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Cedrico réduit à nouveau ses activités par manque de main-d'œuvre

Le siège social de Bois Cedrico, à Price.

Cedrico recherche actuellement plus de 40 employés (archives).

Photo : Radio-Canada / Gaston Beaulieu

Alice Proulx

L'entreprise Cedrico se dit forcée de réduire ses activités de 30 à 40 % dans ses usines de Price et de Causapscal en raison du manque de main-d'œuvre. L'entreprise spécialisée dans la transformation de bois d'œuvre lance d'ailleurs une importante campagne de recrutement.

La direction de l'entreprise précise que plus de 40 travailleurs sont activement recherchés pour permettre aux usines de reprendre leur rythme normal d'activités.

Or, entre-temps, cette situation freine la croissance de l'entreprise.

Même si nous sommes dans une période où la demande en bois d'œuvre explose, nous connaissons une baisse majeure de notre chiffre d'affaires en raison de nos difficultés à recruter, indique le président de Cedrico, Denis Bérubé, dans un communiqué publié mercredi.

Le président de Cedrico, Denis Bérubé, dans la cour à bois.

Le président de Cedrico, Denis Bérubé.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

D'après le président de Cedrico, la pénurie de travailleurs touche également les entrepreneurs, les transporteurs et les clients qui font affaire avec l'entreprise.

Cedrico avait déjà été forcée de réduire ses activités en mai dernier, toujours par manque de personnel.

L'entreprise lance donc une importante campagne de recrutement sous le thème On embauche « à planche ! ».

Une prime à l'embauche sera notamment offerte aux nouveaux employés, ainsi qu'une prime de référencement pour ceux qui contribueront au recrutement de nouveaux employés.

Des entrevues seront aussi accordées, sans rendez-vous, lors de journées spéciales d’embauche qui se tiendront le 27 juillet à l'usine de Causapscal et le 29 juillet à celle de Price.

Favoriser l'embauche de travailleurs étrangers

De plus, l'entreprise dit avoir entamé des démarches de recrutement auprès de travailleurs étrangers et avoir formulé des demandes afin d'accélérer les délais de traitement des dossiers et d'allonger la durée des contrats de travail.

Une entreprise comme Cedrico peut compter sur 10 % de son personnel issu de l'immigration. Ce nombre correspond à environ 20 travailleurs, selon Denis Bérubé.

Quand on voit des pénuries de main-d'œuvre comme celle qu’on constate aujourd’hui, peut-être qu’on pourrait augmenter ce pourcentage et avoir un peu plus de gens issus de l’immigration, souligne la députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia, Kristina Michaud.

« Les démarches qui sont effectuées par les entreprises, souvent, ce n’est pas suffisant pour aller chercher de la main-d'œuvre qui est déjà présente sur le territoire ou dans les régions aux alentours. »

— Une citation de  Kristina Michaud, députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia

Le recrutement de travailleurs étrangers est d'ailleurs considéré comme la solution à privilégier par les élus locaux.

L'une des solutions à la pénurie de main-d'œuvre qui affecte nos entreprises régionales est l'immigration, mais la lenteur du fédéral nous met constamment des bâtons dans les roues, déplore la députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia, Kristina Michaud, dans un communiqué.

Kristina Michaud est la députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia.

Kristina Michaud croit qu'il faudrait favoriser l'embauche de travailleurs étrangers.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Elle soutient, par le fait même, que le besoin premier pour contrer la lenteur du fédéral est entre autres d'ajouter des ressources afin que le traitement des demandes du ministère de l'Immigration se fasse plus efficacement.

Que ce soit pour les travailleurs étrangers, pour la résidence permanente et la réconciliation familiale, ce sont tous des dossiers qui pourraient être accélérés si on avait plus de ressources au sein du ministère, lance Mme Michaud.

Le député de Matane—Matapédia, Pascal Bérubé, interpelle quant à lui le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration ainsi qu'Emploi-Québec. Il leur demande de s'ouvrir aux régions et de s'assurer que la liste des professions pouvant bénéficier du traitement prioritaire pour les demandes au programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) reflète la réalité des entreprises comme Cedrico.

Une stratégie pour accueillir plus de nouveaux arrivants

La préfète de la Municipalité régionale de comté de La Matapédia, Chantale Lavoie, estime que l'immigration est une partie de la solution, mais que ce n'est pas seulement la venue de travailleurs étrangers qui permettra de résoudre le problème.

« Il faut miser aussi sur des gens qui sont déjà sur nos territoires. »

— Une citation de  Chantale Lavoie, préfète, MRC de La Matapédia

Il faut que les gouvernements tentent de trouver une stratégie commune ou chacun de leur côté, mais pourvu qu’il y ait une stratégie qui nous permette d’affronter cette réalité, affirme-t-elle.

Selon le préfet de la Municipalité régionale de comté de La Mitis, la population est plus ouverte qu'avant à accueillir de nouveaux arrivants.

On s'aperçoit que les gens veulent voir des personnes issues de l’immigration, ou des Québécois d’ailleurs, venir s’installer dans la région et ils sont heureux de les accueillir. On a besoin de ces gens-là, mais il faut aussi que les paliers gouvernementaux mettent l’épaule à la roue, mettent des conditions pour nous permettre de les accueillir et venir aider les entreprises comme Cedrico, explique Bruno Paradis.

Le maire de Causapscal, André Fournier, rappelle que Cedrico est le principal employeur de sa municipalité, ainsi qu'un partenaire économique important. L'entreprise emploie actuellement 220 personnes.

Avec les informations d'Alexandre Courtemanche

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