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Hydro-Québec lancera un appel d'offres pour produire 300 MW d'énergie éolienne

Les pales d'une éolienne.

Le gouvernement du Québec souhaite augmenter l'approvisionnement d'Hydro-Québec en énergie éolienne. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Québec annonce, par décret, qu'Hydro-Québec lancera d'ici la fin de l'année un appel d'offres visant à augmenter son approvisionnement en énergie. Cet appel d'offres prévoit l'attribution d'un bloc de 300 mégawatts (MW) en énergie éolienne. L'Alliance éolienne de l'Est espère bien remporter la mise.

Le ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles en a fait l'annonce mercredi matin par communiqué.

Les détails de la mise en œuvre de cet appel d'offres restent à être définis.

Québec prévoit que les entités publiques comme les MRC ou les municipalités participeront à hauteur d'environ 50 % des projets proposés lors de l'appel d'offres, alors que l'autre moitié sera assumée par un partenaire privé.

Le décret prévoit également que 60 % des dépenses globales seront faites pour l'achat de contenu québécois.

Aussi, il est prévu que 35 % des dépenses globales liées au projet retenu lors de l'appel d'offres seront faites dans la MRC où se situera le projet ou dans la MRC de La Matanie ou dans la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

L'entreprise Marmen aux abords du fleuve Saint-Laurent, à Matane. Des éoliennes surplombent les installations de l'entreprise.

Plus du tiers des dépenses globales liées au projet retenu par Hydro-Québec devra être réalisé dans la MRC où se situera le projet, ou encore, dans la MRC de La Matanie ou dans la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Le contrat conclu avec Hydro-Québec doit permettre d'assurer un approvisionnement à long terme en énergie, soit sur une durée de 30 ans.

Un autre appel d'offres doit être lancé par Hydro-Québec pour l'octroi de 480 mégawatts supplémentaires à un ou à des projets de production d'énergie à partir de toute source d'énergie renouvelable.

Québec indique, toujours par communiqué, que ces nouveaux approvisionnements en énergie sont requis dans le contexte du développement de nouveaux marchés, comme les serres agricoles et les véhicules électriques.

Le gouvernement estime que les besoins en énergie supplémentaire d'ici 2029 s'élèvent à au moins 1400 mégawatts et 1,5 térawattheure. Il indique qu'une part importante de ces besoins sera réservée spécifiquement à l'éolien.

Les parcs éoliens du Québec qui sont sous contrat avec Hydro-Québec représentent une puissance de 4000 mégawatts.

L'Alliance de l'Est a bon espoir de remporter l'appel d'offres

Pour le président de la Régie intermunicipale de l'énergie du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé, l'annonce de cet appel d'offres est une excellente nouvelle et [...] tout se dessinait dans les derniers mois pour que ça arrive.

Il estime que la nouvelle présidente-directrice générale d'Hydro-Québec, Sophie Brochu, est plus ouverte que ses prédécesseurs à l'énergie éolienne. C'est un vent nouveau, soutient-il.

Michel Lagacé a bon espoir que le projet qui sera soumis par la région sera retenu par Hydro-Québec.

On a de très bons gisements éoliens. Les lignes de transport sont à proximité. On a développé une expertise. [...] On est capables de favoriser l'acceptabilité sociale.

Une citation de :Michel Lagacé, président de la Régie intermunicipale de l'énergie du Bas-Saint-Laurent

Selon le président de la Régie intermunicipale de l'énergie du Bas-Saint-Laurent, un projet qui pourrait notamment se déployer sur les territoires des MRC de Kamouraska, de Rivière-du-Loup et de Témiscouata pourrait être déposé par l'Alliance éolienne de l'Est, en partenariat avec les MRC de Montmagny et de L'Islet.

Si l'Alliance remporte l'appel d'offres, des éoliennes pourraient être construites pour fournir 300 des 1200 MW de son projet de développement éolien projeté pour ce territoire.

Cette alliance regroupe les régies intermunicipales de l'énergie du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Deux éoliennes du parc éolien Nicolas-Riou

Le parc éolien Nicolas-Riou, situé dans la MRC des Basques, au Bas-Saint-Laurent, génère 224 MW d'énergie. Ce projet a remporté l'appel d'offres lancé en 2013 par Hydro-Québec. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux

Selon Michel Lagacé, les parcs éoliens de l'Alliance génèrent déjà 300 mégawatts d'énergie et assurent d'importantes retombées aux MRC qui participent à leur financement.

De son côté, le président de la Régie intermunicipale de l'énergie de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, Simon Deschênes, estime cet appel d'offres n'est qu'un début pour le développement de l'énergie éolienne au Québec dans les prochaines années.

Ça va être à nous, l'Alliance de l'Est, de bien nous positionner et d'avoir une participation paritaire avec les producteurs privés.

Une citation de :Simon Deschênes, président de la Régie intermunicipale de l'énergie de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) a aussi publié un communiqué mercredi matin pour saluer cette annonce du lancement prochain de l'appel d'offres par Hydro-Québec.

Être partie prenante de l’exploitation durable de nos ressources naturelles et pouvoir profiter de leurs retombées directes a toujours été un objectif fondamental de nos membres. Aujourd’hui, le gouvernement marque un pas de plus dans cette direction, et la FQM fera les démarches nécessaires et accompagnera ses membres pour assurer la participation maximale à 50 % des communautés dans les projets sur leur territoire, a déclaré, toujours par communiqué, le président de la FQM, Jacques Demers.

Une relance possible de l'usine de Marmen Énergie?

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, estime lui aussi que l'annonce de cet appel d'offres est une bonne nouvelle pour la région.

Toutefois, il s'inquiète toujours de l'avenir des emplois à l'usine de Marmen Énergie, à Matane.

Cette usine fabrique normalement des tours d'éolienne, mais la direction a suspendu ses activités pour "au moins six mois", à partir du mois de juillet, en raison des répercussions importantes qu'a la pandémie de COVID-19 sur le volume d'affaires. Les quelque 70 travailleurs ont été licenciés.

Ce qui m'importe, c'est l'avenir de l'usine Marmen de Matane qui a besoin de contrats, mais aussi, qu'on ait des parcs éoliens qui rapportent à l'ensemble des municipalités rurales de la région, affirme Pascal Bérubé.

Selon le député, Marmen Énergie a l'intention de reprendre ses activités à l'usine de Matane.

L'usine de Marmen, à Matane.

L'usine de Marmen, à Matane, produit normalement des tours d'éolienne, mais elle a suspendu ses activités pour une période de 6 mois. (archives)

Photo : Radio-Canada

Le député croit aussi que la MRC de La Matapédia aurait pu être ajoutée à la liste des territoires visés pour les dépenses liées à ce projet éolien.

On aurait pu ajouter cette MRC à la région administrative de la Gaspésie et à la MRC de La Matanie parce que se retrouvent maintenant, dans la MRC de La Matapédia, des entreprises, c'est le cas de RPF, qui font affaires dans l'éolien et qui se retrouvent à quelques kilomètres d'une MRC qui elle, est dans le territoire visé, soutient-il.

Marmen Énergie n'avait pas répondu à nos demandes d'entrevue au moment de publier ces lignes.

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