans après le moratoire sur la pêche à la morue décrété par John Crosbie, alors ministre fédéral de Pêches et Océans, les résidents de Terre-Neuve-et-Labrador sont encore affectés par ce qui leur a fait l’effet d’une bombe.

Trente mille emplois ont été perdus du jour au lendemain dans la province.

Le village de Petty Harbour comptait sur l'industrie de la pêche à la morue. Le moratoire a été dévastateur.

Michael Hearn.

Le pêcheur Michael Hearn admet que le moratoire a eu l'effet d'une bombe dans l'industrie.

Photo : Radio-Canada / Josée Basque

Des pêcheurs se souviennent encore du choc. C’était un gros coup. Et je venais tout juste d’acheter un nouveau bateau. Je l’ai utilisé un an, raconte Michael Hearn.

Le moratoire devait durer deux ans. La pêche a fait un retour très limité dans les années qui ont suivi, mais un nouveau moratoire est tombé en 2003, annonçant la fermeture complète de la pêche à la morue dans tout le Canada atlantique.

La survie de l’espèce encore menacée

La morue était pêchée intensivement dans les eaux de la région jusqu’au moratoire de 1992. Les stocks de morue étaient alors évalués à 800 000 tonnes au large de la province.

Aujourd’hui, selon Pêches et Océans Canada (MPO), on estime qu’il y en aurait à peine plus de la moitié, soit 411 000 tonnes. Le taux de mortalité naturelle de la morue a atteint son plus haut niveau au cours de la dernière décennie en 2020.

Un tableau comparatif entre les stocks de morue dans les années 1980 et aujourd'hui.

Les stocks de morue ont diminué de près de moitié depuis la fin des années 1980.

Photo : Gracieuseté / Pêches et Océans Canada

La diminution de la population peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Le MPO avance notamment qu’elle pourrait être liée aux changements climatiques et à la variation des bancs de capelans, la nourriture de la morue.

L'organisme Oceana Canada croit toutefois que la mortalité occasionnée par la pêche récréative ou commerciale, toujours permise avec des restrictions, serait l’une des causes pour expliquer la précarité de l’espèce.

L’une des choses que nous devons faire [...], c’est d’adapter leurs pratiques de gestion des pêches à l’environnement changeant.

Une citation de :Robert Rangeley, directeur des sciences à Oceana Canada

Des résidents gardent espoir

Pour l’instant, il est difficile de prévoir si la morue fera un retour dans la région.

Si les experts observent une certaine hausse des stocks depuis quelques années, il n’est pas possible de savoir si les chiffres ressembleront de nouveau à ceux de la fin des années 80.

D’ici là, les résidents de Terre-Neuve-et-Labrador espèrent que les prochaines générations pourront profiter de cette industrie, qui a déjà été le gagne-pain pour un grand nombre de pêcheurs.

D’après le reportage de Josée Basque

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