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Liban : un pays en crise et sans gouvernement depuis près d’un an

Un homme et une femme assis sur un banc public de la Corniche de Beyrouth tiennent des komboloïs.

Un homme et une femme prennent une pause sur la Corniche de Beyrouth.

Photo : afp via getty images / JOSEPH EID

Radio-Canada

Depuis l'explosion du port de Beyrouth en août 2020 qui a suscité une immense colère de la population contre les dirigeants, le Liban est sans gouvernement. Le gouvernement démissionnaire expédie les affaires courantes en attendant la formation d'un nouveau gouvernement. Mais neuf mois après avoir été désigné comme premier ministre du Liban, Saad Hariri n’a pas encore réussi à former son gouvernement, alors que la population se débat dans une crise économique violente.

Saad Hariri devrait annoncer son gouvernement cette semaine, selon des informations distillées dans la presse, mais il est aussi probable qu’il renonce à le faire, car les divergences entre les partis libanais sont profondes sur la composition du gouvernement.

Une partie de la classe politique, dont le premier ministre Hariri, prône un gouvernement purement technocrate pour faire face à la crise, alors qu’une autre partie, dont le président Michel Aoun et le Hezbollah, estime qu’il faudra un gouvernement politique représentant de la réalité du pays.

Dans l'attente de la formation du gouvernement, le président libanais Michel Aoun a indiqué lundi à des représentants de l’Union européenne que les élections législatives se dérouleront comme prévu au printemps de l’année prochaine. Une annonce qui pourrait laisser entendre que le pays sera dirigé par un nouveau gouvernement d’ici aux élections.

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se sont mis d’accord pour sanctionner les dirigeants libanais responsables du blocage du pays.

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a expliqué que ce sera un outil de pression sur les autorités libanaises pour qu'elles avancent dans la composition du gouvernement.

Cependant, les diplomates européens n’ont pas donné de détails sur les dirigeants à sanctionner ni sur les critères qu’ils ont définis pour sanctionner ces responsables politiques.

Parallèlement, les ambassadrices française et américaine au Liban se sont rendues la semaine dernière en Arabie saoudite, poids lourd régional, pour demander au royaume de faire pression sur les dirigeants libanais.

Cet épisode illustre la complexité politique du Liban, qui se trouve au carrefour d’influences internationales.

Une crise violente

Pendant ce temps, la population est éprouvée par une crise économique qualifiée par la Banque mondiale de l'une des pires du monde depuis 1850.

La livre libanaise a perdu plus de 90 % de sa valeur en quelques semaines face au dollar. Alors qu’un dollar équivalait à 1500 lires, il faudra maintenant 20 000 lires pour acquérir un dollar américain.

Cette dégradation vertigineuse de la monnaie locale a provoqué une inflation intenable pour la population. Selon les Nations unies, plus de la moitié des 7 millions de Libanais vivrait sous le seuil de la pauvreté.

La chute de la lire a également eu comme conséquence une énorme pénurie d’essence qui touche non seulement les automobilistes et les transports publics, mais aussi l’approvisionnement en électricité des citoyens.

Les centrales électriques fonctionnant à l’essence, l’alimentation électrique est sévèrement rationnée.

À Beyrouth, la capitale, les habitants vivent dans le noir la nuit. Même l’après-midi, l’électricité est coupée 2 ou 3 heures.

En pleine crise de la COVID-19, une usine de fabrication d’oxygène a été forcée d’arrêter la production en raison de la pénurie de carburant.

Explosion du port, accélérateur de la crise

L’explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020, qui a fait 200 morts, plus de 6500 blessés et détruit des quartiers entiers, a déclenché une vague de protestation de la population dénonçant la classe politique du pays.

Près d’un an après le drame, aucun responsable n’a encore été inquiété. Ce n’est que la semaine passée que le juge chargé de l’enquête a convoqué le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, pour audition. Cependant, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Fahmi, a rejeté la requête du juge.

Cela a provoqué la colère des familles des victimes, qui ont protesté devant le domicile du ministre, rejointes par des dizaines de manifestants.

Avec les informations de Agence France-Presse, Le Monde, Al Akhbar, et Al Jazeera

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