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La ministre des Relations avec les Autochtones et le Nord du Manitoba a démissionné

Eileen Clarke devant un micro

Eileen Clarke était la ministre manitobaine des Relations avec les Autochtones et le Nord.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La ministre manitobaine des Relations avec les Autochtones et le Nord, Eileen Clarke, a remis sa démission vendredi au premier ministre Brian Pallister.

Eileen Clarke a confirmé dans un courriel que de récents commentaires de Brian Pallister au sujet de la colonisation du Canada avaient été un facteur dans sa prise de décision.

L’ancienne ministre n’a pas pour autant précisé à quel commentaire exactement elle faisait allusion.

Mercredi dernier, lors d’un discours au cours duquel le premier ministre du Manitoba s’adressait aux Manitobains en colère après la découverte des restes d’enfants dans plusieurs pensionnats pour Autochtones, il avait affirmé que la colonisation du Canada avait été menée avec de bonnes intentions.

Les gens qui sont venus dans ce pays avant qu'il ne soit un pays, et depuis, ne sont pas venus ici pour détruire quoi que ce soit. Ils sont venus ici pour construire, avait-il déclaré.

De nombreux observateurs ont qualifié cette sortie de M. Pallister d'insensible, soulignant que les propos du premier ministre ne tiennent pas compte de l’histoire.

Brian Pallister maintient ses commentaires

En conférence de presse mercredi, Brian Pallister n’est pas revenu sur ses déclarations. Je maintiens mes commentaires de la semaine dernière, a-t-il déclaré.

Je n’ai que du respect, de l’appréciation et de l’admiration pour mon amie Eileen Clarke, a-t-il ajouté, précisant qu’il la connaissait depuis qu’il a 21 ans. C’est un portefeuille très très difficile et elle a fait un excellent travail.

Le chef du Nouveau Parti démocratique s’est, pour sa part, adressé aux autres ministres du Cabinet. Le premier ministre a dit qu’il ne retirait pas ses commentaires. Je m’adresse aux autres ministres : approuvez-vous les commentaires racistes de M. Pallister? Ou êtes-vous d’accord avec Mme Clarke?

Les derniers commentaires de Brian Pallister ont rendu le travail d’Eileen Clarke impossible à faire, a déclaré le chef du Parti libéral, Dougald Lamont, dans un communiqué. La décision qu’a prise Eileen Clarke est juste pour les Autochtones et pour les Manitobains. Elle mérite d’être reconnue pour cela.

Les Premières Nations déçues

Le grand chef par intérim de l’Assemblée des chefs du Manitoba (AMC), Leroy Constant, a exprimé la déception collective des chefs concernant la démission d’Eileen Clarke dans un communiqué. Je comprends les circonstances et nous la félicitons pour cette décision honorable à la lumière des événements récents.

En tant que ministre, elle va manquer aux Premières Nations mais je suis persuadé qu’elle continuera d’être une alliée au sein du gouvernement en tant que députée, poursuit le communiqué, qui prend soin de relever le travail qu’elle a accompli.

Les Premières Nations du Traité no 1 ont, elles, offert leur soutien à la députée Eileen Clarke dans sa décision de démissionner du Cabinet du PC (Parti progressiste-conservateur), à la suite des remarques insensibles et partiales du premier ministre.

Mme Clarke a été une ministre des Affaires autochtones et du Nord respectueuse et compétente et a travaillé fort pour établir des relations respectueuses avec les dirigeants des Premières Nations du Manitoba, précise l’organisation dans un communiqué.

À l’Assemblée législative depuis 2016

Dans son courriel, Eileen Clarke affirme qu’elle ne s’exprimera pas davantage sur sa démission pour le moment, afin de ne pas perturber l’élection à la chefferie de l’Assemblée des Premières Nations du Manitoba, qui a lieu mercredi. Cependant, son bureau de circonscription a confirmé qu’elle restait en poste comme députée.

Eileen Clarke a été élue pour la première fois en 2016 dans la circonscription Agassiz sous la bannière des progressistes-conservateurs. Elle a d’abord été ministre des Relations avec les Autochtones et les Municipalités, avant que le nom du portefeuille change et devienne le ministère des Relations avec les Autochtones et le Nord.

Elle a été réélue lors de l’élection du 10 septembre 2019.

Les gens n’ont plus confiance

Mary Jane Logan McCallum, professeure d'histoire à l'Université de Winnipeg et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les peuples autochtones, l'histoire et les archives, a d'abord été surprise d'apprendre la démission de Clarke, mais elle est parvenue à la conclusion que cette décision était logique.

Quand vous pensez au genre de travail qu’elle doit faire avec les peuples des Premières Nations, comment peut-elle établir des relations et travailler avec les gens lorsqu'elle représente un parti avec ce genre de leadership? a déclaré Mme McCallum, qui est membre de la Première Nation Munsee-Delaware en Ontario. Elle estime aussi qu’il y a eu du progrès concernant les problèmes liés aux peuples autochtones au cours des dernières années.

De son côté, le professeur en sciences politiques à l’Université du Manitoba, Paul Thomas, a affirmé que les amis politiques de Brian Pallister ont décrit ses récents commentaires comme étant inappropriés. Néanmoins, il est peu probable que ces remarques soient suffisantes pour que son leadership soit remis en cause au sein de son parti, alors même qu’il a laissé la porte ouverte à la possibilité de se retirer avant la fin de son mandat.

Les gens qui se révoltent contre un chef n’ont souvent pas de grand avenir si la rébellion échoue, a-t-il analysé, en faisant référence à ce qui s’est passé au sein de Nouveau Parti démocratique en 2014, quand cinq ministres ont remis en cause le leadership de l’ancien premier ministre Greg Selinger. Les ministres ont rapidement été remplacés.

Mais il y a encore de la place pour que d'autres au sein du parti s'expriment contre les commentaires, d'autant plus qu'ils émanent d'un chef qui représente la plupart des problèmes rencontrés par le parti, a ajouté Paul Thomas.

Je pense que certaines personnes ont perdu confiance dans le premier ministre. On verra si d’autres se joignent à Mme Clarke, mais rien n’est certain à ce point-ci.

Le député progressiste-conservateur de McPhillips, Shannon Martin, a exprimé des regrets quant à la démission d’Eileen Clarke mercredi, mais a ajouté que sa décision était compréhensible. Sur Twitter, il a décrit l’ancienne ministre comme une défenseuse infatigable de la réconciliation.

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