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Le FBI dit avoir arrêté des agents iraniens qui planifiaient enlever une journaliste

Elle s'appuie sur un arbre.

La journaliste d'origine iranienne Masih Alinejad affirme avoir été ciblée en raison de ses critiques du régime de Téhéran.

Photo : Reuters / Toby Melville

Agence France-Presse

La justice américaine a annoncé mardi avoir inculpé quatre « agents du renseignement iranien » pour avoir planifié l'enlèvement d'une journaliste américaine d'origine iranienne aux États-Unis, la journaliste et militante antivoile Masih Alinejad, assurant être la cible.

Les quatre hommes cherchaient depuis juin 2020 à enlever une auteure et journaliste qui a mis en évidence les violations des droits de la personne commises par le gouvernement iranien, a fait savoir le ministère américain de la Justice dans un communiqué.

Ils avaient prévu d'emmener de force leur victime en Iran, où [son] sort aurait été au mieux incertain, a précisé la procureure Audrey Strauss.

N'étant pas nommée dans le communiqué, la militante féministe Masih Alinejad, à l'origine du mouvement antivoile en Iran, a indiqué être la cible de ce projet d'enlèvement.

Merci au FBI d'avoir déjoué le projet des renseignements iraniens de m'enlever, a-t-elle écrit sur Twitter, se filmant devant une fenêtre depuis laquelle on aperçoit une voiture de police. Cette dernière est selon elle garée devant son domicile depuis deux semaines.

Depuis les États-Unis, où elle s'est désormais installée, Masih Alinejad critique le régime iranien et sa politique, et a reçu le soutien de vedettes comme Meryl Streep, qu'elle avait retrouvée sur scène lors d'une conférence sur les droits des femmes en 2016.

Aux yeux du régime iranien, toute femme qui se bat pour ses droits fondamentaux est une criminelle, avait-elle affirmé en avril dernier dans un message vidéo devant le parlement suédois.

Les agents avaient cherché une façon de transporter la journaliste hors des États-Unis, l'un d'eux se renseignant notamment sur des vedettes rapides proposant une évacuation marine autonome à partir de New York, et un voyage par bateau entre New York et le Venezuela, pays qui entretient des relations amicales avec l'Iran.

Ce réseau, découvert par le FBI, visait aussi d'autres victimes vivant notamment au Canada, au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis, contre lesquelles ils avaient tenté de déployer les mêmes moyens de surveillance, selon les procureurs.

Les quatre agents sont Alireza Shavaroghi Farahani, Mahmoud Khazein, Kiya Sadeghi et Omid Noori.

Un cinquième Iranien résidant en Californie, Niloufar Bahadorifar, est quant à lui soupçonné d'avoir participé au financement de ce projet.

Chaque personne aux États-Unis doit être libre de tout harcèlement, de toute menace et de toute atteinte physique de la part de puissances étrangères, a affirmé le procureur Mark Lesko.

L'Iran est considéré comme l'un des pays les plus répressifs envers les journalistes. Il exerce un contrôle de l'information implacable selon l'ONG Reporters sans frontières, qui l'a placé en 174e place sur 180 de son classement mondial de la liberté de la presse en 2021.

Cette répression contre la liberté de l'information ne se limite pas à l'intérieur du pays, affirme RSF, qui estime que, depuis 1979, au moins 860 journalistes y ont été arrêtés, détenus ou exécutés par le pouvoir.

Échange de prisonniers

En janvier 2016, Téhéran avait échangé le journaliste du Washington Post Jason Rezaian contre sept Iraniens détenus aux États-Unis.

Correspondant en Iran, M. Rezaian avait été arrêté avec son épouse le 22 juillet 2014 alors que l'Iran venait d'accepter la relance de négociations sur son programme nucléaire, soupçonné par la communauté internationale de cacher un volet militaire.

Son épouse avait été libérée après deux mois de détention. Accusé d'espionnage au profit des États-Unis, il avait lui passé 544 jours à la prison d'Evine, dans le nord de Téhéran, où il a affirmé avoir subi de mauvais traitements, été privé de sommeil et menacé d'être décapité.

L'Iran détient plus d'une douzaine d'Occidentaux – également détenteurs d'un passeport iranien pour la plupart – en prison ou en résidence surveillée, comme la chercheuse franco-iranienne de sciences politiques Fariba Adelkhah, emprisonnée depuis deux ans.

Téhéran a démenti mercredi avoir voulu enlever à New York la journaliste Masih Alinejad. Ces accusations sont absurdes et sans fondement, a déclaré le porte-parole iranien des Affaires étrangères Saïd Khatibzadeh.

Washington, pour sa part, a condamné de manière catégorique la tentative présumée d'enlèvement, que la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki a qualifiée de dangereuse et méprisable.

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